24.10.2007
MA PLAYLIST - 4 - LES ANNEES 90
NB : pardon à ceux et celles qui ont déjà vu et commenté cette playlist, je transfère mes notes d'un blog à l'autre...
Les années 90. Il m’en reste une impression d’ennui musical. Je ne suis peut être pas très objective, car j’y ai passé le plus clair de mon temps au milieu des couches, petits pots et autres jeux d’éveil à tenter d’élever mes deux monstrounets (je ne suis toujours pas sûre d’avoir réussi). Mon attention était donc monopolisée par des domaines éloignés de la musique, que j’écoutais d’une oreille plutôt distraite, distante et surtout à la radio ou à la télé. J’avoue être certainement passée à côté de plein de choses. Ce qui est sûr, c’est qu’à la fin des années 80 et au début des années 90 les actionnaires prennent le pouvoir dans les maisons de disque et on cherche visiblement de moins en moins à privilégier l’artistique et la création au profit… du profit. Il a donc fallu ingurgiter des heures de techno commerciale sans âme et subir des boys et girls bands insipides (vous vous rappelez les 2B3? ou les Spice Girls ?) parce que nos chers collègues du marketing pensaient que ça se vendrait bien, ce en quoi ils n’ont pas toujours eu tort. Ce qui valait pour la musique valait aussi pour d’autres domaines artistiques. Par exemple, la mode, en panne d’idée s’était réfugiée dans le recyclage des années 60 et 70. En matière d’art plastique, on ne peut pas dire non plus que la période soit miraculeuse. En prime on a été obligées d’AIMER le football en juillet 1998 sous peine d’anathème. En revanche la créativité se déplace dans de nouveaux domaines : image 3D, jeux vidéos et les début d’internet… grâce auquel ce blog existe aujourd’hui. Pour revenir à la musique, il reste quelques bons morceaux de cette décennie, mêmes s’ils sont plus rares qu’à d’autres périodes. Quelque-uns d’entre eux ayant même réussi à devenir des classiques.
- Snap : Rythm is a dancer (1990). Voilà nous y sommes, l’exemple parfait de ce qu’on va entendre pendant plusieurs années de la techno avec une fille (noire en général) qui chante et un espèce de rapounet pour le pont du milieu. J’ai revu leur clip ridicule il y a peu à la télé un soir. Ca m’a bien fait rire.
- Dee-lite : Groove is in the heart (1990). Un groupe de dance exubérant venu de New-York. Leur look BD était assorti à la musique. Rigolo et encore très bien pour danser.
- Sinead O’Connor : Nothing Compares to U (1990). Sa version est plus connue que l’original de Prince. C’est un bon exemple d’un bon titre qui rencontre un bon interprête. Sa voix torturée colle bien à cette chanson qui raconte combien c’est dur de surmonter une rupture amoureuse récente.
- Massive Attack : Unfinished Sympathy (1991). Si beaucoup de titres font partie du pire, voici le meilleur de la musique électronique. Issu du mouvement trip-hop, ce duo originaire de Bristol en Angleterre a réellement produit des choses intéressantes. Unfinished sympathy est une chanson superbe, la chanteuse a une voix superbe. C’est une vraie symphonie.
- Tori Amos : Crucify (1991). C’est curieux, je n’avais pas l’impression que cette chanson était aussi ancienne. Peut-être parce qu’elle n’a pas vieilli. En tout cas son auteur est une excellente musicienne et pianiste. Elle aurait pu péter les plombs quinze fois après ce qu’elle a subi : fille de pasteur rigoriste et viol à l’adolescence. Elle a fait sa thérapie par la musique. Tant mieux pour nous.
- Alain Bashung : Osez Joséphine (1991). Bashung a fait des albums très intéressants et sophistiqués tout au long de sa carrière. Ce disque et cette chanson en particulier sont absolument renversants même si les paroles sont totalement incompréhensibles.
- Elmer Food Beat : Daniella (1992). J’ai l’esprit mal placé. J’adore cette chanson punk-porno qui est géniale. Ma copine Astrid, assez pudique en général hurlait au scandale quand elle l’entendait.
- Rem : Everybody hurts (1992). Je n’ai pas un amour immodéré pour ce groupe, très populaire à cette période. Je ne leur ai jamais trouvé une originalité transcendentale, mais bon. Cette ballade triste reste simple et belle. On peut la chanter à un pote qui a des soucis. T’inquiètes pas mon vieux, tout le monde souffre un jour, ça va passer.
- Willy de Ville : I call your name (1992). Voilà un monsieur largement sous-estimé. Il a débuté sa carrière à la fin des années 70 avec le groupe Mink de Ville puis s’est lancé dans une carrière solo. Il a une voix tellement particulière et touchante et un style unique, mélange de blues, de country et de musiques latines et cajun. Il est resté droit dans ses bottes quoi qu’il advienne. En plus du style musical, il a aussi un look inimitable.
- Salt’n Pepa : Let’s talk about sex (1992). Un des premiers groupes de rap féminin que j’ai entendu. Elle ont débuté au milieu des années 80 et elles ont ouvert la voie aux Missy Elliott et autres Lil’Kim. Le milieu étant plutôt macho, ça n’a pas dû être facile. C’est leur chanson la plus connue, qui a même servi de bande sonore à des campagnes d’éducation sexuelle et de protection contre le sida aux USA.
- Khaled : Didi (1992). Les années 90 c’est aussi la popularisation du Raï en France. Didi est un des premiers succès du genre. Un chanson orientale avec des arrangements occidentaux. Dès qu’on mixe les genres avec succès et qu’on peut danser dessus, je suis cliente.
- Nirvana : Smells like teen spirit (1992). A la sortie du disque, je suis passée complètement à côté. J’avais classé ce groupe dans les gros bourrins hard-rockeux US et pensé qu’on ne s’en rappelerait plus deux ans plus tard. Je me suis plantée sur toute la ligne. Kurt Cobain est devenu une icone et sa musique une référence.
- Spin Doctors : Two princes (1992). Encore un mélange : la mélodie est rock et le chanteur est funky. Une chanson redoutablement efficace qui sert encore aujourd’hui de bande sonore à des publicités.
- Bjork : Violently Happy (1993). J’ai un problème avec Bjork. Elle fait des choses remarquables musicalement, mais sa voix et/ou sa façon de chanter me stressent. Elle est une artiste incontournable. Je ne la contournerai donc pas. Cette chanson est l’une des premières entendue de son 1er album solo.
- IAM : Je danse le MIA (1993). Cette chanson au 2ème degré me fait rire. Les Marseillais se moquant d’eux-mêmes, ce n’est pas si courant. Et puis ce groupe est quand même l’un des piliers du rap français.
- Faith No More : Easy (1993). Voilà un groupe curieux et une curieuse reprise. Au sein d’un album experimental, le groupe fait donc un cover plutôt soft d’une ballade des commodores avec Lionel Richie. Ce sera son plus gros succès. Ce groupe depuis dissous s’est balladé dans beaucoup de styles musicaux différents.
- Radiohead : Creep (1993). Je suis obligée de mentionner Radiohead ? Oui. Bon d’accord. Donc je le fais. Et je me jette par la fenêtre immédiatement. Leur musique est intéressante mais elle est irrémédiablement dépressive.
- Wet Wet Wet : Love is all around (1994). Ce groupe gentillet de pop anglaise n’a pas changé la face de l’histoire. MAIS j’adore cette chanson qui est une reprise d’une chanson des Troggs de 1967 et qui fait partie de la BO du film 4 mariages et un enterrement. J’adore également ce film que je me repasse en boucle chaque fois que j’ai le cafard (après avoir entendu une chanson de Radiohead, par exemple).
- Big soul : Le Brio (1995). Un groupe californien atypique dans sa formation et sa musique. Une anecdote sur eux, trouvée sur internet :de 89 à 95, le groupe écume les petits clubs de Los Angeles et de San Francisco pour essayer de vivre de sa musique. Ne trouvant pas de maison de disque, il décide de créer son propre label ce qui lui permet de sortir un premier album avec les moyens du bord. Au cours d’un de ses concerts à L.A, un français achète son disque et l’emmène dans ses bagages. Cet album éponyme passant de mains en mains, se retrouve dans celles d’un DJ parisien qui embrase la foule de son club, avec Hippy hippy shake. N’arrivant pas à joindre le groupe, il fait écouter l’album chez Sony qui ne met pas longtemps pour signer Big Soul.
- Blur : Charmless Man (1995) : le retour de la pop anglaise à contre courant de l’électro. Et ça fait du bien ! Au milieu des années 90 une (fausse) querelle savamment entretenue par la presse opposait Blur à Oasis. Je me range pour ma part du côté de Blur. Pourquoi ? Parce que Damon Albarn est un musicien extrêmement créatif. Il l’a amplement prouvé par la suite avec la fondation de Gorillaz et plus récemment du groupe the good, the bad and the queen.
- NTM : La Fièvre (1995) : ouaiche, ouaiche, vous pouvez pensez ce que vous voulez de Joey Starr, c’est un personnage et NTM était un BON groupe. La Fièvre est une chanson hyper sexy, même si elle est très macho.
- The Presidents of the USA : Ca Plane pour Moi (1995). Pourquoi ? Mon fils Mikael avait 3-4 ans quand il a entendu cette chanson. Qui a orienté ses goûts musicaux. Il a donc laissé immédiatement ltomber Henri Dès et consorts pour écouter du rock. Il ne comprenait pas bien les paroles et chantait “ça fait pou moi”. Trop mignon.
- Shaggy : Boombastic (1995) : après le Raï, cette chanson marque l’arrivée du Ragga sur les ondes. Et vous donne envie de bouger le popo, comme dirait ma prof de salsa. Elle aussi a servi de bande sonore à une pub Levis. Celle avec l’animation en pâte à modeler.
- Des’Ree : Kissing You (1995). Issue de la BO de Roméo + Juliette, j’ai découvert cette chanson postérieurement à sa sortie, en voyant le film en vidéo. Et je suis tombée à la renverse. Un petit miracle vocal et musical, un moment de grâce.
- Alanis Morrissette : Ironic (1996). Enfin une canadienne écoutable. Issu du premier album produit par Madonna c’est une chanson, dont la musique vous dynamise, mais dont il faut surtout écouter les paroles. On sent le vécu de l’auteur malgré son jeune âge. Elle parle des mauvais tours que vous joue la vie. “c’est comme la pluie, le jour de votre mariage, un tour gratuit pour lequel vous avez déjà payé, un bon conseil que vous n’avez pas écouté…”
- The Fugees : Fugee la (1996). Tirée de l’album The Score, en fait principalement constitué de reprises, mais brillamment executées. Ce qui a permis à l’album d’être le plus vendu de tous les temps dans la catégorie hip hop. Le groupe était constitué de Pras Michel, Wyclef Jean rappeur et producteur et de la belle Lauryn Hill. Malgré ce succès le groupe s’est rapidement séparé pour mener des projets solos. Et notamment pour Lauryn Hill, le très réussi “Miseducation of Lauryn Hill” (dont j’extraierais la chanson To Zion, une des plus belles déclarations d’amour qu’on puisse trouver d’une mère à son fils). Par la suite, malheureusement et comme beaucoup d’autres, la belle a pété les plombs.
- The Prodigy : Firestarter (1996). A l’origine c’est un groupe de techno hardcore et assez provoc’. Ils se sont calmés depuis. Je n’aime pas ce genre en général, mais ce titre est plus qu’écoutable et il file la pêche.
- The Verve : Bittersweet Symphony (1997) : C’est un chef d’oeuvre de la pop anglaise. Et une de mes chansons préférées. Selon Richard Aschcroft, le chanteur et compositeur, elle est largement basée pour sa partie orchestrale sur “the last time” des Rolling Stones. Ou comment transformer un classique en un autre classique. C’est à la portée de très peu de gens.
- Janet Jackson : Got til it’s gone (1997) :On peut trouver du bon chez les Jacksons, notamment chez Janet qui a fait ses deux meilleurs albums dans les années 90 : Janet et The Velvet Rope. Ce titre sample une chanson de Joni Mitchell, ce qui me permet de rendre hommage a cette grande dame du folk américain qui a écrit des chansons remarquables et que je n’avais pas cité dans mes playlist précédentes. Pour en revenir à Janet, depuis musicalement, c’est plus moyen, et pour se faire remarquer, elle enlève son soutien-gorge.
- Madonna : Frozen (1998) : ce titre marque un changement radical dans la carrière de la Madone. Après quelques années moins convaincantes, elle revient en force avec de l’electro sur un album produit par un des maîtres du genre, William Orbit : Ray of light. C’est certainement un des meilleurs, sinon le meilleur de sa carrière. Frozen est une très belle chanson à la mélodie hypnotique ou, pour une fois Madonna ne force pas sa voix. Le clip qui l’accompagne est également pas mal du tout.
- Jamiroquai : Deeper Underground (1998). Fait partie de la BO d’un navet intersidéral, Godzilla. Après une introduction symphonique et inquiétante, c’est un funky d’enfer (comme dirait notre chère Françoise Hardy). Vous ne pouvez pas rester assis sur cette chanson.
- Cher : Believe (1999). Le retour du fils de la revanche de Cher qui a eu douze carrière en une. Icone pop et gay, animatrice télé, cobaye de chirurgie esthétique, actrice, et chanteuse dans tous les styles. Elle tentait un come back sans conviction sur ce titre produit avec peu de moyens et dédié à son ex-mari et partenaire Sonny qui venait de se tuer dans un accident de ski. Bingo, il a fait danser la terre entière.
- Britney Spears : Baby One More time (1999). J’ose à peine l’écrire. Oui j’aime cette chanson (mais moins l’interprète). Elle a d’ailleurs fait l’objet de plein de reprises, dont certaines très décalées. Donc, il n’y a pas que moi, ça me rassure.
- The Chemical Brothers : Asleep from day (1999). J’ai découvert ce titre grâce à la pub Air France. Et les Chemical Brothers par la même occasion. Cette chanson est très relaxante et zen. Il n’y a pas mieux pour s’endormir.
- Tom Jones : Sex Bomb (1999). Vous trouvez qu’il est ringard ? Je m’en fous. Qu’il est vieux ? Aussi. Il fait partie des voix que j’adore. Et en plus, l’album Reload dont est tiré ce titre a été fait avec des pointures.
Ouf, on va tirer un trait sur les 90’s et passer aux choses sérieuses. Après un réveillon de l’an 2000 mémorable pour tout le monde, on entre dans le 21ème siècle de plein pied. Après des années de vaches maigres, et un début de millénaire encore placé sous le signe électronique on va retrouver peu à peu le plaisir des guitares, des batteries et des chanteurs énervés et énervants. Si le rap tourne en rond et que le RnB est récupéré, le rock et la pop retrouvent une seconde jeunesse et s’expriment parfois hors des sentiers balisés par les maisons de disques (on dit “majors” désormais) sur internet et sur scène. Bienvenue aux Destiny’s Child, Bloc Party, White Stripes, Gorillaz, Outkast, les Neptunes & Pharrel Williams, Justin Timberlake, Muse, Coldplay, Fall out boys, Amy Winehouse et tant d’autres
En illustration sonore et visuelle : la belle Des'ree et la sublime chanson Kissing you extraite de la BO Roméo+ Juliet
21:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : Musique ; années 90 |





Commentaires
Fan de Björk je comprends néanmoins ton problème, j'ai le même avec la chanteuse du groupe Evanescence, qui a le dont de me coller des migraines carabinées
Ecrit par : LoLaLoLa | 25.10.2007
Répondre à ce commentaireJ'aime moi aussi beaucoup Bittersweet symphony.
Ayant été ado à cette période, je tiens également à souligner que j'ai détesté les Boy's band!
Ecrit par : Chris | 25.10.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : gilles aitte | 25.10.2007
Répondre à ce commentaire"She's a lady" : mon attente téléphonique...
Ecrit par : mi-souris | 26.10.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : emanu124 | 26.10.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : mi-souris | 26.10.2007
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