Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/01/2008

DE L'ENFANTENBASAGEOPHOBIE...

J'ai utilisé ce terme dans ma note précédente. Je vous dois quelques explications.

J'avais déjà il y a quelques mois rédigé dans cet esprit une note qui s'appelait "Je déteste les enfants des autres", que ceux qui ont le courage de fouiller dans les archives pourront retrouver.

Donc, qu'est-ce que l'enfantenbasageophobie ? Au lieu de me lancer dans de complexes et psychanalytiques explications, un simple exemple concret devrait vous suffire à comprendre.

Imaginez : vous avez convié à un petit dîner sympathique et gastronomiques vos amis de tous âges. En prenant bien la peine de préciser "soirée sans enfants SVP".

L'apéro démarre gentiment, vos premiers invités discutent et potinent et l'ambiance s'installe doucement. Quant à 19 h 30, votre sonnette retentit et vous trouvez sur votre seuil Anne-Charlotte et Gaétan, vos potes trentenaires et jeunes parents. Anne-Charlotte tient dans une main un énorme bouquet raffiné et de l'autre ... Pierre-Alexandre, 4,5 ans, des boucles blondes, des yeux marrons, un nez suitant et les joues rouges. La bestiole franchit votre porte accrochée aux jambes de sa mère en refusant bien évidemment obstinément de dire bonjour, malgré l'insistance maternelle (je ne sais pas si vous aviez remarqué : les enfants détestent dire bonjour et au-revoir). Anne-Charlotte enlève son manteau, entravée par son boulet qui refuse de la lâcher et vous sort "Je n'ai pas eu le coeur de laisser Pierre-Alex' avec la baby-sitter, il avait 37.5 hier, j'ai amené ses jouets, de toutes façons il joue des heures tout seul sans rien dire, c'est un amour". Votre large sourire se crispe un peu et vous conduisez la tribu au salon pour rejoindre les autres convives. Anne-Charlotte s'installe et dissémine les doudoux et autres pouet-pouets du bambin, qui occupe déjà la moitié de la pièce à lui tout seul, vous demande si on ne peut pas enlever la table, oui, celle-ci, avec les angles aïgus, constate avec effroi que vous ne disposez pas de caches-prises.... Et embraye direct sur les exploits de son petit génie pendant environ 45 minutes, monopolisant la conversation. Votre mari entraîne les mâles dans une autre pièce pour leur montrer son nouvel ordi/portable/blackberry/costume sur mesure/photo de sa prochaine voiture. Vous vous réfugiez dans la cuisine, sous un prétexte culinaire, et les femmes restantes subissent les exploits de Pierre-Alex' n'osant pas interrompre sa mère au risque de passer pour Cruella.

Au bout de 45 minutes accroché aux jambes maternelles, Pierre-Alex daigne enfin donner un peu d'air à sa génitrice et  jouer quelques instants avec ses jouets.

Vous en profitez pour passer à table et entamer une discussion enfin enrichissante sur les mérites comparés du Pouilly-Montrachet et du Romanet-Conti ou de Microsoft et Apple. Au moment de plonger enfin votre fourchette dans votre délicieux émincé de boeuf aux 3 légumes, clafoutis de coriandre et noisettée de foie gras cuisiné amoureusement, le jeune nabot vient interrompre discussion et dégustation en demandant à sa mère "toi faire dessin ta moi ?". La dite mère submergée d'orgueil obtempère immédiatement en vous demandant des crayons de couleurs (qui ont disparu à l'apparition de la puberté de votre progéniture) et des feuilles. Vous les dirigez vers une pièce annexe disposant de telles commodités et les laissez exprimer leur sens artistiques en priant pour que le Picasso en herbe ne vous tagge pas vos murs.  

 Après environ un quart d'heure de calme et de tranquillité. Mère thérésa revient rose de bonheur. Avec un immonde graffiti à la main qu'elle demande à tous d'admirer longuement.... Suivie de près par le petit monstre qui réclame "maman j'ai foif". D'où obligation de se lever, de trouver et fournir un verre en plastique (pas en verre, c'est coupant) et de faire boire la bête. Le "maman j'ai foif" étant immédiatement suivi de "maman, faim, moi". Evidemment, votre émincé de  boeuf ne convient pas et, oh surprise, vous n'avez PAS de stocks de petits pots chez vous. Il faut donc trouver une tranche de jambon et "oh, éventuellement, tu n'aurais pas quelques coquillettes ?". Mais bien sur. Re-obligation de se lever et de faire cuire les dites coquillettes pendant que votre assiette refroidit et que vous ratez les trois quarts des conversations.

L'atroce chieur ayant fini de manger, vous vous dites, ouf un peu de calme. Et bien non, le gosse, privé d'activité et de petits camarades, commence à dire à sa mère "m'ennuie, maman". Sa mère essaye bien de lui suggérer de retourner à ses breloques pouetpoueteuses, mais il refuse, et revient à la charge en chougnant. Le père, moint patient que sa moitié intervient alors et balance à sa chèrie "occupes-toi en un peu". Votre copine lui retourne alors dans les gencives "si tu avais un peu joué avec lui, il ne demanderait pas". Et excédée, le prend dans ses bras pour le calmer. A ce stade, l'ambiance générale est quelque peu plombée. Anne-Charlotte finit par poser son fils, qui, fatigué (il est 23.15 h) et enervé se met à hurler devant vos invités qui fatiguent. Le père, interrompu dans une discussion fascinante avec votre mari sur les stocks-options crie, "j'en ai assez, c'est toujours la même chose, tu n'as aucune autorité sur cet enfant" et balance une fessée monumentale au lardon qui hurle de plus belle. Anne-Charlotte, au bord des larmes, vous dit, "je crois que nous allons rentrer, Pierre-Alex' est épuisé, et puis tu comprends, hier... Oui, on sait Anne-Charlotte 37.5 ! Elle ramasse l'attirail de Pierre-Alex qui couvre maintenant huit octaves avec ses cris, vous embrasse, prend l'insupportable dans ses bras et se sauve. Suivie par le reste de vos invités épuisés qui vous laissent avec votre dessert commandé spécialement chez le meilleur pâtissier de Paris sur les bras.

Là je dis POURQUOI ! Pourquoi les parents tiennent-ils à traîner partout leurs enfants en bas âge. ET quand il le font pourquoi quand le môme les coupe en pleine discussion, ne lui disent-il pas simplement "je suis occupé, je reviens te voir un peu plus tard" au lieu de lui mettre directement le nez sur le nombril. Il va survivre le gosse, très bien même, ça va en plus lui apprendre la patience et qu'il n'est pas le centre du monde !

Evidemment mes enfants quand ils étaient petits, c'était totalement différent, ils étaient tellement chéris mimis d'amour que je pouvais les emmener partout sans problème. Tout le monde les adorait.  

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

19:45 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

et c'est tellement vrai...
et tu as oublié le passage où il faut nourrir la "bête"! quand bien sur elle ne s'est pas ruée sur les petits fours!
Une ex-copine m'a sorti un jour d'un air ébahi avec sa mouflette dans les bra "ça change la vie!".. j'ai failli lui péter la gueule, surtout que c'était dit sur le ton du "j'ai réussi pas toi!"...

Écrit par : Chris | 17/01/2008

Répondre à ce commentaire

oh la la ! C'est trop bien ta note, je m'y vois tellement... Maintenant que mes filels sont ados, je ne supporte plus les enfants des autres (d'ailleurs j'ai jamais vraiment supporté) et je me souviens avoir toujours fait le maximum pour ne pas imposer mes filles partout, et pourtant avec des jumelles, c'est pas toujours facile à faire garder. J'ai bien ri en tout cas, mais avec de petits frissons d'horrerur quand même ! Et il y a d'autres délices : le super souvenir céramique de Petra fracassé par le même, les traces de bave partout sur la canapé, mélangé soigneusement à la compote de petits fours soigneusement confectionnée de ses mains, un cauchemar ! A bas les enfants des autres !

Écrit par : mania | 18/01/2008

Répondre à ce commentaire

moi j'ai de la chance, ils sont adorables, tout le monde me le dit, enfin de la chance, disons plutôt que je les éduque, j'explique, et, je fixe les limites... Au fait, il ne parle pas très bien pour un enfant de 4,5 ans, ou tu l'as volontairement bébéisé pour nous faire rire ?

Écrit par : kitty241 | 18/01/2008

Répondre à ce commentaire

Bravo à Kitty241 : tout est affaire d'éducation.
"De mon temps" on ne se serait jamais permis de bouger une oreille lorsqu'on était invité chez les autres et on demandait la permission de sortir de table à laquelle il était impossible d'accèder sans s'être coiffé et lavé les mains avant !
HAHAHA ! Et je m'étais dit, je ne dirais jamais "de mon temps" comme disait nos parents, mais je me rend compte que c'est tellement marrant d'imiter nos parents !

Bon courage à toutes, les desespérates housewife ! :)))

Écrit par : mi-souris | 18/01/2008

Répondre à ce commentaire

ca donne envie de faire des gosses tiens.... moi j'en ai envie mais mon chéri à la même opinion que vous, les gosses des autres c'est chiant, ca chouine, ca pleure, ca cris.... alors ca ne lui donne aucune envie d'en faire....

Écrit par : Maetel | 18/01/2008

Répondre à ce commentaire

ai oublié de dire, trés mignon le chat en photo en haut de ton blog

Écrit par : Maetel | 18/01/2008

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.