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23/02/2008

ENTRETIEN AVEC UN... ECRIVAIN

Entretien accordé à Victor Hugo sur Napoléon III

 Mais cela ne vous rappelle-t-il pas étrangement une autre époque?... En tous cas, c'est plus que troublant...

 

 

                                      ENTRETIEN AVEC VICTOR HUGO

Vous semblez vous tenir très informé de l’actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

Victor Hugo : Depuis des mois, il s’étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue… Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c’est que dans toutes les qualités qu’on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n’y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là… Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu’on est en droit de l’attendre d’un élu à la magistrature suprême ?

Victor Hugo : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne lÂ’assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit, et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve si énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier… On ne trouve au fond de l’homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l’argent…Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n’est plus question d’être un grand peuple, d’être un puissant peuple, d’être une nation libre, d’être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.

Que penser de cette fascination pour les hommes d’affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

Victor Hugo : Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que la honte…Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités… Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l’argent ; c’est ignoble, mais c’est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honteÂ…une foule de dévouements intrépides assiègent l’Elysée et se groupent autour de l’homme… C’est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d’industrie.
 
Et la liberté de la presse dans tout çà ?

Victor Hugo (pouffant de rire): Et la liberté de la presse ! Qu’en dire ? N’est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l’esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?

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*Toutes les réponses de Victor Hugo proviennent de son ouvrage « Napoléon le Petit », le pamphlet républicain contre Napoléon III.

 
REVIENS VICTOR, ON A BESOIN DE TOI !!!
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18:05 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Victor Hugo | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

alors là, tu touches à un des mes auteurs favoris. ce mec était tout simplement génial! tout ce qu'il a dit ou fait était très en phase avec notre époque. je rapelle tout de même qu'il a écrit les derniers jours d'un condamné , 100 ans avant que la peine de mort soit retiré, c'est pour dire si le bonhomme était futuriste!!!! mon grand rêve c"était et c'est tjs de visiter sa maison ( pas celle de la place des vosges, je l'ai visté plein de fois ) celle qui est "loin, trop loin" me disait mes parents!! alors que j'ai été visiter la maison- musée de mon cher arthur rimbaud ( qui est bcp plus loin puisqu'à charleville mézière). peut etre un jour ce r^ve se réalisera. ça ne me choque pas qu'il soit encore d'actualité. il faudrait croire que l'histoire , c'est comme la mode, ça se répète! la bastille doit- elle tremblée ?

Écrit par : aurélie | 24/02/2008

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En voilà d'un texte interessant...

Écrit par : Chris | 24/02/2008

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Hé oui ! Victor s'est prononcé contre la peine de mort, ça lui a valu un exil...
Cette peine de mort dont la France est le dernier pays européen a avoir aboli...

Écrit par : mi-souris | 24/02/2008

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