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06/03/2008

UN AUTRE FILM CULTE : BLADE RUNNER

1226781547.jpgLa note précédente sur New-York 1997 m'a donné l'envie et l'idée de vous parler d'un autre film culte - et un de mes favoris - : Blade Runner.

Réalisé par Ridley Scott, ce film a connu un échec retentissant à sa sortie en 1982, avant d'acquerir au fil des ans son statut de film culte, dont les plans, les décors et les costumes sont aujourd'hui étudiés par les élèves des écoles de cinéma.

Une version finale "Blade Runner Final Cut" remasterisée et rallongée de scènes coupées initialement, qui rendent l'histoire plus compréhensible est sortie en DVD en 2007. 

Basé sur un roman d'un des auteurs de science-fiction les plus réputés : Philip K. Dick (auquel le film est dédié) "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", l'histoire du film se situe en 2019 à Los Angeles, ville géante d'une terre totalement polluée à cause de guerres radioactives qui ont anéanti la quasi-totalité de la faune et de la flore.

Les gouvernements terriens encouragent très fortement l'exil vers Mars qui est en cours de colonisation. Pour favoriser les départs, ceux-ci offrent gracieusement un « androïde à tout faire » à toutes les personnes qui s'exilent. Ces androïdes sont appelés « réplicants » et sont plus ou moins considérés comme des esclaves modernes. Ils sont aussi utilisés dans les travaux pénibles ou dangereux, comme objets de plaisirs ou dans les forces armées.

Les réplicants sont créés par une seule puissante firme : la Tyrell Corporation, dirigée par Eldon Tyrelll, qui est à la fois riche, puissante et influente. Une sorte de Microsoft puissance 10.

Après une révolte sanglante de réplicants dans une colonie martienne, ces derniers sont alors interdits sur Terre et on leur donne un code génétique qui les limite à 4 ou 5 ans de vie au maximum.

Les unités policières Blade Runner sont là pour faire respecter la loi aux contrevenants androïdes. Ils sont spécialisés dans la traque et l'identification de ces semi-humains, particulièrement difficiles à distinguer des vrais humains. Ils ont l'autorisation de tuer n'importe quel réplicant en situation irrégulière.

Le film nous fait suivre l'histoire de Rick Deckard, un Blade Runner désabusé et fatigué, incarné par Harrison Ford dans un de ses meilleurs rôles, qui a pour mission de trouver et quatre réplicants évadés d'une colonie de l'espace venus trouver leur créateur Eldon Tyrell, sous la direction de leur leader, Roy Batty, un androïde particulièrement beau et intelligent et perfectionné. Il veulent connaître le sens de leur existence et  que Tyrell prolonge leur vie.

Rick Deckard va vivre cette traque comme une quête initiatique où il va se découvrir lui-même et connaître l'amour sous les traits d'une belle répliquante "expérimentale" ultra-perfectionnée et à la durée de vie non limitée mise au point illégalement par Tyrell, Rachel, qu'il va devoir sauver des autres Blade Runner.

Ridley Scott a créé pour ce film une atmosphère oppressante tout à fait spécifique  : un San Francisco aux grands gratte-ciel, sombre et éclairée à la lumière des néons publicitaires omniprésents, la pluie, les embouteillages et le « cityspeak » (argot composé de plusieurs langues) participent à donner une impression glaçante au spectateur. Il a apporté un soin particulier aux décors et à l'ambiance  pour qu'ils jouent un rôle de premier ordre dans le film. Les costumes par exemple sont un mélange de futurisme et de mode années 40, qui collent absolument avec l'ambiance générale du film : un mélange unique de "cyberpunk" et de film noir classique.

Les références mystiques et religieuses sont nombreuses. Étant donné les capacités surhumaines des réplicants, ils sont créés par Tyrell (Dieu) et leur chute des cieux (leur évasion de la colonie spatiale) en fait des anges déchus. Roy partage beaucoup de similitudes dans ce contexte avec Lucifer, et cela devient plus évident quand il cite délibérément de façon incorrecte une citation de William Blake: « Fiery the angels fell... » au lieu de « Fiery the angels rose... » (America: a Prophecy). A la fin de l'histoire, quand il se rapproche de sa mort, Roy s'inflige des stigmates puis se place dans une position ressemblant au Christ pour saluer Deckard. À sa mort, l'âme de Roy monte dans les cieux sous la forme d'une colombe. Une des réplicantes, Zhora se sert d'un serpent rappelant la Genèse avec Adam et Ève. De même, les blessures de pistolet laser de Zhora, la deuxième réplicante, sont toutes deux sur ses omoplates, la faisant ressembler à un ange dont les ailes ont été coupées.

Vous l'avez peut-être compris, ce mélange mystico-futuro-noir est absolument unique et peut surprendre. Des scènes coupées au montage rendent aussi parfois l'histoire un  peu obscure. Ces deux facteurs expliquent sans doute l'échec du film lors de sa première sortie.

Mais je ne peux encore une fois que vous conseiller de voir ce que je qualifierais sans hésiter de chef-d'oeuvre... Si possible dans la version "Final Cut".

(les quelques informations complémentaires à ma connaissance perso ont été piochées sur Wikipédia)

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14:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : blade runner ; ridley scott | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

je n'ai pas encore vu le final cut, un peu méfiant devant l'inflation de ces éditions qui sentent trop souvent l'arnaque pour essayer de nous faire acheter ce qu'on a déjà (les différentes versions d'Alien pour rester chez Ridley Scott ne m'avaient pas bluffé outre mesure, à tel point que je ne me souviens pas vraiment de ce qui avait changé). Je vais voir pour Blade Runner, film effectivement culte de mon adolescence...

Écrit par : gilles aitte | 06/03/2008

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franchement, ta note est d'une précision impressionnante ! plus besoin d'acheter "Première" ! (euh... si, qd mm, juste pour avoir la foto de m cotillard en couv !)
;-)

Écrit par : Ibid Norio | 06/03/2008

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Concernant le mysticisme du film, il ne faut pas oublier que K. Dick était lui même un grand mystique. Suffit de lire quelques de ses titres pour vite s'en rendre compte.

Écrit par : Lili | 08/03/2008

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Les commentaires sont fermés.