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09/03/2008

Roman Noir....

La journée avançait. De gros nuages noirs s'amassaient dans le ciel californien, mais l'orage ne se décidait pas à éclater, plongeant les habitants de Los Angeles dans une soupe épaisse, moite et poisseuse qui rendait les gens amorphes et irritables.

Le gusse gisait par terre, baignant dans une mare de sang séché. L'odeur était insupportable et des mouches drosophiles volaient mollement en bourdonnant au dessus du cadavre, signe qu'il s'était fait refroidir depuis un bon moment déjà.

Ce spectacle macabre défigurait le sol en marbre de carrare blanc cassé d'un bureau de la taille d'un hall de gare, surdécoré dans un style rococo atroce d'une villa de luxe de Beverly Hills. Nous y avions été appelés en urgence une heure avant par une petite bonniche mexicaine hystérique parlant à peine l'anglais. qui avait découvert son employeur, le crane défoncé, le lundi matin en venant prendre sa semaine de travail.

Stanford, le mec de la police scientifique, toujours excité comme une puce sous amphétamines à la vue d'un cadavre, sautait partout comme un prof d'EPS voulant faire une démonstration de triple saut à ses élèves. "C'est Robert Burns, le producteur" hoquetait-il en prenant des photos. "Tu te rends compte, Robert Burns, le producteur le plus puissant d'Hollywood". "Le type qui a produit le plus de séries ayant reçu un emmy award, le producteur aux douze oscars !". Soudain il hurla "ETEINS-MOI CETTE CIGARETTE" avec un vibrato hystérique qui me fit sursauter "TU RISQUES D'ENDOMMAGER DES PREUVES". Putain, on peut plus fumer nulle part, pensais-je... Je sortis de la pièce et jetais ma clope par la fenêtre de l'entrée d'où j'entendais les mésanges du jardin, où plutôt du parc, vu sa taille, zinzinuler. Elles attendaient la pluie et un peu de fraîcheur, comme nous tous.

Je réintégrais le bureau où Stanford virevoltait toujours muni de son appareil photo et divers pinceaux pour tenter de trouver des empreintes. Je regardais à nouveau l'ex-homme le plus puissant d'Hollywood étendu par terre. Il avait eu son compte. La personne qui s'en était pris à lui avait certainement un gros contentieux à régler, car elle n'y était pas allée avec le dos de la cuillière : une statue d'angelot joufflu en bronze doré avait défoncé la moitié de la tête du producteur, une des ailes étant encore enfoncée dans sa boite cranienne.

Sacré coup, pensais-je... Il avait fallu des biceps en béton armé pour en arriver là, ce qui excluait a priori que le meurtrier soit une femme...

En parlant de femme, la porte latérale s'ouvrit brutalement, et soudain, dans un sillage de parfum de luxe et de froufrous soyeux, elle entra...

A suivre...

 


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15:19 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : le défi mot | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

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Sinon, joli travail !

Écrit par : Lili | 09/03/2008

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Roman noir, c'est le titre approprié, aujourd'hui à Bordeaux...

Écrit par : jihelpe | 09/03/2008

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