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18/04/2008

Hommage

Pendant que tous les médias rendent un hommage (mérité) à Aimé Césaire, je voudrais rendre pour ma part, un autre hommage à quelqu'un dont on célèbre le 20ème anniversaire de la disparition et qui nous manque cruellement dans le monde lisse et consensuel d'aujourd'hui : Pierre Desproges.

Il a débuté comme chroniqueur au journal l'Aurore où ses "brêves" attirent l'attention de Jacques Martin, qui le recrute pour l'émission le petit rapporteur. Au bout de 6 mois de chroniques totalement débridées avec son complice Daniel Prévost, il quitte l'émission pour se lancer dans une carrière d'humoriste solo. Il fait des spectacles, participe au "Tribunal des Flagrants Délires" sur France Inter et lance le programme court culte pour les aficionados "La minute de monsieur Cyclopède" où son humour totalement loufoque et absurde provoquera l'envoi de tonnes de courriers outrés de télespectateurs à la Direction de France 3.

Dans cette émission qui se terminait invariablement par la phrase "Etonnant, non ?", il abordait des sujets de fond tel que  «Comment vieillir sans déranger les jeunes», « Maîtrisons un escargot forcené», «Apprenons à reconnaître un communiste» ou encore «Tuons le temps en attendant la mort».

Il a également commis quelques livres contenant ses pensées "philosophiques" comme «Vivons heureux en attendant la mort» (1983), le «Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis» (1985) ou ses «Chroniques de la haine ordinaire» (1987).

Pierre Desproges, qui se revendiquait de droite, tirait à vue sur la connerie, les fachos et le poltiquement correct, quelque soient leurs bords. Il ne s'interdisait rien et on lui pardonnait tout parce que son sens de l'humour et son écriture étaient tellement intelligents qu'ils faisaient passer n'importe quelle énormité. Comme par exemple cette déclaration "«On ne m’ôtera pas de l’idée que pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi.» qui, dans la bouche de quelqu'un d'autre aurait déclenché les foudres immédiates de toutes les associations anti-racistes.

Il nous a quitté bien trop tôt, à 49 ans, en pleine gloire. Aujourd'hui, il inspire encore de nombreux humoristes qui se réfèrent à lui comme à un père spirituel, voire le copient, comme Raphael Mezrahi qui a carrément pompé son personnage lunaire et décalé et ses interviews improbables.

Et en illustration une "Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède", le, justement, cité ci-dessus "Apprenons à reconnaître un communiste"

 

 

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14:12 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pierre desproges | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Du temps de Desproges et autres franc-tireurs sur la connerie humaine, on pouvait s'exprimer librement sans que des associations de toutes sortes montent au créneau histoire de montrer qu'elles existent... Ce temps-là est révolu, c'est le politiquement correct ou rien, et on étouffe de ne plus pouvoir dire un mot sans être taxé de raciste, fachiste, xénophobes, homophobes et j'en passe...
A trop vouloir polisser la société, on exacerbe les tensions et il n'y a plus cette indispensable soupape de sécurité qu'est l'humour de tous bords...
Sans vouloir t'offenser, emanu, je ne suis pas la seule à penser que les très chic intellos de gauche, toujours prêts à sermoner le peuple, ont fait le lit du FN !

Écrit par : mi-souris | 18/04/2008

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