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17/01/2011

Altruiste de variété

Au cas ou quelqu'un l'ignorerais encore, mon fils cadet poursuit des études en section Terminale ES.


Enfin, il les poursuit, pas certaine qu'il les rattrape.


En tant qu'apprenti padawan économiste il est tenu d'absorber quelques lectures spécialisées sur le sujet. 

Pour cette raison, je suis tombée sur le journal "sciences humaines" dont le numéro de février proposait un très intéressant dossier sur le retour des valeurs de solidarité.

Et notamment un article sur l'altruisme et l'égoisme, les deux faces de l'être humain.


Pour faire court et résumer le propos en moins de 4 pages, peut-on agir de façon totalement désintéressée ? Ou encore un acte généreux ne masque-t-il pas en fait de l'égoisme ? En résumé l'altruisme est-il un instinct ou pas. De nombreux philosophes et sociologues se sont penchés sur la question.

Darwin admettait déjà un instinct social et altruiste chez les animaux. Et de nombreux naturalistes à sa suite admettent que sans entraide, pas de survie dans de nombreux groupes, des fourmis aux loups. Et plus près de nous, de nos cousins les singes.

 

Du côté des philosophes un débat sans fin oppose les tenants de l'égoïsme naturel de l'homme à ceux qui, comme Adam Smith, admettent que l'on puisse "agir pour les autres sans autre but que de les rendre heureux".

De mon côté, sans avoir aucune prétention de me mesurer à ces grands penseurs passés et modernes. Je dirais...


Ca dépend des circonstances. 


Car rien n'est jamais blanc ou noir, mais plutôt gris clair ou gris foncé.

Prenons un exemple concret que nous sommes beaucoup à connaitre : celui d'un parent. Un père ou une mère intervient-il auprès de son enfant qui pleure parce qu'il a pour seul but de le consoler ? Ou parce que les pleurs l'angoissent et qu'il veut en connaitre la raison ? Ou alors juste parce que les pleurs l'exaspèrent et qu'il a envie qu'elles cessent au plus vite ?

La première fois probablement pour la première raison. Les fois suivantes, certainement pour la deuxième. Et si le gamin pleure toutes les nuits depuis une semaine, probablement pour la dernière.

 

Même chose pour un acte charitable. La plupart d'entre eux sont probablement un mélange d'un désir de faire le bien et de se faire plaisir/de se valoriser en faisant le bien. Et on ne fait pas un acte charitable toujours dans les mêmes circonstances. Ils nous est arrivé à presque tous de tendre la main spontanément sans savoir pourquoi ou de peser longuement le pour et le contre d'un engagement charitable dans d'autres circonstances

 

Et pour revenir sur les animaux, la plupart de leur actes sont quand même guidés par l'instinct de survie de l'espèce. Défendre les petits du groupe, ou le mâle dominant, en fait partie. Et sacrifier un individu faible ou malade au sein d'un groupe animalier est plus courant que l'inverse. Du moins c'est ce que j'ai souvent pu constater dans tous les documentaires animaliers que le meuri m'impose le dimanche.

 

Pour descendre l'entonnoir du raisonnement jusqu'à mon nombril, je suis un être fondamentalement égoïste. Mon moteur est quasi-uniquement mon moi autocentré.  Toutes mes actions découlent du fait de 1/Me faire plaisir 2/Satisfaire mon égo 3/Me valoriser.

Mes quelques élans empathiques ou solidaires découlent à mon sens uniquement de ce moteur. Je solidarise ou j'offre parce que, dans le fond, ça me fait plaisir ou ça flatte mon égo. 

Ceci dit, pour ne pas terminer sur une note trop pessimiste, je connais quand même quelques personnes que je crois capable d'un total désintéressement dans le don de soi ou la générosité.

Mais ce n'est pas courant

Les choses étant ce caleçon (comme dirait Eminence), les vrais altruistes sont une espèce rare.

 

Sinon je vous conseille vivement ce dossier du journal sciences humaines si vous avez l'occasion de tomber dessus, c'est passionnant.

 

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Evidemment, un sujet pareil ne se traite pas en quelques lignes et mériterait un développement, mais je ne voulait ni écrire ni vous imposer une thèse. Je suis autocentrée mais pas prétentieuse à ce point. Et je vous avais prévenus qu'aujourd'hui, ce serait casse-bonbons.

 

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : solidarité, altruisme, égoisme, philosophie, sociologie | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

De même j'avais lu une fois que quelqu'un qui aimait beaucoup faire des cadeaux c'était surtout pour se faire du bien à lui, se faire plaisir, c'était limite de l'égoisme. Peu importait finalement la joie de celui qui recevait le présent.
Et je ne suis pas loin de penser que c'est vrai.

Écrit par : pivoine | 17/01/2011

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T'aurais pu appeler ce billet "La générosité expliquée aux blondes". J'ai tout compris, merci. Et j'ai passé de longues heures de mon adolescence à méditer sur ce thème en prenant pour sujet d'étude : ma mère. J'en étais arrivée à la conclusion que la vraie générosité n'attend pas de retour. Ce qui nous propulse tous plus ou moins en flagrant délit d'égoisme !

Écrit par : isa-monblogdemaman | 17/01/2011

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moi je ne connais que l'altruiste de schubert
(oui je sais... je suis déjà dehors...)

Écrit par : Phileas | 17/01/2011

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J'avais lu quelque part qu'il faut d'abord penser à toi pour être dans les meilleures conditions pour penser aux autres... La générosité n'est pas à son détriment, c'est un élan du cœur et pas un sacrifice. Donc, à mon avis, oui on peut être altruiste, mais si on est déjà soit même pleinement épanoui et équilibré.

Écrit par : Lalex | 17/01/2011

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J'ai toujours été égoïste ... jusqu'à ce que j'ai des enfants... et encore parfois de continue de penser d'abord à moi avant de penser à eux.

Une chose est sûre, je pense à ma famille avant de penser au reste du monde.

Écrit par : MissBrownie | 17/01/2011

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aujourd'hui donc, c'est philo. Ca tombe bien, j'adore la philo. Et je me suis déjà posé cette question. Mais comme je suis bien placée pour avoir accès à la presse, je jetterai un coup d'oeil.
(par contre je suis à-priori optimiste et donc je crois qu'on peut être véritablement altruiste)

Écrit par : bbflo | 17/01/2011

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J'ai beaucoup réfléchi à ce concept dans le domaine amoureux... On vit avec quelqu'un parce qu'on l'aime mais aussi pour ne pas être seul? pour être aimé en retour? on pourrait en effet débattre des heures sur ce passionnant sujet...
Oui aussi, faire des cadeaux ou aider les gens ça fait nous plaisir, donc on recherche peut être des occasions de se faire plaisir...
comme dit Isa la vraie générosité n'attend pas de retour mais elle nous flatte à l'intérieur (bon pour les vrais chrétiens je ne sais pas!), si je donne quelque chose dans la rue à un sdf par exemple, je n'attend rien en retour mais j'ai l'impression d'avoir fait une bonne action, je me sens bien du coup...
Je ne sais plus qui a dit qu'aucun acte n'était totalement désintéressé, après c'est sur la notion d'intéressement qu'il faut se pencher...

Écrit par : Carole Nipette | 17/01/2011

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Tiens ça me rappelle une conversation récente avec un psy. On était tombés d'accord sur le fait que dans toute forme d'altruisme il y avait forcément une part d'égoïsme. L'homme est ainsi fait.

Écrit par : Ginie et son paillasson | 17/01/2011

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Merci de mettre mes neurones en ébullition

Écrit par : Stéphanie | 17/01/2011

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@Pivoine : y'a de ça un peu chez tout le monde à divers degrés...
@Isa : je suis d'accord. La vraie générosité n'attend pas de retour. Comme la vraie bonne action se fait dans la discrétion.
@Philéas : c'est pathétique
@Lalex : ce qui n'est pas idiot. Donc pour faire plaisir aux autres, faisons-nous plaisir d'abord en somme.
@MissBrownie : et c'est bien normal. Je crois que c'est un sentiment partagé par beaucoup de gens
@Bbflo : aaaaah au moins une qui adore la philo. Ca tombe bien !
@Carole : oui mais là on y est encore dans une semaine.
@Ginie : je suis assez d'accord avec cette analyse
@Stéphanie : de rien, c'est gratuit (pour l'instant)

Écrit par : emanu124 | 17/01/2011

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Se faire plaisir en faisant plaisir aux autres ou le contraire ?

Écrit par : eddie | 17/01/2011

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A la limite, who cares ? l'important n'est il pas le résultat ? Que ce soit par altruisme pur, par valorisation de soi, si le bien est fait c'est le principal.

Cela dit, je crois qu'on peut aussi parfois agir par pure générosité, et parfois par flatterie de nous mêmes, et parfois aussi par lâcheté, celle de ne pas savoir dire non et que les trois ne sont pas incompatibles, tantôt l'un tantôt l'autre, selon.

Moi j'aime bien les billets chiants aussi.

Écrit par : Dom | 17/01/2011

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j'ai envie de continuer à chanter: j'aimerai avoir 16 ans aujourd'hui, en fin un petit bout
...tu vivras des conflits avec tes parents, la société des amis te prendront la tête tout le temps
j'ai été gâté, génération dorée
même si j'étais inutile, je pouvais sortir du rang...
...découvrir le jour et la nuit, avoir la vie dont je rêvais, mais en sachant ce que je sais...

Écrit par : humour japonais | 17/01/2011

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@Eddie : ou l'inverse ?
@Dom : oui, donc en gros, on est d'accord
@Humour Japonais : hier encooooore j'avaiiiiis 16 aaaaans

Écrit par : emanu124 | 17/01/2011

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J'ai du mal à croire que des gens soient réellement désintéressés, à 100%... c'est pas possible à mon avis et je trouverai presque cela malsain en fait !! Quelqu'un qui ne fait pas attention d'abord à lui même et à ses proches, j'aurai l'impression qu'il n'aime pas justement, j'sais pas comment l'exprimer (et puis il est tard et je suis blonde)
En tout cas merci pour cette "prise de tête", j'adore !

Écrit par : e-zabel | 17/01/2011

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Et quand je pense que certaines nanas offrent leurs corps, juste pour satisfaire leurs époux ( et se conformer au devoir conjugal). Tu devrais les prendre en stage!!;-)

Écrit par : miss Julie | 17/01/2011

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@E-Zabel : pour une blonde tardive tu t'en sors pas trop mal
@Miss Julie : ah non. Quel ennui !!

Écrit par : emanu124 | 17/01/2011

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Pour aimer les autres, il faut s'aimer soi-même.
Je sais plus qui a dit ça... mais ça résume bien.

Écrit par : Chonchon | 18/01/2011

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je suis totalement d'acord avec toi. j'ai une amie qui a fait bénévole au resto du coeur après un chagrin d'amour : elle s'est retrouvée quasiment avec des personnes au même profil : qui se sentent seules et déprimées, et cherchent de la compagnie et à se valoriser en aidant les autres. en tout cas, son assoc était selon ses dires "un vrai baisodrome"

Écrit par : Papillote | 18/01/2011

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@Chonchon : c'est pas faux..
@Papillote : et bé ! On en apprend tous les jours !!

Écrit par : emanu124 | 18/01/2011

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Je vais enfoncer des portes ouvertes mais pour moi l'égoïsme et l'altruisme ne peuvent se manifester et être mesurés qu'au sein d'un groupe. Je précise... Un choix égoïste permet de tirer plus de bénéfice d'un groupe que d'investissement qu'on lui prodigue, à l'inverse un choix altruiste c'est investir dans ce groupe plus que ce qu'on en reçoit. Dans cette optique une personne égoïste vivra en parasite d'un groupe (par exemple en prenant du temps d'écoute ou de l'investissement affectif à ses membres mais en évitant d'en rendre). Une personne réellement altruiste considérera sciemment que ce qu'elle consacre au groupe est investi et ne sera pas forcément récupéré par elle-même (mais elle le fait dans un soucis de bien-être du groupe ce qui peut être gratifiant en soi). Une personne naïve ou qui compte ses dons s'étonnera de ne pas avoir de retour quand elle en manifestera le besoin auprès d'un groupe qui a bénéficié de ses attentions (absence égoïste de réciprocité ou indisponibilité réelle). Sinon je souscris à l'idée qu'il y a des moments où décidément non on n'a pas envie d'être attentif aux autres et on veut s'occuper du centre de notre univers... Et que ça fait du bien! :-p

Écrit par : Galstar | 19/01/2011

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