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20/01/2011

Voyage, voyage... Plus loiiiiin que la dictatuuuure

 

En ce moment, actualité oblige, fleurissent articles et billets sur la Tunisie.

Loin de moi l'idée de pondre un énième billet sur la situation ou le pourquoi du comment de la situation géopolitique du pays du Jasmin.

Cependant, la Tunisie est un pays qui nous touche de près, en raison d'une histoire commune, de liens forts, d'une communauté bien présente et aussi parce qu'un certain nombre d'entre nous a un jour ou l'autre profité de son soleil et de ses hôtels pour y passer des vacances.

Ce fut mon cas. Nous y avons passé nombre de séjours en famille à profiter de clubs en bord de plages et abandonner nos enfants aux soins de parfaits inconnus pour glandouiller tranquilles.

Tout ceci à un prix très abordable qui nous permettait d'envisager des vacances à 4 ailleurs qu'au camping de Bouzy les foins.

J'ai longtemps ignoré ce qui se cachait derrière les sourires et les "hé la gazelle, tu viens ?" lancé à la cantonnade dans les souks.

C'est progressivement à force de discuter avec des tunisiens (enfin les quelques qui acceptaient de parler de la situation, ce qui n'était pas gagné compte tenu de l'effrayante oppression policière) et de lire des articles sur la situation du pays.

Je suis donc devenue de plus en plus réticente à retourner en Tunisie, moitié par lassitude. Moitié également parce que je commençais à avoir des scrupules de financer ce qui est reconnu maintenant comme une dictature.


J'ai eu les mêmes scrupules quand nous avons envisagé d'aller à Cuba.

Fallait-il y partir ? Pour encourager financièrement un régime terrible installé depuis des décennies, sans pratiquement aucune retombée positive pour la population locale ?

Ou partir quand même pour découvrir. Et témoigner. Une très modeste façon de faire avancer les choses.


Nous avons choisi la deuxième option. Parce que l'envie de découvrir a été la plus forte. Et aussi parce que je me suis dit que nous pourrions au moins aider quelques personnes sur place à notre petit niveau.

 

Mais je me pose au moins maintenant systématiquement la question avant de partir quelque part.

Malheureusement, le monde étant ce qu'il est, décider de voyager uniquement dans des pays offrant la liberté à leur ressortissants, c'est limiter énormément son éventail de découvertes possibles.

 

Je n'ai donc pas pour l'instant réussi à résoudre l'équation de partir ou pas dans un pays non démocratique. 

 

Ce qui est certain, c'est que, si la situation se normalise en Tunisie, j'aurais moins de réticences à y retourner désormais, après plusieurs années de non fréquentation.

Et à entendre les serveurs de l'hôtel proposer au meuri de m'échanger contre quelques chèvres et un tapis.

Ce qui doit être approximativement ma valeur sur le marché.

 

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06:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : tunisie, voyages, cuba, dictature | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

preum's (juste pour le faire au moins une fois...)
(je sais c'est nul, promis je ne le referai plus médéme...)

Écrit par : Phileas | 19/01/2011

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Je me suis posé la question pour la Birmanie. Pour Cuba. Pour la Chine.
Pour l'Egypte aussi. Bizarrement, personne ne se pose la question pour Singapour, mais bon...

Tout dépend bien sûr de la manière dont on passe ses vacances. Avec des enfants, c'est difficile d'éviter les hôtels d'Etat birmans, de donner au maximum l'argent de la main à la main aux artisans, petits vendeurs et chauffeurs. D'éviter les tours-operators à Cuba, en Chine. D'éviter de ne voir que les grands sites égyptiens et d'aller plus avant dans le pays. D'éviter de se faire avoir par le mirage singapourien.
Mais sans enfant et sac au dos, c'est plus facile d'avoir moins de scrupules et d'y aller, pour témoigner autant que faire se peut, attendre le contact avec les gens ou le solliciter, aller dans les ruelles éloignées des centres touristiques et essayer de saisir "la vraie vie" qui s'y déroule, de comprendre comment l'Etat est présent partout sans se montrer. Comme l'avait dit Aug Saan Suu Kyi il y a quelques années...

Écrit par : Chouyo | 20/01/2011

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intéressant ce billet ;
cela fait près de 20 ans que j'habite et élève mes enfants dans des endroits ou la liberté est régulièrement foulée au pied ;


j'ai choisi de témoigner, de relativiser mes petites misères, d'arrêter de me regarder le nombril, d'aider mes proches autant que faire se peut par le biais des ONG et de tâcher de faire des gamins "droits dans leurs bottes" ;
ils ont un vrai regard de jeunes adultes engagés ;
et j'aime ça ;

Écrit par : dumè | 20/01/2011

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J'admire le courage des révolutionnaires..
Bon en revanche pas de question existentielle pour moi ..j'aime pas faire la touriste mais bon vue comment c'est partit en France je vais devoir revoir ma stratégie de limace du voyage ;-)

Écrit par : sublime | 20/01/2011

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@Phileas : mouif...
@Chouyo : effectivement, parcourir les ruelles sac à dos, c'est moins évident avec enfants, mais pourtant indispensable !
@Dumé : et c'est bien là le principal !
@Sublime : mais il y a beaucoup de belles choses à voir ici aussi !

Écrit par : emanu124 | 20/01/2011

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ça doit faire bien 15 ans au moins que je ne suis allée en Tunisie mais peut être justement c'est le moment pour aider à la reconstruction du pays, si les touristes désertent les locaux n'auront plus de travail dans les hôtels ou autres....

Écrit par : Carole Nipette | 21/01/2011

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@Carole : c'est clair. Ce sera peut-être l'occasion d'y retourner (pas certaines que les hôtels appartiennent aux Tunisiens, ceci dit.)

Écrit par : emanu124 | 21/01/2011

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oui mais ils bossent dedans en tout cas!

Écrit par : Carole Nipette | 24/01/2011

Donc tu n'as jamais vu en ce peuple tunisien ses craintes et son désespoir durant tes séjours là bas. Ca se confirme donc que le pays était muselé de l'intérieur alors et que personne ne savait ce qui se passait à l'intérieur de ce pays. Dingue quand même comme on peut museler un pays.
Bon dimanche

Écrit par : Dominique | 23/01/2011

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Si j'ai vu, mais sur le tard. Et je te confirme que les gens étaient bel et bien muselés par la peur.

Écrit par : emanu124 | 23/01/2011

Les commentaires sont fermés.