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02/10/2012

Sur la route

Hier autour d'une pizza que je payais à mon jeune collègue désargenté...

(oui, j'offre des pizzas à des petits jeunes, ça me donne l'impression d'être une vieille dame indigne qui se paye un gigolo, c'est délicieux)

Nous devisions de façon badine sur la différence entre les punks et les hippies. je replaçais pour lui ces mouvements de djeuns échevelus sur l'échelle chronologique.

Evidemment, ce petit coq est né bien après que le dernier punk ait coupé sa crête et enfilé un costume de golden boy pour faire fortune en bourse dans les années 80, tout ceci est, pour lui, un peu obscur.

Je lui explique donc que les hippies n'étaient pas une génération spontanée mais avait beaucoup emprunté aux beatniks.

C'est à ce stade qu'il me regarde d'un air effaré en disant "les quoi" ?

Et que mon âge me revient dans la figure comme  un boomerang dans la main d'un aborigène.

Car oui, j'ai quand même connu la fin des beatniks, mes parent m'ayant par exemple traîné dans une communauté à Amsterdam vers 1965, les hippies, puis les divers mouvement qui ont mené au punks, la cold wave, la new wave et j'ai du décrocher de la danse de zazous vers la house fin 80 /début 90.

Le meuri m'ayant mis le grappin dessus il m'a interdit les raves et la drogue.

A l'énumération de ces divers mouvements, le petit (qui fait quand même un bon 1,85 sous la toise) me dit litteralement "waah, c'te chance, nous on a eu que des trucs de daube, genre Patrick Sebastien et la techno"

J'ai plussoyé. Patrick Sebastien et la techno même combat, ce jeune a quand même un commencement de discernement, tout n'est pas perdu.

Et réalisé que oui, au-delà des quelques décennies que je venais de me prendre en facepalm, j'avais eu de la chance.

J'étais une enfant de ce que l'on a appelé "la parenthèse enchantée". Les 10 / 15 ans entre la banalisation de la contraception et l'arrivée du Sida. Ou flottait un certain parfum de liberté malgré le clash pétrolier de 1973, les groupes terroristes d'extrêmes droite ou gauche (y'avait DEJA des illuminés AVANT Al Qaida, prêts à se faire péter la durite) et les Carpentier à la télé le samedi soir (ne crois jamais quelqu'un qui te dit "c'était géniaaaaal", c'était nul à chier).

Où plutôt de liberté à conquérir. Ce qui est autrement plus excitant que de se préoccuper de la sortie du prochain Iphone, je te confirme.

Car braver les interdits, et flirter avec la loi, te laisse des souvenirs impérissables qu'aucun smartphone ne remplacera jamais

Ca tu peux le mettre à mon crédit comme la réflexion de la vieille conne de service qui fait la leçon à tout le monde avec ses "avant c'était mieux".

Non avant c'était pas mieux, c'était différent. 

Ne croyez jamais les gens qui vous disent que c'était mieux avant de toutes manières.

Les beatniks donc, mouvement des années 50-début 60, que l'on rattache aux hippies, par leur style de vie bohème mais dont le nihilisme les rapproche plus des punks que des babas-cools et de leur idéal communautaire planant et quelque peu crétin.

C'est ce que je tentais de lui expliquer avant de lui dire, "tu n'as qu'à lire "Sur la Route", de Jack Kerouac, tu vas comprendre"

Et qu'il a répondu "Jack qui ?"

C'est à ce moment précis que je l'ai achevé à coups de roulette à pizza.

Avant de passer ses membres dans la broyeuse à papier pour faire disparaître les traces.

D'autant qu'il m'avait dit juste avant "moi j'aime bien Joy Division" 

Crime structurellement tout aussi impardonnable à mes yeux que d'ignorer qui est Jack Kerouac.

Je n'ai jamais aimé Joy Division, ni hier, ni maintenant.

C'est pourquoi je vais probablement lui prêter ce P.... de bouquin afin qu'un minimum de culture intelligente pénètre ses synapses envahis par les pixels et les mojitos.

Je pourrais mourir en me disant que j'ai au moins fait un truc utile dans ma vie.

Bon pour Joy Division, y'a pas grand chose à faire. 

Eventuellement Marvin Gaye. 

Marvin Gaye peut tout. 

Quelque soit la décennie dont on parle.

kerouac_jl.gif

Et beau gosse aussi Jack, en prime...

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : kerouac, joy division, beatniks, hippies, punks | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Marvin grande classe.

Écrit par : Poulette Dodue | 02/10/2012

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...ben moi, j'aime bien Joy Division. Ah, faut que je retourne dans ma cellule capitonnee? Mais je ne veux pas!!

Écrit par : MC Hammer | 02/10/2012

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Dis lui quue les hobos sont les néo hippies, Charlie Winston lui parlera peut-être plus que Kerouac..
Quant à Joy Division, j'ai adoré!! Désolée....

Écrit par : No Way | 04/10/2012

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@Poulette dodue : énorme classe, même
@MC Hammer : pourtant il va falloir
@No Way : aie. C'est moche

Écrit par : emanu124 | 07/10/2012

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Les commentaires sont fermés.