Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/11/2012

Si j'existe, j'existe, c'est d'être fan...

Comme beaucoup de gens sur cette petite planète bleue, j'ai eu ma période ado-groupie pour des guitaristes chwelus qui secouaient la tête en jouant/ acteurs au physique avantageux/ sportifs suédois à bandeau frontal/ et à peu près toute personne testostéronée à tablettes de chocolat avantageuses.

Pour cette dernière catégorie, il n'est d'ailleurs pas certain que la période ado-groupie soit totalement terminée.

Mais, s'il m'est donc arrivé de collectionner quelques photos, disques ou de me ruer pour obtenir une place de concert, la fanitude totale est un aspect du comportement humain qui me laisse pour le moins perplexe.

Attendre des heures sous la pluie et dans le froid pour apercevoir un bout de bras de son idole, collectionner les objets dérivés, assister à tous les concerts d'une tournée, vivre à travers l'objet de son adoration sont des attitudes totalement conceptuelles dont j'ai du mal à saisir exactement le but.

Et le fan qui guête le moindre signe, le moindre mouvement, le moindre objet touché par l'objet de son adoration en espérant rien ou quasiment rien en retour, un vrai objet de curiosité.

Qu'une minette de 13/14 ans hurle à un concert de Justin Bieber et collectionne ses posters, passe encore.

A priori à 16/17 si elle suit un cheminement psychologique classique, elle devrait avoir décroché ses posters, complètement oublié le blondinet à mêche,  et repris une activité normale.

Mais qu'une personne de plus de 15 ans et demi hurle à un concert de Mylène Farmer, attende des heures sous la pluie pour voir Lady Gaga, parte en pélerinage sur les traces de JC Vandamme (si, si), se tatoue le portrait de Frédéric François sur le bras (re-si, si)  ou organise une messe hommage à Michael Jackson, sans parler des Beliebers qui se sont rasés la tête parce qu'ils croyaient à tort que Justin avait un cancer, c'est quand même assez curieux. Pour le moins. 

La pointe extrême de cette attitude étant atteinte par les fans-sosies qui se diluent complètement dans leur idole en essayant de lui ressembler le plus possible et en gommant leur propre personnalité.

Un immense point d'interrogation à leur égard est la seule chose qui me venait à l'esprit en regardant le week-end dernier un reportage sur ces fans hardcore.

Bien sur, ce genre de sujet est largement monté pour tourner en ridicule les pauvres gens qui y figurent.

Néanmoins je m'interroge sur les ressorts psychologiques qui motivent une adoration inconditionnelle au point de s'oublier soi-même. 

Un manque de confiance en soi ? Un vide affectif ? Une vie jugée inintéressante ? Un besoin mystique de croire à quelque chose de supérieur ? Un report d'affection vers une personne inaccessible pour éviter de s'engager dans une vraie relation affective ou amoureuse ?

Je peux admirer quelqu'un mais pas au point de lui vouer un culte sans aucun questionnement. J'ai un esprit critique trop chevillé au corps pour le faire.

Figure de pure rhétorique même si tu me mettais au hasard, disons... Fassbender devant le nez, après avoir perdu les pédales pendant environ 5 minutes, m'être couverte de ridicule en bafouillant strictement n'importe quoi, lui avoir écrasé les pieds et renversé ma coupe de champagne dessus (ce qui m'arrive généralement dans ce genre de situation)  le côté pragmatique et moqueur (voire cynique, je le concède) de mon cerveau se reveillerait en me chuchotant "hey, t'as vu, il a une coquetterie dans l'oeil et il est mal habillé, en fait" "en plus dans son dernier film, rappelle-toi il jouait comme une buse".

Et pour l'avoir vécu à plusieurs reprises, je t'assure qu'il vaut parfois mieux ne pas voir de trop près une jolie image de papier glacé ou de clip vidéo.

Rares sont ceux qui sont à la hauteur du fantasme qu'ils incarnent.

Car finalement fan et fantôme ont le même commencement. Le fan court après un fantôme, une créature mythique et illusoire qu'il se crée lui-même, qui n'a aucune réalité mais qui le conforte dans un monde irréel où il se réfugie pour échapper à une réalité qui ne lui plait pas. 

Ca vaut ce que ça vaut comme explication psychologique. 

Il vaut encore mieux être fan de soi-même.

Tu seras peut-être égocentrique et mégalomane mais au moins jamais déconnecté(e) de la vie.

Ni déçu(e).

 

fans-mejores.jpg

Rendez-vous sur Hellocoton !

Commentaires

Mon coté "groupie" ne s'exprime que pour mes hockeyeurs chouchous . Là comment te dire ? Je chante ("allllllllllllllllez Gre..."), je saute, je trépigne te je huurle ! Cela dit c'est uniquement lors des match, quand j'en croise un dans la rue je sourie gentiment (mais quand même au dedans de mooi je fais "hihihiiiii")
Sinon je sais me tenir et j'ai du mal avec la fanatitude a fond.

Écrit par : Poulette Dodue | 02/11/2012

Répondre à ce commentaire

J'ai pu être comme ça jusqu'à environ 23 ans, je dirais. Mais ça m'est largement passé, et maintenant, même quand j'admire quelqu'un, je suis très critique aussi. Donc j'ai parfois un peu de mal à comprendre les adultes qui réagissent comme ça, et je pense que, comme moi à l'époque, ils ressentent peut-être bien un certain mal-être...

Écrit par : Amy | 02/11/2012

Répondre à ce commentaire

Disons que l'on est pas fan de la même façon à 30 ans qu'à 12, mais ce qui a le don de m'énerver profondément, ce sont les fans qu'on montre à la télé (ils cherchent à t"exposer les caricatures, et notamment, pour le sujet qui me concerne, pour les fans de Michael jackson) J'ai vu l’émission dont tu parlais en replay, justement parce que les fans en parlaient sur Facebook en étant désolés de voir ça. Les personnes qui étaient dans ce reportage, nous ne les avons jamais vues, ni pendant les concerts, ni pendant tous les périples de déglingos que nous avons pu faire du vivant de Michael. Aussi je m'interroge sur le "casting" de ces émissions. Ado, j'étais fan à posters, et ma chambre aurait pu être un musée MJ. Désormais, chez moi, seule une étagère expose quelques livres et une photo de lui encadrée que je garde depuis l'enfance. C'est tout. C'est déjà pas mal, mais je ne gonfle pas les non-fans là dessus et d'ailleurs je n'aime pas trop en parler. Pour en parler, j'ai les potes qui venaient avec moi aux concerts, ou qui ont partagé certains moments magiques avec moi. ce n'est pas un mal-être que nous ressentons, mais beaucoup de bonheur et de chance d'avoir vécu une époque où la magie était encore possible (et durable en ce qui concerne celui que nous aimions... on verra plus tard pour les fans actuels). Il a eu, à et aura toujours une place dans ma vie, c'est comme ça, j'en suis heureuse et ça n'est pas pour autant que je me chope les couilles tous les matins en criant "heehee", ni que je porte des vestes en plastique rouge pour sortir, ou que je bassine mes amis, ma famille ou mes collègues avec ça. Il faut comprendre que la télé vous montre des gens un peu marginaux pour le "show", mais qu'on peut-être fan et totalement critique et raisonné par rapport à tout ça. Pour le reportage, il est quand même mis en évidence que la personne a eu un gros choc émotionnel et s'est raccroché à cela pour se remettre, mais ça n'est pas le cas de tout le monde, heureusement. Il n'y a pas besoin d'avoir un "problème" ou un "manque" pour aimer quelqu'un. Parce que ça se limite à ça, j'aime quelqu'un, qui à mes yeux n'est ni Dieu, ni meilleur, juste un homme talentueux.

Écrit par : melolimparfaite | 04/11/2012

Répondre à ce commentaire

Euh dois je avouer un amour pour :
Billy Idol
Slim Jim Phantom ...
Iggy Pop
En fait je suis pas certaine de savoir me tenir en cas de rencontre :-)
a mon âge... c'est déraisonnable :-)

Écrit par : Corinne | 05/11/2012

Répondre à ce commentaire

@Poulette : tant que ça reste moderé...
@Amy : je ne sais pas justement
@Melolimparfaite : merci pour ton témoignage. C'est très intéressant
@Corinne : oui, totalement

Écrit par : emanu124 | 11/11/2012

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.