Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/04/2013

Louxor, j'adore

Pendant des années je suis passée devant en métro (à cet endroit la ligne est aérienne) ou à pied, me désolant de la dégradation inéluctable de ce monument du kitsch.

Et en craignant que finalement le bâtiment ne soit abattu.

Pendant des années, des amoureux du lieu, réunis en association de sauvegarde, se sont battus pour le préserver et qu'il revive sa splendeur passée.

La bataille a connu une issue positive, puisque finalement il y a quelques années, la mairie de Paris a décidé de restaurer l'endroit pour lui donner une seconde vie.

Evidemment quelques jours après son ouverture, je n'ai eu qu'une envie, aller sur place pour voir de mes yeux cette pièce unique, survivante des grands cinémas d'avant la guerre de 40-45 avec le Grand Rex et aujourd'hui ressucitée dans tout son éclat.

Le Louxor, boulevard Barbès à Paris.

Un peu d'histoire

Le 6 octobre 1921, un cinéma exceptionnel était inauguré en grande pompe face à la station de métro Barbès (10e). Le Louxor était non seulement l’une des salles les plus modernes de l’époque, mais aussi un édifice aux motifs néoégyptiens ! Construit à l’emplacement d’un immeuble haussmannien, il est l’œuvre de l'architecte Henri Zipcy.

La façade et les toitures de ce bâtiment ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 octobre 1981. Les mosaïques multicolores de la façade (bleu cobalt, noir et or), œuvre du décorateur Amédée Tiberti, ont été réalisées par la fabrique de céramiques Gentil & Bourdet, très réputée dans les années 1920-1930. Aux motifs floraux s’ajoutent scarabées,cobras et, au-dessus de la petite terrasse, un grand disque ailé. La salle avec ses deux balcons offre alors 1 195 places.

Le Louxor est rapidement intégré au réseau des cinémas Lutétia qui dispose de treize salles à Paris en 1924, dont les très prestigieux Lutétia-Wagram (ouvert en 1913) et Royal-Wagram (ouvert en 1918).

En 1929, la vingtaine d’établissements du groupe est reprise par la société Pathé qui l'adapte au cinéma sonore.

Le Louxor, comme tant de salles de quartier, subit les conséquences du déclin de fréquentation qui s’amorce dès la fin des années 1950, obligeant le cinéma à se renouveler et les exploitants à moderniser leurs salles. Couleur, cinémascope, qualité du son, le Louxor suit le mouvement et s’adapte. S'il conserve au cours des années sa structure originelle et possède encore une vaste salle avec deux niveaux de balcon, il a subi plusieurs transformations, notamment en 1954 et 1964.

La programmation, elle aussi, doit s’adapter aux changements  et au goût du public qui le fréquente. Longtemps cinéma populaire qui passe aussi bien les succès français grand public que les films américains, le Louxor choisit de projeter à partir des années 1970 des films « exotiques » (indiens, égyptiens par exemple) en version originale, susceptibles d’attirer une population immigrée en nombre croissant dans le nord-est de Paris. En 1976 la projection du film Chronique des années de braise devient un évènement culturel et social pour le quartier.

Le 29 novembre 1983, c'est la dernière séance du Louxor puis Pathé vend le bâtiment à la société Tati qui souhaite y implanter un commerce. Faute de ne pouvoir modifier la façade, le projet échoue et Tati cède la gérance à des projets d’exploitation de boîtes de nuit au milieu des années 1980 : d'abord boîte de nuit antillaise baptisée La Dérobade, il devient en août 1987 la plus grande discothèque gay de la capitale sous le nom de Megatown. Celle-ci ferme en 1988, peu avant la mort de son créateur David Girard en 1990, et le bâtiment est laissé à l'abandon.

Le Louxor - Palais du cinéma va connaître alors une longue éclipse.

En 2003,  la Ville de Paris acquiert le Louxor. Les travaux de rénovation débutent en septembre 2010.

En 1921, le Louxor ne possédait qu’une seule salle. Le bâtiment rénové en comporte trois : la grande salle Youssef-Chahine, en hommage au réalisateur égyptien (340 sièges), et deux autres de 140 et 74 places. «Les spectateurs viendront à la fois voir des films et l’édifice lui-même», espère l’architecte Philippe Pumain, qui a supervisé la rénovation.

Ma première visite s'est arrêtée à la facade et au hall d'entrée. Car pour aller plus loin, il faut tout simplement acheter.. une place de cinéma. 

Mais je compte bien pousser l'expérience Louxor jusqu'au bout et m'offrir une toile dans la grande salle rénovée et accéder à la terrasse au-dessus du cinéma et qui domine tout le quartier.

Et passer au bar du Louxor, pour chanter "AU BAR DU LOUXOOOOOOOOR" grandeur nature (uhuhuhuh)

Pour cela je vais attendre un peu que "l'effet lancement" se termine car la foule était déjà bien dense samedi pour les séances de l'après-midi avec la programmation du film "Grandmaster" de Won Kar Wai. Et surtour qu'un film me tente pour me faire une toile d'Egypte.

Si tu veux te faire une séance, ou si tu passes à Paris, je ne peux que te conseiller de venir admirer ce chef-d'oeuvre de rococo. Et si tu es l'heureux possesseur d'une carte UGC, tu pourras accéder au sésame du cinéma parigot...

Pour te donner envie.

DSC00081.JPG

DSC00082.JPG

DSC00083.JPG

DSC00084.JPG

Détail des mosaïques

DSC00085.JPG

DSC00086.JPG

DSC00088.JPG

DSC00089.JPG

DSC00091.jpg

3160798_6_c785_le-cinema-parisien-le-louxor-cree-en-1921_4a712845a6b850f445b57a03949596d1.jpg

La grande salle vue du balcon

3160886_6_870c_au-bar-du-louxor_eee43be640f1f807ce8e0abc479e091d.jpg

(Les photos moches de l'extérieur sont de moi, les jolies de l'intérieur ont été prises sur le site du Monde.fr)

(sources de l'historique : site de la mairie de Paris et Wikipédia)

Rendez-vous sur Hellocoton !

06:00 Publié dans Cinéma, Sorties | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : louxor palace, cinéma, paris, barbès, rénovation | |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Joli. Je me souviens que dans les années 80 j'avais l'occasion de passer devant régulièrement et j'admirais la façade à chaque fois en me demandant comment c'était dedans, en soihaitant que tout n'ai pas été saccagé par les changement d’activité ;-)
J'adore ces endroits un peu kitch, faux truc orientalisant mitigé année 20. Il y a des pépites dans ce style architectural. La ville de Valencia en regorgeait avant que les rénovations de quartiers menées au bulldozer n'en réduise considérablement le nombre. Avant qu'ils ne cessent les constructions/destructions ils s'étaient enfin décidés à sauver au moins les façades. En ce moment la crise a au moins cet avantage ils ne cassent plus les jolis immeubles anciens pour mettre des cubes béton/verre/métal à la place.

Écrit par : Cécile - Une quadra | 23/04/2013

Répondre à ce commentaire

J'adore aussi et je suis bien contente de la réouverture. J'ai une carte UGC mais je vais attendre en effet que ce soit plus tranquille. J'irais en journée...

Écrit par : Carole Nipette | 23/04/2013

Répondre à ce commentaire

J'ai connu cette 'enceinte' avant sa cure de jouvence. J'ai pu passé devant chaque matin (ou à toute heure) pendant des années..
C'est un superbe boulot et respectueux de ce que les 'anciens' du quartier avait pu m'en dire. Un bâtiment enigmatique et chargé d'histoire.
Belle rétro dans cet article.
Bravo..

Écrit par : Pure Tentation | 23/04/2013

Répondre à ce commentaire

Merci pour la visite. Rien que le nom, cela fait déjà voyager ..

Écrit par : Miss Cupcake | 25/04/2013

Répondre à ce commentaire

@Cecile : tu devrais adorer : c'est méga kitsch
@Carole : moi aussi, je vais tenter pendant des vacances ou un truc du genre
@Pure tentation : merci beaucoup, même si la retro a été empruntée ailleurs
@MissCupcake : le "louxor palace" tout un programme

Écrit par : emanu124 | 01/05/2013

Répondre à ce commentaire

Woaw, vraiment magnifique tout ça ! Je suis aussi très contente de la réouverture.

Écrit par : tarot de marseille | 19/04/2014

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.