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24/07/2012

"Je ne vais plus sur internet" est le nouveau snobisme

Depuis quelques mois on voit fleurir des déclarations fracassantes de gens qui abandonnent le cyber monde.

Principalement intellectuels, ou prétendus tels, ils ou elles rejettent "l'esclavage" et "l'abrutissement" crée par internet et les réseaux sociaux.

C'est rigolo, on pourrait ressortir les discours de leurs prédécesseurs il y a une quarantaine d'années qui disaient exactement la même chose de la télévision.

Je suis prête à parier qu'en remontant dans l'histoire, leurs grands-pères parlaient de façon similaire de la TSF.

Et qu'on entendait déjà ce même discours au moment de l'invention de l'imprimerie.

Parmi d'autres, Nick Bilton, qui a décidé de ne plus répondre à ses emails.

Lui, sa démarche peut se comprendre, voire se partager.

L'email, courrier électronique qui facilitait la communication d'un bout de la planète à l'autre il y a encore quelques années présente finalement les mêmes défauts que son ancêtre papier. Envahissement, courriers indésirables, tri régulier à faire sous peine de piles qui s'alourdissent chaque jour. Je déprime à chaque retour de vacances devant les 4 ou 500 mails qui m'attendent au bureau. Du coup, je fais comme lui, je ne les ouvre plus. Je me dis que si vraiment il y a une urgence, on viendra me le signaler. 

Mais que dire des autres, Frederic Beigbeder en tête. Egerie masculine de la branchouillerie parisienne, il a décrété qu'il n'aimait ni les livres électroniques, ni Facebook, ni twitter qu'il considère le nez pincé comme un espèce d'égout à ciel ouvert où se déversent toutes les bassesses du genre humain. Un cloaque boueux bien trop sale pour ses jolies chaussures de créateur.

Ou encore de Kolia Delesalle, journaliste à Télérama qui annonce de façon très scénographiée son retrait de twitter "adieu peuple, je me drape dans ma dignitude et je me retire sous vos applaudissements". "Je retourne dans la vraie vie" dit-il en prenant bien la peine de préciser qu'il a été inondé de SMS et mails qui se lamentaient sur sa défection  du style « Qu'est-ce que tu fous ? » ; « Je rêve ou tu as quitté Twitter ? » ; « C'est quoi ce bordel ? » ; « Tout le monde se demande ce qui se passe ! »

Mais bien sur. Comme c'est crédible. Twitter a une mémoire de poisson rouge. Tu es généralement oublié au bout de 2 minutes maximum. Même par tes plus fidèles followers.

Arrête un peu ton cinéma Kolia, partir, vraiment partir c'est se retirer sans explication et stopper net, sans fleurs ni couronnes. Tu ne pars pas vraiment, tu te fais de l'auto-promo, point. Tu es comme les vieilles actrices qui font leurs adieux en pleurant sur scène et reviennent l'année suivante, ce par quoi tu conclus ton billet d'ailleurs. 

"Je suis vivant" dis-tu. Ce qui signifie que nous pauvres esclaves du pixel, nous sommes des zombies enchaînés à notre clavier. Mais que toi, tu as vu la lumière et que donc, tu es un être infiniment supérieur.

Quelle prétention sans bornes.

Quel snobisme.

Car apparemment, pour toi Beigbeder et ceux qui pensent de façon similaire, il est de bon ton de mépriser la cyber communication. 

Plus que la cyber communication d'ailleurs, il est de bon ton de mépriser tout ce qui est populaire, répandu, partagé voire universel.

Les anglo-saxons appellent cela le mainstream le "courant principal" 

Je connais cette tendance, je la pratique aussi. Je méprise le mainstream en cas de mauvais goût et la qualité discutable.

Mais notre différence fondamentale est que mainstream ou pas, quand quelque chose est bon, beau, de qualité ou bénéfique, je suis volontaire pour faire le mouton avec les moutons.

Je suis une pauvre victime consentante de l'esclavage électronique et d'Apple réunis. Qui m'ont sans doute apporté plus, beaucoup plus que les seules relations que j'aurais pu avoir IRL. Et ouverts des horizons que je n'aurais pas soupçonné il y a quelques années.

Je suis donc une pauvre fille perdue et à moitié débile, selon vos critères, messieurs.

Juste un truc, si le clampin qui a inventé le feu avait écouté votre ancêtre qui lui disait à l'oreille "le feu ? C'est tellement vulgaire, ça va nous rendre esclave de notre nourriture", on en serait encore à manger de la viande crue sur nos genoux vêtus de pagnes en feuilles de bananier.

Pour ma part, je préfère déguster un steak à point avec quelques vêtements stylés sur le dos et tapoter sur un clavier.

Chacun sa lobotomie. J'ai choisi la mienne.

 

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Et fière de l'être...

 

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23/07/2012

Adieu ELLE

ELLE a été le journal de mon enfance, au même titre que Spirou, Pilote ou les premiers Marvel et DC comics importés en France.

Ma maman le lisait toutes les semaines, et je lui piquais. ELLE a fait une partie de mon éducation de modeuse voire de femme tout court.

Bien sur à l'époque, dans les années 60, les articles étaient plutôt du genre "faire un boeuf mironton à votre mari avec les restes" "comment coudre une barboteuse pour bébé" ou "le pantalon en ville, pour ou contre ?"

N'empêche. Au milieu des informations destinées à aider la parfaite maîtresse de maison, il y avait des articles qui parlaient avortement, contraception, égalité des salaires, viol et défense des droits de la femme en général.

Rédigés parfois par des pointures de l'écriture ou de la littérature. Je me rappelle encore notamment de certaines pages de Régine Desforges. Ou d'autres.

Et des pages création qui savaient mettre en avant des créateurs ou des designer pointus, voire d'avant-garde.

Je n'hésite pas à la répéter, ELLE a vraiment contribué à mon éducation artistique. Ce n'est pas la seule source, loin de là, mais une façon plutôt agréable d'aborder le design et la création.

Jusqu'à il y a quelques mois, je feuilletais le magazine régulièrement, que ce soit en l'empruntant ou en l'achetant pour les vacances et autres trajets en train et en avion...

C'était d'ailleurs un des derniers féminins sur lequel je jetais un cil, vu le niveau assez calamiteux, voire l'ineptie totale des sujets traités dans cette catégorie de presse. 

Les chroniques du Dr Aga ou le billet hebdo de Fonelle avaient même cette qualité suprême de me faire sourire, voire rire aux éclats, en plein milieu de mon salon ou de lieux publics au grand désarroi des personnes présentes.

Jusqu'à il y a quelques mois... Et une subite accumulation de sujets idiots. 

Ne parlons pas des rubrique mode et leur sempiternel "petit accessoire indispensable à 450 euros seulement".

C'est un peu le passage obligé du genre.

Et les pages mode sont aussi là pour faire rêver Germaine. Bon.

Mais quand l'article se veut plus fouillé ou plus sérieux et qu'on frôle l'accident industriel, c'est plus problématique.

Et des accidents industriels, il y en a eu plus d'un récemment.

Du panégyrique de Valérie Trierweiller (une grande fille toute simple, comme nous toutes), aux conseils d'injections d'acide hyaluronique à 35 ans - après tu es vieille, c'est trop tard, et il vaut mieux ressembler à un mérou qu'à une vieille pomme ridée, c'est clair -, en passant par l'inénarrable "les assistantes parlementaires passent leur vie à genoux sous les bureaux", et des conseils pour ressembler à une chaudasse c'est un festival de sujets tous plus fouillés les uns que les autres.

Fouillés surtout avec un balai de chiottes, dirons-nous.

Et je ne te parle pas du désormais très populaire "les femmes noires s'habillent comme des cailleras à capuche, mais c'est tellement cool"  qui a beaucoup amusé mes copines, toutes couleurs confondues.

Et les femmes en général d'ailleurs. Au vu du tollé causée par le sujet. Tollé en réponse duquel la rédaction s'est mollement défendue par un "meuh non, vous vous méprenez, ce n'était pas du tout notre intention de blesser qui que ce soit".

Ce qui prouve bien la déconnexion totale des journalistes coincées dans leur bulle parfumée d'une rédaction repliée sur elle-même et pour qui sortis des 7ème, 8ème et 16ème arrondissements de Paris, le monde est une jungle avec des gens cro cro mal élevés et sans aucun goût artistique.

Et puis, cette semaine....

 

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Oui, tu lis bien ce que je te montre en haut du sommaire à gauche un article tout à fait essentiel sur "La pipe, ciment du couple"

Même pas un doute, un titre du genre "la fellation améliore-t-elle vos relations de couple" ? Non. Une affirmation. 

Mets-toi à genoux et suce, ma fille, tu garderas ton homme.

Puisque tu ne cuisines plus, il faut bien compenser par autre chose.

J'aime assez à penser que les rédactrices du journal qui ont commis ceci savent assez peu de quoi elles parlent, pénurie de ciment oblige.

Regarde leurs têtes, tu vas comprendre.

Ce qui m'exaspère le plus est le discours offusqué et néo-féministe tenu par la rédaction, qui organise volontiers des séminaires sur le sujet (notamment lors de la campagne présidentielle), alors que le journal se contente de caser un vague article féministe de temps à autres au milieu d'une avalanche d'articles de plus en plus putassiers et racoleurs

Hélène Lazareff, la fondatrice, doit se retourner dans sa tombe. 

Je garde un vague espoir que ceci est lié à la pression du chiffre des ventes du journal. Et des consignes du groupe propriétaire. Mais j'ai comme un doute à ce sujet.

En attendant l'article sur la pipe est l'érection qui fait déborder le coït.

Après ce sera quoi ? "La sodomie au bureau, mode d'emploi, un sujet de fond" ? 

Je vais me dispenser de lire ELLE désormais. Sans regret, et sans me retourner. Ainsi que le reste de la presse féminine d'ailleurs.

Pour tout te dire je préfère d'ailleurs désormais lire la presse masculine.

Ouvre GQ par exemple,  tu vas voir, c'est plutôt bien fichu et agréable à lire. 

Je signale d'ailleurs à la rédaction que j'attends le pendant de l'article de ELLE pour rétablir l'équilibre : "fais plaisir à ta meuf, descend à la cave"

Allez les garçons, on se motive.

06:00 Publié dans Actualités, Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (35) | Tags : elle, article, presse féminine, gq | |  Facebook | |  Imprimer | |

10/07/2012

Je ne te remercie pas

J'ai longtemps, longtemps hésité avant d'écrire ce billet.

Faire rire, c'est facile et protecteur.

Exposer ses failles, se mettre à nu, c'est beaucoup plus difficile, surtout pour moi.

Je vis en permanence enfouie sous une triple couche de protection, voire une quadruple que je n'enlève quasi jamais même par forte canicule.

A tel point que la couche de protection a quasiment pris le pas sur la nature profonde. 

Et je me suis dit que, peut-être, il était temps, plus que temps de la faire un peu ré-émerger cette nature profonde.

Au prix de la sueur, du sang et des larmes, éventuellement, mais il y a toujours un prix à payer ...

Donc je ne te remercie pas, toi, le petit branleur qui m'a dit il y a environ 35 ans "sortir avec toi ? Ah non, regarde-toi, t'es un boudin".

Et qui a définitivement fini d'achever le peu de crédit que j'accordais à mon physique, si jamais je lui ai accordé un quelconque crédit.

Jusqu'à encore aujourd'hui. 

Car si je suis assez fière de mon intellect,  non, je n'aime pas mon physique.

Je ne l'accepte pas, je le trouve même à la limite de la laideur par moment

Lui qui n'est jamais rentré, et ne rentrera plus jamais à ce stade, dans les canons de beauté communément admis.

Petite, trapue, musclée, des jambes courtes, un derrière proéminent, un visage taillé à la serpe, des cheveux d'une couleur naturelle terne, incoiffable sans un brushing de compétition, très peu de choses, sinon quasiment rien ne trouve grâce à mes yeux dans cet ensemble hétéroclite de parties qui n'ont pas l'air d'être faites pour aller ensemble.

Il y a même des jours ou je commet l'exploit de me maquiller sans vraiment me regarder dans la glace tellement ce que j'y vois me déplait.

C'est totalement futile et superficiel, j'en conviens, mais ça m'a sérieusement pourri une bonne partie de la vie.

Parce que je suis une esthète, j'aime vivre entourée de belles choses, et les beaux physiques en font partie.

Malheureusement le mien ne rentre pas du tout dans cette catégorie.

Et que j'ai toujours eu l'impression totalement irrationnelle que les belles filles avaient une vie plus "facile".

Alors que pour séduire, voire pour attirer l'attention j'ai toujours été obligée de déployer toute une série de stratégies sophistiquées.

Je ne suis jamais celle qui attire les regards en priorité, je suis celle qu'on choisit parce que la jolie est déjà prise, ou inaccessible, ou parce qu'elle fait rire ou qu'on a trop bu.

Rien n'a pu me rassurer sur ce sujet, rien. Même pas les quelques succès amoureux que j'ai pu obtenir auprès de garçons puis d'hommes au physique plutôt avantageux, eux.

Jour après jour, le miroir est mon ennemi, la photo encore plus. Elle me renvoie à la froide réalité de traits et d'une morphologie qui sont mes ennemis.

Avec le temps, j'ai au moins appris à faire avec, à défaut de les aimer. Je sais ce qui me met en valeur et ce qui me désavantage, c'est déjà ça...

Me réconcilier définitivement ? Impossible. La faille est trop profonde, j'y ai renoncé.

Les failles aussi, on apprend à vivre avec, au fur et à mesure du temps.

J'espère juste, par esprit de revanche, que le petit branleur qui m'a, sans même réfléchir, marquée pour la vie il y a quelques décennies, est un quinquagénaire bedonnant et chauve, divorcé et pourvu d'une deuxième femme ennuyeuse qui veut absolument lui faire souscrire à une assurance vie et acheter une résidence secondaire à la campagne.

Et que, suprême revanche des filles pas très avantagées, l'âge m'ayant un peu épargnée par rapport à certaines de mes contemporaines, c'est lui qui aujourd'hui se ferait jeter d'un très sec "casse-toi pauvre type" si nous étions amenés à nous croiser.

Oui, j'aime assez cette idée.

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 J'étais un joli bébé pourtant, ça n'a pas duré....

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : beauté, laideur, physique | |  Facebook | |  Imprimer | |

22/06/2012

En mode doigts de pieds en éventail

On est quasi fin juin.

Et je suis en vacances d'été.

Curieuses vacances prises maintenant pour des tas de raisons trop barbantes à expliquer. Sans plans, sans idées préconçues et sans trop de sous.

J'ignore quasi-totalement si je vais partir ou pas. Pendant presque 30 ans j'ai organisé, retenu, planifié, comparé, choisi, des vacances.

J'en ai soupé de la prévision vacancière.

J'en ai soupé de la prévision et de l'organisation en général. Je déjà une bonne partie de ma vie pro  à organiser. 

Je n'organiserai donc plus rien du tout.

Je réclame le droit à la désorganisation totale.

La désorganisation apporte son lot de bonnes et de mauvaises surprises certes. Genre réserver le billet du siècle à - 75 % pour les USA et s'apercevoir que son passeport est périmé à J-24 heures.

Mais, avec le recul, pas plus et pas moins que l'organisation, en fait

Que ceux d'entre toi (je supprime le vous de la langue française par décret du gouvernement) qui n'ont pas préparé un séjour méticuleusement, étape par étape, pour qu'il soit parfait et qui ont vu leurs rêves réduits en cendres par une gastro fulgurante lié à la consommation d'un plat local, délicieux certes, mais bourré d'amibes, me jettent la première pierre.

Au moins, avec la désorganisation, tu n'as pas de déception liée à l'anticipation du séjour. Tu vois sur place. Tu n'attends rien d'extraordinaire.

Parfois ce n'est pas extraordinaire, bon, ok.

Parfois c'est la divine surprise et tu as le double combo de "ah j'ai trouvé le truc à la dernière minute" et "c'était génialissime et pas cher"

De quoi frimer en société pendant plusieurs années dans les diners en ville.

Désorganisation ou pas, voyage ou pas, je vais me mettre en mode formule été.

Y compris sur ce blog. Qui sera lui aussi totalement désorganisé. Tu auras la surprise d'avoir un billet... Ou pas. Et éventuellement qu'il soit extraordinaire... Ou pas.

Ce sera à l'inspiration du moment. 

J'ai aussi du billet de gentils sponsors qui m'invitent à des soirées en retard. Ne crie pas. Les invitations avec des gens qui t'accueillent gentiment, des petits fours, des découvertes, des copines  et du cocooning c'est bien tu sais... En plus ça fait baver d'envie les copines IRL. C'est tout bénef.

Et si tu es sage je te ferai du billet sesque, tiens. Je sais que tu aimes ça. Tu es coquin mon lectorat. L'été c'est le bon moment pour les galipettes. 

J'enfile donc mon boubou sénégalais et, mauvais temps ou pas, je décide qu'il fait beau et chaud.

Je déclare officiellement ouvert la saison balnéaire.

On se boit un cocktail au bord de la piscine ?

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 Et cette photo est de moi. Incroyable, non ?

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : vacances, organisation | |  Facebook | |  Imprimer | |

19/06/2012

Enlevez-moi le cerveau

Non pas qu'il tienne une place extraordinaire tu sais..

Je suis une fille, blonde et très peu neuronée, faut pas me demander de réinventer le carré de l'hypothénuse.

A priori je suis la débile de service à tous les tests de QI.

Ah juste, nota bene, mon oncle qui était une pointure de la physique et qui a contribué à développer la fibre optique était aussi le débile de service à tous les test de QI.

Un jour je te ferai un billet sur mon incapacité à faire quoi que ce soit, entravée que je suis par le poids de mes ascendants maternels tous BEAUX ET TALENTUEUX.

Mes ascendants paternels étant tous totalement BRINDEZINGUES en revanche.

Ca fait une moyenne.

Mais revenons à nos kangourous. (le kangourou étant le mouton de l'hémisphère sud)

Je voudrais qu'on m'enlève le cerveau.

Cet organe me torture.

Car il tourne, en boucle, tout le temps, en permanence, sans aucun répit. 

Là-haut c'est pire qu'une rame de métro un jour de grève de la CGT.

Les idées se bousculent, se téléscopent, s'affrontent, se cognent, partent, reviennent.

En permanence.

C'est épuisant. Même au niveau du langage, j'ai une furieuse tendance à ne pas finir mes phrases parce que mon cerveau est déjà passé à l'idée suivante.

Parfois même je perds le fil de mes propres histoires, laissant mes interlocuteurs hébêtés, plantés au milieu de nulle part.

Voire je passe pour Alzheimer quand au milieu d'une longue tirade, je leur sors "qu'est-ce que je disais déjà" ?

Ce n'est pas tant que je vire à mamie gaga. C'est juste que mon cerveau est déjà loin, bien loin de ce que ma bouche était en train d'énoncer.

C'est épuisant.

A la fois parce que tu as l'impression d'avoir en permanence une cocotte minute sous le crâne.

Et également parce que plus personne ne veut t'écouter.

En plus tu passes pour une dingue parce que tu parles toute seule.

Et oui, il faut bien évacuer la pression intra-cranienne, sinon il y a risque d'embolie.

Ma vie est misérable. Si encore j'inventais des choses valables intellectuellement ou lucratives, mais même pas.

Je n'arrive à inventer que des imbécilités. Qui font rire mes contemporains, certes, mais ne me rapportent pas grand chose.

Je voudrais arrêter de turbiner du bulbe, je n'en peux plus.

Je suis prête à tout essayer : la lobotomie, le congélateur, la drogue, les films de Bergman, les épinards et même le FOOT si ça peux aider.

Quoique.

Au foot je suis capable de m'arrêter au milieu du terrain en criant "mais où je courais déjà" ? 

Le coach risque de ne pas aimer.

 

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En illustration symbolique, ça pourrait donner ça, effectivement...

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cerveau, idée, pensée, vitesse | |  Facebook | |  Imprimer | |

12/06/2012

Je ne suis pas sure du tout que dieu existe....


... En revanche mon ange gardien est très efficace.
 
 
En toute personne cartésienne il y a une part d'irrationnel.
 
C'est ce qui fait la beauté et parfois l'imbécilité de la nature humaine.
 
Ta serviteuse qui a les deux pieds dans le même sabot fermement enfoncé dans le sol, malgré une apparence parfois totalement déjantée,  est la dernière à croire au bimbeloteries ésotériques du style horoscopes, extraterrestres, méditation transcendentale, fantômes, au-delà ou être suprème qui nous regarderait d'un cil bienveillant.
 
A chaque fois qu'un crétin me demande "tu es de quel signe ?" je réponds "fox à poil dur" de mon ton le plus méprisant.
 
Puis je le tue.
 
Il n'avait qu'à pas poser la question.
 
Et pourtant.
 
J'ai parfois l'impression diffuse et totalement hors de propos et de toute logique matérialiste que quelqu'un ou quelque chose veille sur moi et m'empêche de faire une connerie monumentale, ou me protège lors de situations difficiles, ou encore me sauve la mise alors que je cours vers une catastrophe certaine.
 
Je ne compte pas le nombre invraisemblable de fois où on m'a rapporté des affaires perdues sans lesquelles j'aurais pu me retrouver très embêtée. Notamment une carte d'identité, semée devant l'entrée de mon immeuble, la veille de partir en vacances et qu'une bonne âme est venue me rendre jusqu'à mon appartement. Et sans laquelle j'aurais regardé ma famille partir pour 3 semaines sans moi.
 
Ou encore la main ferme et secourable qui m'a agrippée et relevée lors d'un concert, m'empêchant de finir écrasée sous un mouvement de foule qui a vu plusieurs personnes partir à l'hôpital.
 
Et que dire de la petite voix qui m'a détournée du saut que je voulais faire chez Tati, le jour de l'attentat de la rue de Rennes. 
 
Ou de celle qui m'a conseillé d'aller aux urgences alors que je n'étais pas au plus mal. Et qui m'a probablement sauvé la vie.
 
Des exemples de cet ordre, j'en ai des dizaines.
 
Encore hier, un achat de parfum Lutens (oui, je baigne dans le luxe) que je croyais perdu a resurgi de façon magique sur mon bureau. Je l'avais oublié dans les transports. Une collègue s'en est aperçue, l'a ramassé,  et après l'avoir elle aussi oublié pendant quelques mois  me l'a restitué.
 
Et retrouver un parfum qui vaut un rein, ça fait drôlement plaisir, je te prie de me croire.
 
Appelle ça hasard, prémonition, chance, destin, comme tu veux.
 
Moi je préfère penser que destin  a deux ailes dans le dos, qu'il s'appelle Sven, qu'il fait 1,85 et qu'il a des muscles et des tatouages.
 
(ben quoi, il est pas bien mon ange ?)
 
C'est rassurant et très doudou.
 
Et je vais même te dire un truc qui pourrait me conduire directement à Sainte-Anne sans passer par la case départ : 
 
parfois je lui parle. 
 
J'ai l'impression que ça le fait rire.
 
Il rit sans bruit en faisant juste un petit déplacement d'air qui fait bouger mes cheveux. 
 
En revanche Sven, tu es super choupi, mais il serait temps de passer à la vitesse supérieure. 
 
Tu me retrouves mes trucs perdus et tu me tiens la tête quand j'ai trop bu, ok, mais tu pourrais aussi me faire gagner au loto.
 
Je ne demande pas la super cagnotte, juste quelques millions d'euros (ou de francs si on y revient, va savoir)
 
Et là je t'assure que je ne t'embêtes plus.
 
J'aurais des assistants pour me faire traverser la rue et m'empêcher de faire un coma éthylique. 
 
Tu pourras partir en vacances.
 
Mais tu vas me manquer 
 
 
(et quel est l'imbécile qui a raconté que les anges n'avaient pas de sexe ?  Evidemment c'est totalement faux)

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 Sven ressemble grosso-modo à ça. En blond. Et non il est hors de question que je vous donne son 06

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : ange gardien, protection, esotérisme | |  Facebook | |  Imprimer | |

11/06/2012

J'ai une photogénie de vache en talons de 12

La vie est profondément injuste.

Hormis le fait que certaines mesurent 1,75, avec de longues jambes, des cheveux soyeux et aucun problème de cellulite rebelle, on peut les prendre sous n'importe quel angle en photo, y compris le matin au réveil après une nuit de beuverie, elles seront radieuses.

Et auront des souvenirs de leur passé joyeux et harmonieux à montrer à leur descendance lors des soirées au coin du feu.

Pour ma part, tu peux me prendre sous n'importe quel angle même avec une couche de maquillage épaisse comme la muraille de Chine, et un photoshop dopé à la kétamine, je ressemble à tout sauf à un être humain.

Mon visage reste désespérément hermétique à la lumière.

Et se crispe à la vue du moindre objectif dans un périmètre rapproché.

En revanche, mes plis, rides, poches et cernes prennent très bien la lumière, eux.

Le résultat imprimé sur pellicule donne me donc généralement une tête qui pourrait être un croisement harmonieux entre une jument et un pittbull.

Alors que dans ma tête j'ai évidemment un visage de princesse.

Sauf que visiblement c'est juste dans ma tête :  marraîne la fée avait copieusement arrosé ma naissance au mojito et, au lieu de me donner la tête de ma mère qui était un canon intersidéral, m'a collé les traits du côté paternel. 


Me voir en photo me met face à l'évidence. Et à la froide et cruelle réalité.


Je n'ai pas une tête de princesse mais bel et bien celle d'une jument croisée avec un pittbull. 


Qui a de plus un sourire crispé et le visage figé par l'angoisse d'avoir aperçu un objectif qui va le figer pour l'éternité.

C'est un cercle vicieux : plus je me déteste en photo, plus je me crispe à la vue d'un appareil, plus j'ai la tête de travers, plus le résultat est calamiteux. Et plus je me déteste en photo.

Je refuse la plupart du temps qu'on me prenne et quand parfois on insiste, je refuse la plupart du temps de voir le résultat.

Même les quelques séances faites avec un photographe pro et la bonne lumière me laissent toujours pétrifiée.

J'en ai encore fait la désagréable expérience samedi lors d'une séance photo. Un joli cliché noir et blanc,  que je me suis empressée d'enfouir au plus profond d'un tiroir.

Dessus j'avais l'impression de ressembler à un mix de Josiane la terreur des balkans, catcheuse professionnelle et de la fille d'Hannibal Lecter.

Maintenant je comprends pourquoi je fiche la trouille aux gens.

C'est désespérant. D'autant plus que tout le monde dans mon entourage immédiat pourrait faire la couverture de Vogue, sans maquillage et sans retouche, y compris après 3 jours sans sommeil et une cuite carabinée.

Mes ascendants, collatéraux et ascendants ont TOUS sans exception une photogénie qui renverrait Brad Pitt à servir des hamburgers dans un Mc Do.

Sur les photos de famille, je suis la SEULE à faire mocheté de service.

J'en ai plus qu'assez. 

Je vais donc refuser toute photo à partir de désormais.

Au moins je pourrais être belle dans ma tête. 

C'est un bon début.

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Pourtant samedi, ça partait bien, le studio photo était superbe !!!

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : photo, séance, photogénie | |  Facebook | |  Imprimer | |