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04/06/2010

Touche pas à mon Roland Garros


Je ne suis habituellement ni conservatrice ni traditionnaliste.


Ce n'est pas parce qu'un truc a plusieurs siècles qu'il est forcément bien. Regardez l'opéra Garnier à Paris. Ce bâtiment est ancien certes mais ressemble surtout à une immonde meringue que je dynamiterais volontiers si on m'en laissait le loisir.


Mais il y a des choses auxquelles on ne touche pas : comme le chocolat noir 70 % de cacao, le thé earl grey, la petite robe noire et... Roland-Garros, sa terre ocre, ses bâches vertes et blanches et ses joueurs Suédois musculeux.


Or qu'apprends-je ? On voudrait délocaliser le tournoi, faute de place vers des contrées hostiles comme Versailles ou, pire, Mickeyland ??? On entendrait alors l'arbitre égrenner ses "15-30" au milieu de la parade de la belle au bois dormant ??


Alors là je dis carrément : NON.


Vous ne me mettrez pas mon Roland-Garros chez les barbares. Et je dis bien MON Roland-Garros, parce que j'ai une affection particulière pour ce tournoi et ce lieu.


Dans les années 70, ma meilleure amie s'est mise au tennis et m'y entraînée avec elle (dans le public, pas dans la pratique). J'ai appris à savourer le bruit des balles, le chuchotement du public, à apprécier les tactiques de jeu, à différencier les "crocodiles" (joueurs de fond de court) des attaquants, alors que je n'y connaissais strictement rien au départ.


Et surtout, surtout, j'ai des souvenirs géniaux de coups de soleil, de coups de froid, de camping dans des gradins en béton pas toujours pleins et pas encore numérotés ou tout le monde ramenait coussins et glacières. Et où on lorgnait sur les loges avec envie. De hoooo, de haaaaa, de terre sur les maillots, de matches interminables, de bandeaux dans des cheveux longs. Et des joueurs. Qui avaient moins de sponsors à honorer et s'amusaient sur le court. Et qu'on pouvait frôler dans les allées, sans gardes du corps et sans attachés de presse. Des pitreries de Nastase, des revers de Borg l'extraterrestre, des colères de Connors, des rages de Mc Enroe, des jupettes de Chris Evert, de Noah tout minot, d'une finale Vilas-Wilander qui n'en finissait plus et qui verra la première grande victoire du jeune prodige Suédois en laissant les spectateurs quasiment aussi épuisés que les joueurs.


Ma nature n'étant pas celle d'une chasseuse forcenée d'autographes ni de photos,  je n'ai pas gardé de souvenirs concrets de mes jolies rencontres tennistiques. Pourtant j'en ai eu plein. Mon souvenir le plus marquant ? Avoir pu échanger quelques mots avec Borg et serrer la main du dieu Suédois. Peut-être l'origine de ma compulsion obsessionnelle pour les vikings.


Mon rêve de loge a fini par se réaliser un jour. Longtemps après cette époque. Il y a quelques années j'ai eu la chance d'accompagner un VIP de ma société de passage à Paris qui voulait absolument assister au tournoi. J'ai adoré ce moment bien sur.. Mais évidemment je n'ai pas retrouvé l'ambiance que j'avais connue. Plus de monde, plus de sponsors, plus de formalisme.


Mais quand même, la vieille dame avait encore de beaux restes. Et j'aime toujours ses allées, ses courts, son bois tout proche, ses coins et ses recoins.


Délocaliser le tournoi serait pour moi un crève-coeur. Et probablement la fin d'une belle histoire d'amour.


Car décidément, Roland-Garros ailleurs qu'à Roland-Garros, ce n'est plus Roland-Garros.


Point barre.

 

 

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06:00 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (48) | Tags : roland garros, borg, mc enroe, nastase, connors, noah, wilander, vilas, chris evert | |  Facebook | |  Imprimer | |