Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/06/2009

Amis de la psychothérapie, bonsoir

Ce week-end j'avais fait une vague note de clampine - histoire de meubler - en évoquant l'angoisse permanente qui est ma meilleure amie.

A ma grande surprise des personnes diverses et variées m'ont encourager à développer.

Certes cette note n'entre pas dans mon registre habituel, mais je n'aime pas être mise dans une case. Si je suis très à l'aise avec un registre tagada pouet pouet, j'aime aussi parfois aborder des rivages plus difficiles, qui peuvent en dérouter certains.

Donc aujourd'hui, voici le côté obscur de Manu.

D'aussi loin que je puisse me souvenir, elle a toujours été là.. Ma meilleure copine, ma soeur, mon double : l'angoisse..

Il faut dire qu'avoir dans ses gênes des générations de gens persécutés, chassés de leur pays, pogromés et transformés en savon, ça n'aide pas... On a toujours le réflexe atavique de regarder rapidement autour de soi pour voir si un uniforme hostile n'entre pas dans votre champ de vision.

Même gamine, mon cerveau a toujours été en ébullition permanente avec des "et si.." : et si le pont sous lequel je passe s'écroule, et si mes parents ne m'aimaient plus, et si je n'étais pas belle, et si je n'étais pas intelligente, et si j'allais mourir...

Sans jamais avoir de réponses, évidemment, les "si" défilaient trop vite dans ma tête l'un chassant l'autre..

Les si se sont multipliés avec la crise existentielle de l'adolescence et avec elle sont arrivées les premières manifestations physiques : claustrophobie montante et manifestations d'une tétanie naissante.

Et plus j'avançais en âge, plus les signes augmentaient en nombre et en intensité. Jusqu'à faire ma première vraie crise d'angoisse après la naissance de mon fils aîné.

Car oui, depuis que mes fils sont nés, elle est là quasiment en permanence, tapie au creux de mon estomac. Sournoise, torturante, ... la bête..

Elle s'empare de mon estomac, le serre dans ses griffes, le retourne puis remonte dans ma gorge en une boule qui m'empêche de respirer pour redescendre dans mes membres qu'elle tord à sa guise.

Parfois, comme un dompteur de cirque, j'arrive à la maîtriser, je crie "COUCHEE" et elle retourne se tapir dans mes entrailles.

D'autres fois, moins souvent d'ailleurs, c'est elle qui gagne. Elle me met KO et me transforme en pauvre petite chose pathétique et paumée. Je n'ai pas d'autre choix alors que d'appeler à mon secours les merveilleuses inventions de l'industrie pharmaceutique. Je vous rassure, les pilules qui font rire restent quand même très occasionnelles.

Mais j'en ai toujours à portée de main au cas où. Car cette saleté m'a quand même cueillie par surprise au moment où je ne m'y attendais pas du tout.

Par exemple : vous êtes dans un repas de famille, tout va bien, et hop au moment du dessert, vous vous tétanisez sous les yeux de tata Micheline horrifiée pendant que votre meuri (qui commence à avoir l'habitude) appelle SOS médecin sur son portable.. SOS médecin qui arrive d'ailleurs pour vous faire une piqûre de valium salvatrice et ventiler tata Micheline qui a fait un début d'arrêt cardiaque.

Ambiance..

Mais ce n'est que le côté spectaculaire. L'angoisse quotidienne, si elle se voit moins est tout aussi redoutable..

Cependant, je disais en tête de note qu'elle était aussi mon amie. Pourquoi ?

C'est paradoxal, mais mon angoisse ... J'y tiens. D'abord elle fait partie intégrante de ma personnalité. Vous imaginez vous une Manu zen et sereine au lieu du zébulon énervé qui s'agite sous votre nez jour après jour ?

Certainement pas, et moi non plus.

Et puis l'angoisse est ... Créative. Oui, absolument. Les angoissés ont 3000 idées à la seconde car leur cerveau n'est JAMAIS au repos. Et quand je dis JAMAIS c'est jamais. Par exemple, il m'est arrivé de me réveiller en pleine nuit en me disant "et si....".

Et oui, le fameux "et si..."

C'est pourquoi, la plupart des grands artistes ont souvent une composante anxyolisante non négligeable..

Sans vouloir avoir du tout la prétention de me hausser à ce niveau,  je peux quand même affirmer que quand mon entourage cherche une idée créative, vers qui se tourne-t-il  ? A votre avis ?

Autre bonus : l'angoissé est un radar. Hypersensible, il "sent" à l'avance les catastrophes qui risquent de s'abattre sur ses chaussures. Ce qui est quand même hypra-pratique pour parer les coups.

Dernier avantage, non négligeable, l'angoissé est un genre de couteau suisse de la vie. Tellement stressé par ce qui RISQUE de lui arriver qu'il a toujours un plan B en cas de cata, et un plan C pour doubler le plan B, etcetera jusqu'au plan Z.

Vivez avec un ou une angoissé et vous aurez toujours une solution à tout. Avec crise de tétanie à l'appui, mais solution quand même.

On m'a déjà conseillé une psychothérapie pour juguler cet état d'anxiété. Peut-être. Mais je doute qu'un psy m'aprenne autre chose que je ne sache déjà.

Peut-être un jour, quand je ne pourrais plus maîtriser le fauve, au lieu de me bourrer de cachets, oui, je chercherais une solution alternative.

En attendant je vis avec, plutôt pas mal d'ailleurs..

angoisse.JPG

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (49) | Tags : angoisse | |  Facebook | |  Imprimer | |

31/05/2009

Anxiety is my best friend

Vous avez de la chance,

Vous avez échappé à une note totalement sinistre et déprimante sur l'angoisse.

Mais je me suis dit que vous n'aviez pas l'habitude et que certains (les plus fragiles) risquaient le choc anaphylactique.

En plus quelqu'un m'a fait remarquer que j'allais pourrir le week-end de Pentecôte.

Enfin dites-moi quand même si vous voulez que je l'écrive cette note.

Parce que je connais bien le sujet.

Anxiety is my best friend.

En attendant, pour continuer ce week-end commencé sous le signe de la musique, et pour prolonger cet état bougonno-végétato-mélancolique causé par le soleil, les gens qui s'affalent en terrasse, les barbecues dans les jardins des pavillons de banlieue et le fait que je n'ai trouvé aucun moyen pour me faire inviter à Roland-Garros, je vous oblige à regarder une de mes récentes découvertes (enfin à moi et à plein de monde visiblement).

Il est passé hier soir dans l'excellente émission de Manu Katché sur Arte "One Shot Not", mais je l'avais déjà écouté AVANT !

Car je suis précurseuse de tendances ... et angoissée de l'être : il faut que je me maintienne à la hauteur de ma réputation..

Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, c'est l'heure de ma piqûre de Valium..

 

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : angoisse, fredo viola | |  Facebook | |  Imprimer | |