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01/08/2011

L'incroyable Hulk

Malgré un clapet inversement proportionnel à ma taille (naine = gueule de pittbull) je suis "physiquement" assez peu courageuse. Ne me demandez jamais de faire du saut à l'élastique, du parapente, de sauter en parachute voire de monter dans space mountain ou d'affronter un hamster féroce à mains nues sous peine d'avoir le spectacle peu glorieux d'une petite dame pousser des cris hystériques de terreur.

 

Cependant, même si mon trouillomètre se met à zéro à la moindre alerte, il y a quelques chose qu'il ne faut jamais, jamais faire.

 

Pose la main sur moi et je me transforme en un genre de truc incontrôlable et vociférant, prêt à enfoncer ses canines dans la cuisse de Sebastien Chabal lui-même...

 

Je ne supporte pas qu'on franchisse le périmètre de sécurité physique (ou mental d'ailleurs, mais c'est un autre sujet) établi par moi-même autour de moi-même.

 

La première fois que je m'en suis rendu compte j'étais chez nos amis grands-britons en séjour normalement linguistique. En fait de linguistique j'ai beaucoup pratiqué l'autochtone et les coutumes locales (se mettre à la rue comme disent nos amis djeuns cf. le très intéressant lexique moderne de la gueule de bois des inrocks)

Enfin bref.

Nous étions avec ma bande de copains anglais dans un pub sympathique mais pas très recommandable aux yeux des ligues de vertu. Un des clients un poil éméché ayant trouvé l'idée de faire avaler la pompe à bière à un autre, les copains du second, n'appréciant pas la démarche avaient commencé à lui expliquer à coup de pintes de bière fracassée sur le crâne que la violence c'est mal.

Ce qui avait évidemment déclenché une bagarre générale.

Dans une ambiance de fin du monde où absolument tout (bouteilles, tables,chaises, gens) passait à l'horizontale, un de mes copains me pousse derrière une table où je me recroqueville plus pétrifiée que l'obelisque de la place de la concorde.


Au bout de quelques minutes qui me paraissent une éternité et où j'ai l'impression que tout se passe au ralenti (marrant la perception du temps et de l'espace en situation de crise), je n'y tiens plus et, hystérique de trouille,  sors de mon abri de fortune.

C'est là que ma route, déjà entravée par des cadavres de bouteilles et d'humains se trouve barrée par un croisement entre Voldemort (pour la tête), le videur du Macumba à Mimizan-plage (pour le volume), et le catalogue complet de la redoute (pour les tatouages)

Qui cherchait visiblement à briser un ou deux fémurs pour se défouler.

Dont les miens.

C'est là que le type a commis une énorme erreur. M'agripper par le bras.

A ce moment précis, j'ai comme un trou noir. Tout ce dont je me souviens c'est que mon cerveau reptilien a enclenché la pompe à adrénaline et que dans un réflexe totalement barré j'ai projeté ma tête en avant... 

Mon occiput est venu percuter son menton, administrant à mon adversaire ce qu'on appelle communément un "coup de boule" magistral.

Ensuite c'est un peu confus. J'ai un souvenir mêlé de chute, de cris, de sang, et de bousculade ou quelqu'un me projette hors du lieu du crime.

Mais pas de douleur, effet secondaire du rush d'adrénaline, bobo = zéro.

Je me suis réveillée sur un trottoir entourée de mes copains dans des états de fraîcheurs diverses qui me regardaient bizarrement.

J'ai compris après quelques minutes que d'un je saignais un poil du crâne et que de deux j'avais étalé un type qui faisait environ deux fois mon volume.

C'est à ce moment que Hulk est redevenu Bruce Banner et que je me suis mise à trembler de façon irrépressible en réalisant que retrospectivement j'aurais pu me faire démonter la tête et le reste.

Le tremblement a duré toute la nuit et une bonne partie de la journée suivante. A tel point qu'il a fallu quelques jours pour que je puisse à nouveau réagir autrement que comme un écureuil psychotique et passer le seuil d'un pub bondé.

 

Cet épisode n'a malheureusement pas été unique puisque j'ai distribué par la suite un nombre certain de beignes et gifles diverses chaque fois que quelqu'un s'est avisé de porter la main sur moi. Au péril de ma propre sécurité. Car je me suis pris à plusieurs reprises quelques baffes en retour.

Ce qui ne contribue pas à me calmer bien au contraire.

 

Il faudrait peut-être qu'un jour je me mette au Krav Maga (sport de combat particulièrement redoutable mis au point par l'armée Israélienne) pour éviter ces petits inconvénients.

En attendant, en temps ordinaire, je suis gentille, hein, faut pas croire ...

Enfin sauf si tu me touches.

hulk3-2.jpg

 

Merci à PRLand qui m'a remis cet épisode en mémoire avec son dernier billet

10:08 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : hulk, bagarre, coup de boule, adréline | |  Facebook | |  Imprimer | |