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11/04/2013

Est-ce que je n'aime plus le cinéma ?

Avec un grand-père photographe de plateau et un père cinéphile, je suis un peu née avec une bobine de film dans le sang.

Enfant, je ne loupais pas un dessin animé ou un classique français ou étranger  que ce soit en salle ou à la télé. Et nous avions avec mes parents de longues conversations de critiques amateurs post-visionnage  sur les toiles vues tous ensemble.

Ado, les salles obscures étaient ma deuxième maison et le ciné-club mon ami. Je crois avoir ratissé large du film grand public aux ovnis expérimentaux des années 70. En passant par le film social, d'auteur, de genre, enfin quasiment tout ce qui pouvait se visionner sur un écran grand ou petit format.

Et oui à l'époque, jeune padawan, même si ça te parait extra-terrestre on avait MEME pas de magnétoscope ni de cassette vidéos. Encore moins de DVD ni de VOD.

Il fallait SORTIR pour se faire un cinoche.

Je me rappelle encore des claques régulières que je prenais en salle. Des moments où scotchée à mon fauteuil inconfortable le plus souvent je pensais "ah waou" dans ma tête en sentant bien que mes voisins étaient sur la même longueur d'onde. De la chasse à la VO. Des cinémas de quartier. Des salles d'art et d'essais. 

J'ai vu des films à leur sortie devenus mythiques aujourd'hui, et d'autres qui sont complètement oubliés, mais qui m'ont quand même apporté de la joie, du plaisir, de l'émotion sur le moment.

Et j'ai longtemps, très longtemps ressenti encore cette claque, ce plaisir visuel et presque charnel qu'on peut avoir à partager une émotion sur grand écran avec toute une salle.

Jusqu'à il y a approximativement 5 à 6 ans.

Depuis ces dernières années, la claque cinématographique est une espèce en voie de raréfaction.

En déjeunant hier avec mes collègues, au cours d'une conversation portant sur le sujet, je me suis aperçue que j'avais peine à rassembler deux ou trois films qui m'avaient sinon marquée, au moins fortement plu sur l'année passée.

J'ai réussi à citer péniblement Argo, Royal Affair et Looper.

Essentiellement pour l'originalité des scénarios.

Pour le reste ? Déception après attente, ennui, ennui, et re-ennui. En vrac et parmi d'autres : Cloud Atlas ? Long, inégal et bof. Happiness Therapy ? Scénario vu, vu et re-revu. The Place Beyond the pines ? Long, trèèès long et dormitif. Inception ? (pas vu avant et visionné la semaine dernière). Pas rentré dedans. Prométheus ? Mitigé. Django ? Pas aimé DU TOUT. Batman ? Marion Cotillard. 

En résumé la liste des films qui m'ont laissé indifférente, voire plus si non-affinités est largement plus longue que l'inverse.

C'est à ce stade que je me suis auto-introspectée (heu, c'est un peu trop, là, je pense) en cherchant au fond de mon neurone de la blasitude, s'il était rempli.

Et il l'était plus ou moins, certainement.

On ne traverse pas près de 50 ans de pellicules sans avoir à un moment donné de plus en plus de mal à être étonnée, éblouie, subjuguée, bouleversée, émue. Surtout si les 50 ans comptent une certaine cargaison de chefs-d'oeuvres.

Mais, à ma décharge et en y réfléchissant un peu, essaye de ton côté de me citer les films que tu juges mythiques depuis disons, le début des années 2000.

Sachant que pour qu'un film soit jugé culte, il faut quand même quelques années de recul.

Pour ma part, spontanément, je n'en ai trouvé qu'un. Ou plutôt 3 : la trilogie du Seigneur des Anneaux. 

Attention, je te parle de de citation spontanée. Après face à une liste, il y a certainement d'autres titres qui te reviennent.

3 films en 13 ans. En spontané. Pas terrible.

Pour me conforter dans ma conviction, j'ai eu il y a quelques mois une conversation avec un professionnel de la profession. Qui m'a confirmé que les films coûtant tellement cher aujourd'hui, on tente de limiter les risques au maximum. Du coup on essaie de reproduire encore et toujours des formules qui fonctionnent. 

Pas de risque = pas d'audace = pas d'originalité = une impression d'uniformité.

Seule note positive dans cette tristesse cinématographie, la créativité n'est pas défunte.  Elle s'est juste déplacée. Sur les séries.

Elles sont moins chères à produire, on peut les arrêter en cours de route en cas de flop, on laisse plus de liberté aux réalisateurs. 

Du coup on trouve des petites pépites.

Je ne vais pas m'amuser à lister les nombreuses séries portées au firmament par des fans en état de manque entre chaque épisode et dont la dernière illustration est Game of Thrones. 

Tu peux faire ton top 10 tout(e) seul(e) dans ce domaine, ce n'est pas le choix qui manque, contrairement au grand frère cinéma.

Sinon j'ai pleinement conscience que ce billet fait "de mon temps, c'était mieux".

Non, ce n'était pas mieux, on s'emmerdait pas mal aussi, c'était différent, c'est tout.

Et il y a quand même encore des films que j'ai hâte et envie de voir et des bonnes surprises qu'on attendait pas du tout.

Je ne suis pas tout à fait rigidifiée. 

Pas encore.

 

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21/02/2013

La cartographie des nuages

Tu te rappelles forcément de Matrix.

La trilogie à laquelle personne n'a rien compris mais fait comme si parce que ça fait chic avec ses bagarres en slow motion avec plongeon arrière.

Bon, trêve de plaisanterie, c'est culte. Surtout le premier au scénario et aux trouvailles visuelles tellement hors normes pour l'époque.

Les deux suites étant plus discutables.

Depuis la fin de la trilogie il y a 10 ans les deux réalisateurs, les frères Wachowski n'avaient pas livré grand chose à part un film dans un univers digital "speed racer" qui n'avait pas connu un immense succès.

Ah si, l'un des deux frères était devenu une femme, pour la partie potins et compagnie. Mais tout ceci ne nous regarde pas.

Autant dire que leur nouvelle production "Cloud Atlas" annoncée comme ambitieuse était fortement attendue par les accros de la matrice.

Et ambitieux, le film semblait l'être. 2h45, trois réalisateurs, les deux frères-soeur plus  l'Allemand Tom Tykwer, à qui on doit Cours, Lola, cours,un voyage entre différentes époques, un casting impérial avec en tête Tom Hanks et Halle Berry.

De quoi se frotter les mains.

Ou les yeux plus exactement.

L'histoire

6 histoires se déroulent à travers le passé et l'avenir. Du 19ème siècle à un futur très lointain en passant par notre présent. Adam Ewing, un voyageur traverse l'océan Pacifique en 1849, Robert Frobisher, un musicien déshérité mène une vie précaire en Grande-Bretagne durant l'entre-deux-guerres, Luisa Rey, une journaliste suit un scandale dans une nouvelle centrale nucléaire en Californie dans les années 1970, Timothy Cavendish, un éditeur anglais doit fuir ses créanciers mafieux de nos jours, Sonmi-451, une serveuse génétiquement modifiée, livre sa confession avant son exécution en 2144, et Zachary, habitant du Pacifique dans un futur post-apocalyptique, témoin du crépuscule de la civilisation et de la science ...Des destins qui s'entrechoquent apparemment sans lien au départ, mais des êtres qui se croisent d’une vie à l’autre. Leurs décisions et leur actions ont-ils des conséquences sur leurs destins futurs proches ou très lointain ? En quoi sont-ils liés ? Pourquoi certains se ressemblent-ils étrangement à plusieurs siècles d'écart ? L'amour peut-il survivre à la mort et au temps ? 

Ma critique de la Manu (dont tout le monde se moque mais néanmoins)

Complexe, voire décousu au départ, le scénario s'éclaircit au fil du film et les relations entre les diverses histoires sans lien apparent au départ.

Je ne peux pas dire que le film soit à se rouler par terre en bavant. Mais pas une catastrophe non plus.

C'est, dirons-nous, tout à fait regardable sans être un chef-d'oeuvre qui marquera le 7ème art.

Très clairement il y a du bon et du moins bon.

Commençons par le criticable pour finir sur une note positive.

Les trucs qu'ils sont moins bons.

C'est long. Très long. Très très long. Même si nous comprenons qu'il faut développer les 6 histoires et les relier (ou pas) entre elles, il y a quand même des longueurs éventuellement inutiles. Le film aurait quand même gagné à être un poil plus ramassé. J'ai regardé l'heure 4 ou 5 fois pendant la projection. Ce qui, pour moi, est généralement mauvais signe.

En plus des longueurs, les allers-retours très rapides entre les histoires, du moins au début du film, donnent un peu le tournis. Du coup, on a du mal à se concentrer et à rentrer dans l'histoire/les histoires. Heureusement vers le milieu du film, les choses s'arrangent.

Toutes les histoires ne sont pas égales en intérêt. Et autant on sent des connexions très vite entre certaines d'entre elles, autant pour d'autres, c'est moins évident, même à la fin. On sent un poil le "raccrochage". 

Enfin au niveau visuel, hmmm.... Pour quelqu'un qui est un minimum cinéphile, on voit bien quelques emprunts : de Star Wars, au 5ème élement, en passant par Mad Max et le plus oublié (mais pas par les vieux, malheureusement pour les réalisateurs) l'âge de Cristal, difficile de lutter avec l'originalité de Matrix (qui ceci dit avait aussi emprunté à quelques films asiatiques notamment).

Enfin, autant le scénario intrigue au départ autant la fin... Ahem. Mais je ne peux pas en dire plus sans spoiler.

Les trucs qu'ils sont bien

Je l'ai déjà dit plus haut : le casting. Impeccable. Voire exceptionnel Les acteurs principaux jouent tous plusieurs rôles grands.. et plus petits et parfois tellement bien grimés qu'on peine à les reconnaitre (je vous laisse la surprise du générique final).

Les Wachowsky ont, entre autre, recyclé leur acteur fétiche, Hugo Weaving, le sinistre Mr Smith de Matrix.

Tom Hanks est VRAIMENT un acteur capable de tout jouer, grimé ou pas. Ce qu'il délivre dans le film est assez énorme. Il mériterait un prix voire un oscar pour sa/ses prestations.

Coup de chapeau au maquilleur et au prothésiste du film pour leurs diverses créations.

Malgré quelques emprunts à droite et à gauche, les univers visuels sont néanmoins très cohérents et arrivent à nous retenir aux histoires et même si le film est long on a envie d'en savoir plus .... Et de connaître la/les fins. Preuve que le scénario est quand même efficace. Avec quelques pointes d'humour second degré qui permettent au temps de passer un peu plus vite.

Mon conseil : va le voir quand même. Ne serait-ce que pour la performance des acteurs. Prends une bouteille d'eau et des pop-corns et prends ton mal en patience pendant une heure et demie. Ca reste du très bon spectacle.

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(Photo AlloCiné)

 

Je te mets la bande annonce AlloCiné en prime, chouchou.

11:04 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : cloud atlas, cinéma | |  Facebook | |  Imprimer | |