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23/02/2012

Marre des biopics

Commençons par le commençage.

Qu'est-ce qu'un biopic ?

Un film biographique relate l'existence d'un personnage passé, la plupart du temps, mais sans que cela soit obligatoire, une figure historique d'importance. Son choix importe pour susciter la fréquentation lors de la sortie en salles. Comme il s'agit d'une œuvre artistique, la représentation donne le champ libre à l'interprétation à la fois pour l'acteur chargé du rôle principal et pour le réalisateur dans l'éclairage qu'il donne sur le personnage : l'occasion est donnée de différer du consensus laissé par le discours officiel et l'historiographie à propos du sujet traité. En revanche, les réalisateurs inspirés par une cause se laissent fréquemment aller à l'excès inverse, celui de donner une image hagiographique en idéalisant le sujet ; c'est pour le moins la lecture que peuvent donner les critiques de cinéma.

C'est beau comme du Wikipédia. Mais pas toujours compréhensible. Je te la fais courte et en langage verbal :  en résumé, un biopic c'est un film sur la vie d'un gens connu mort ou défunt ou décédé, voir toujours vivant et en vie.

Mais connu (voire con, ça arrive)

Globalement dans le biopic tu as aussi un acteur ou une actrice principal(e) qui tente de ressembler le plus possible au personnage réel qu'il incarne.

C'est un peu une figure de style. Comme l'acteur principal qui fait la promo en prenant un air inspiré, la tête sur le côté et qui dit "je me suis énormément investi dans le rôle".

Cette longue et inutile introduction qui ne ne sert à rien puisque vous êtes des gens cultivés qui savez fort bien ce qu'est un biopic.

Et pour dire un truc et un seul

Piaf, Ray Charles, Marylin, Gainsbourg, Chanel,  Kennedy, Tina Turner, Coluche, Dalida et maintenant Cloclo. Assez de cette avalanche de biographies casse-bonbons : J'EN AI MARRE DES BIOPICS !! 

Cloclo étant la talonnette qui fait déborder le costume à paillettes d'ailleurs. Même jeune je détestais déjà ce nain sautillant brushé à la voix nasillarde qui pompait honteusement les tubes internationaux. C'est pas pour revoir son avatar en grand sur un écran géant aujourd'hui.

Et pourquoi pas la vie de Frank Michael ou Michèle Torr pendant qu'on y est.

Je ne comprends même pas le concept de ressusciter un gusse dont tout le monde à déjà connu la vie pour nous la resservir au dessert.

Un bon documentaire sur le sujet avec un commentaire intelligent et quelques documents inédits et tout le monde serait content.

Surtout les fans. Car je soupçonne le biopic d'être aussi fait pour débloquer le tiroir caisse de quelques nostalgiques orphelins de leur idole.

J'en ai vu assez peu de réussis dans le genre que ce soient des films français ou internationaux. J'ai détesté Piaf par exemple. Malgré la pluie de récompenses sur Marion Cotillard. Je reste persuadée que c'est plus le chef maquilleur qui méritait l'oscar que son personnage surjoué et passablement irritant.

Les biopics m'ennuient. J'y apprends rarement quelque chose, le jeu des acteurs est souvent forcé pour "coller" à leur modèle et le système de narration qui est souvent basé sur le flashback est assez exaspérant à la longue.

Et en plus, généralement, on connait la fin (uhuhuhuh)

Ma seule limite est que j'ai du mal à définir la limite entre le biopic et le film historique dont je suis paradoxalement assez, voire très friande. J'avais beaucoup aimé par exemple Le discours d'un roi. 

Je pense qu'à la différence du biopic le film reconstituait l'histoire avec un grand H. Avec des acteurs ne tentant pas de ressembler à tout prix à leurs modèles (et donc jouant plus juste). 

Mais je ne suis pas très sure de mon explication. Je ne suis pas critique de cinéma après tout. 

Je fais juste du cinoche en permanence. En épuisant mes proches. 

Qui n'ont du coup pas franchement envie qu'on fasse un biopic sur ma vie.

Une fois suffit, dans la vie comme à l'écran.

 

Un très bon billet sur les biopics en général (et sur Cloclo en particulier) bien plus argumenté que le mien sur cinema.fluctuat. 

 

Biographie-Steve-Jobs-Walter-Isaacson.jpg

Et oui, lui aussi, fatalement, un jour on y aura droit.


07/11/2011

Ou est CharliE ?

Rien ne vous a frappé dans les images sur "l'attentat" de Charlie Hebdo ?

Rien ? (bon à part les locaux détruits, Libération, Demorand en survet' pas rasé, tout ça ?)

Moi si.

Dans la rédaction de Charlie Hebdo ? Aussi peu de femmes que dans une place de village tenue par les Talibans en Afghanistan.

Pour un journal de gauche, voire d'extrême-gauche qui fait de la provoc' et prône l'égalité pour tous dans la déconnade, je m'interroge.

L'humour provoc' en particulier, et l'humour en général, serait-il un domaine plus réservé aux hommes que la légion étrangère, qui selon mes dernières informations reste pour l'instant un des derniers corps d'armée fermé aux femmes ?

Il est vrai que l'humour hard et l'humour en général d'ailleurs est et a toujours été  un domaine assez difficile d'accès pour les sisters.

Comme si raconter des conneries sur une scène était encore un domaine où les femmes étaient automatiquement catégorisées comme camionneur de service, ou alors poissonnière à grande bouche perdant immédiatement son sex-appeal dès qu'elle entend faire rigoler ses contemporains.

Du coup, les femmes comiques sont souvent mal à l'aise, coincées entre la volonté de s'exprimer et certaines conventions invisibles qui les brident. Elles ont généralement peur d'y aller à fond. Et sont, on doit malheureusement le constater, à quelques exceptions près moyennement, voire pas du tout hilarantes. 


Pour une Jacqueline Maillan qui n'hésitait pas à faire n'importe quoi en parlant comme une bourgeoise du XVIème (décalage irrésistible), Sylvie Joly et sa méchanceté jouissive, Muriel Robin dans sa première période, ou Josiane Balasko ne reculant devant aucun déguisement. 

Ou aujourd'hui une Florence Foresti, qui d'autre ?

Grand blanc.

Quasi pas d'imitatrices, pas d'humoriste "politique" (et ne me parle pas d'Anne Roumanoff, mec, tu vas t'en prendre une), peu de stand-upistes, rien que quelques nanas qui font des sketches sur la difficulté de trouver un mec et de le garder.

Tu parles d'une avancée.


J'attends encore la Coluchette ou la Djamila Debouzzette du XXIème siècle qui fera plier les gens en leur imitant Nadine Morano en fureur ou osera le bite-couilles-caca-tampon devant une foule en délire. Ou pas d'ailleurs, elle peut aussi faire autre chose, qui ne soit pas de l'humour hard, pourvu que ce soit, impertinent, provocant, piquant, exaspérant, poétique, lunatique, mystique, mais surtout DROLE.


Pour l'instant, elle n'est visiblement pas encore arrivée.

Hey, les soeurs, faudrait quand même que vous réalisiez que faire rire, ce n'est pas abdiquer votre féminité, et pas un domaine réservé aux hommes. Et que NON une fille qui fait rire ne fait pas forcément peur aux hommes (ce serait même plutôt le contraire, un jour je te raconterai)

Et les frêres, faites donc un peu de place, qu'on puisse aussi rigoler avec vous.

Le rire n'étant pas QUE le propre de l'homme. J'aimerais VRAIMENT qu'il soit celui de la femme aussi.

Qu'on se le dise.

 

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