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31/10/2012

La politique expliquée aux blondes - 13 - La technique du ballon d'essai

Amie blonde, je te l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, la politique ce n'est pas très compliqué.

Grosso modo ça se résume à des histoires de zizi, de pouvoir, et de sous.

Bon j'exagère, c'est un peu grossier. Il y a des subtilités.

Parfois c'est du zizi dans le pouvoir, des sous dans le zizi, de sous dans le pouvoir, et de zizi dans les sous du pouvoir.

Et dans certains cas, c'est la quête des sous et du pouvoir pour avoir le zizi.

Là où parfois ça se complique un peu c'est quand il faut communiquer avec le peuple.

C'est pénible, le peuple. Jamais content. Ca proteste, ça réclame, ça récrimine en permanence.

Un mot de travers et hop !

Au moindre bafouillement, à la moindre bourde, au moindre lapsus, si tu as le malheur de dire "fellation" au lieu "d'inflation", tu deviens la risée générale de la France profonde et des réseaux sociaux unis dans la rigolade.

Faire passer des idées ou des réformes c'est souvent vouloir courir un 110 mètres haies en Louboutin.

Bien sur il y a les conseillers en communication, les fameux "spin doctors" capables selon la légende de vendre des frigos à un Eskimo.

Et d'autres techniques.

Par exemple celle du ballon d'essai

Par exemple, quand tu es un président de droite tout petit avec des talonnettes, courageux, mais pas téméraire, tu envoies un de tes ministres annoncer un truc énorme ou pas très propre.

Si ça passe sans protestation, tranquille, tu peux mettre ta taxe sur les gens pauvres pas propres dans la rue.

Si ça ne passe pas, tranquille aussi, tu passes derrière en disant "mais non le pauvre gars ne savait pas ce qu'il disait, en fait c'est un crétin congénital, je l'emploie au titre du quota Cotorep, faites-moi confiance". Et tu ramasses un crédit sympathie en rabaissant tes collaborateurs qui passent pour des crétins. Et toi pour quelqu'un de supérieurement intelligent. En prime, rien n'est de ta faute. Triple bonus.

 

Mais si tu es un président de gauche pas certain de ton autorité, tu peux aussi utiliser cette technique. Tu souffles en douce 2/3 idées un peu borderline à ton premier ministre qui se prend régulièrement les pieds dans le tapis.

Si ça passe, tranquille, tu mets ta petite réformette sur les rails.

Si ça ne passe pas, ton premier ministre qui a d'ores et déjà la réputation d'un gaffeur invetéré se fait redresser les bretelles à ta place par alternativement le ministre de l'intérieur/le ministre de l'économie/la porte-parole du gouvernement/ta femme/les canards du parc de l'Elysée.

 

Et toi aussi, blonde ma soeur, tu peux très bien utiliser cette technique dans la vie de tous les jours. Souffle une idée un peu osée à une amie brune,

jean-marc-maniatis-coiffure-blonde-et-brune-10337570hogex_2041.jpg?v=1



du style "si on relançait le rose fluo pour les lèvres ? 

Si ça passe, tu es la reine de la hype qui a relancé une tendance pour les 6 mois à venir.

Si ça ne passe pas, ta copine est une gourde au mauvais goût légendaire et tu es là pour rattraper ses gaffes et montrer le chemin de la classe et de la distinction au tout-Paris qui chante et qui pétille.

Elle est pas belle la vie ?

Si. 

Totalement.

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : politique, blonde, président, 1er ministre, ministre, communication | |  Facebook | |  Imprimer | |

03/11/2011

La politique expliquée aux blondes - 11 - La technique Giulia

Alors amie blonde, et toi aussi, ami blond (halte à la discrimination), imagine un peu : tu es un président de la république en perte de vitesse dans les sondage, tout ce que tu entreprends, c'est la loose, tes potes vont en prison, tu as la justice aux fesses, et la seule qui te défend encore c'est Nadine Morano.

 

...

Ok, tu t'es embrouillée avec tes cop's, ta robe sors de la collection de l'an dernier, ta manucure est en vrac et tu as loupé ton brushing, you get it ?

...

Voilà. C'est pareil.

Tu ne peux pas décemment rester dans cet état, surtout si tu veux être réélue Miss Périgord (ou Président une deuxième fois)

Donc imagine, tu as réussi à faire un môme à ta gonzesse, (non pas toi Miss Périgord, c'est une figure de style)

Bon point, le gosse, ça émeut la ménagère de moins de 50 ans, ça peut rapporter du vote utile.

MAIS petit problème, la frange traditionnaliste de ton électorat (= tes copines un peu psychorigides tu vois) n'apprécie pas trop de voir ta vie privée s'étaler dans Voici et Gala.

Commentil se fairetu pour tirer quand même avantage de la situation ?

C'est là que tout bon Dir'Com' se lève et te crie "UNDER COMMUNICATION"

Soit traduit en français "SOUS COMMUNICATION"

Ok, ça t'avance pas, je t'explique donc.


Le principe la sous communication c'est ne rien dire, tout en le disant, mais en ne disant rien pour laisser les autres le dire.

Première étape : ne rien dire directement, se contenter de sous-entendus, dans le cas précis petits sourires avec la tête sur le côté genre "j'ai un secret tu sais, tu voudrais bien le connaitre, non ?"... Laisser la rumeur courir toute seule.

Etape deux : organiser des fuites dans des médias spécialisés qui vont s'arracher le scoop. Utiliser son père, des amis, JP Pernault ou autre pour en parler. Ne rien confirmer pour faire monter la sauce. Attendre.

Etape trois : sortir la mère avec petit ventre en avant, possiblement dans un évènement international. Lui faire prendre des poses avec la tête sur le côté la main sur le bide, et un petit sourire qui en dit long, mais sans rien confirmer. ... Sinon par des tiers. Qui en profitent pour féliciter l'heureux couple. Laisser mijoter

Etape quatre : MONTRER le ventre, mis en scène lors d'une scène balnéaro-bucolique avec des clichés de pris à l'insu de mon plein gré mais volontairement. Pour rassurer la ménagère, et l'attendrir encore un peu plus.

Etape cinq : dans les derniers mois, rassurer sur le fait qu'on ne dira rien, mais faire apparaitre la future mère ventre en avant et tout sourire de madone en bandouillière pour des interviews chez Drucker, dans le Figaro, Paris Match et autres médias trop contents  d'avoir le ventre présidentiel en tête de gondole. Affirmer haut et fort "je ne montrerai jamais cet enfant" comme on avait dit "je ne communiquerai pas sur cet évènement"

Etape six : bloquer pendant des semaines la rue où se situe la clinique de la future maman. Ca énerve tout le voisinage, ça coute une blinde au contribuable, mais ça mobilise les médias qui veulent être les premier à annoncer l'heureux évènement

Etape sept : le jour J, reprendre l'étape 2. Et faire des allers-retours à la clinique en se montrant avec des dossiers sous le bras. Pour dire "je suis hypra busy, mais je suis un père attentionné quand même, regardez"

Etape huit : jour J+1, faire monter les enchères sur le prénom, faire savoir qu'on ne fera aucun communiqué officiel, mais glisser des petites phrases entendues en souriant tendrement lors d'une visite officielle. 

Etape neuf : jour J+2, dévoiler le prénom de la petite sur le site de la maman. Ce n'est donc pas un communiqué officiel. Ni une communication sur l'évènement. Pas du tout.

Etape dix : faire passer discrètement l'information que maman va sortir de la clinique. Pour avoir les photos partout. Avoir un petit bout du nez de la gamine qui dépasse sur une photo dans Match. Je rappelle qu'on avait dit qu'on ne la montrerait jamais.

Etape onze : faire des photos hypra naturelles du couple prise toujours volontairement à l'insu de leur plein gré par le Figaro, journal d'opposition notoire, avec le bébé dans les bras (peuvent pas prendre une poussette comme tout le monde) en promenade en plein PARC PUBLIC du chateau de Versailles alors qu'on a un domaine de watmille hectare juste derrière où la balader (merci le petit journal)

Image-2.png

Voilà. Résultat, on en parle partout sans en parler mais en parlant. Et la ménagère elle essuie une larmichette d'émotion du coin de son tablier à carreau.

C'est beau l'instinc paternel, et ça peut rapporter des votes.

26/03/2010

Foutage de gueule et enculage de moucherons


Voici la raison de mon râlage mystérieux d'hier. Pour ceux qui suivent

Ceux qui ne suivent pas on s'en fout de toutes manières.


Donc, j'étais partie mercredi soir sautillante et primesautière à l'invitation du Syntec, le syndicat des agences de Relations Presse pour une réunion d'information sur les relations bloggeurs - agences.


Où je croyais avoir plein d'informations intéressantes pour ma culture personnelle et l'évolution de mon blog.


Après un drink ou deux et un peu d'attente, se sont installés sur scène un aréopage ou si vous voulez en termes compréhensibles par les non-culturés, une brochette de gens biens et propres sur eux.


Et certainement rémunérés de la rémunération.


Il y avait là des patrons d'agences, une journaliste, des bloggeurs-journalistes, des journalistes-bloggeurs, des patrons d'agences-bloggeurs, des bloggeurs-patrons d'agences et des bloggeurs - euh - influents. Enfin normalement.


Au bout de 3 phrases, j'ai tout de suite compris que nous allions avoir droit à une splendide masturbation neuronale en direct live, entre gens de bonne compagnie, qui parlaient des bloggeurs comme s'ils n'étaient pas là.

 

Avec en plat de résistance, avec en dessert, un festival de moimoimoimoimoijaifaitci moimoimoimoimoimoimoijepenseque en moi-même dans ma personne.



Résumé des débats ci-dessous


Blablablabla

Blog

Blabalablaba

Relations Digitales

Blablablablabla

Ecosystème

Blablablablabla

Opérations

Blablablabla

Marques

Blablablabla

Charte de déontologie

Blablablabla

Rémunération

Blablablabla

Avantages des bloggeurs

Blablablabla

Cadrage..


Attends.. Pardon.. Tu me la refais ??

 

Blablablabla

Cadrage...


STOP..

Je vais t'expliquer un truc darling. Juste un truc. Enfin plusieurs.


Mon blog n'est PAS une marchandise. Ni un truc que tu vas pouvoir cadrer avec une charte de déontologie quelconque. Je le fais pour MOI et les quelques personnes qui me font le plaisir d'y venir. Et ma liberté de parole est non négociable. Alors tes directives tu les prends, tu les tailles en pointe et tu te fais un bon fist fucking avec.


Les agences de Relations Publiques sont d'abord complètement passées à côté de la première vague de relations digitales face à des interlocuteurs qu'elles jugeaient peu crédibles et inintéressants. Par la suite, face à l'audience exponentielle du web en général et des réseaux sociaux en particulier (blogs compris) , démunies et méconnaissantes des us et coutumes de la toile, elle ont arrosé tout le monde sans souvent d'autres stratégie ou logique que de ratisser le plus large possible.  Elles ont  ELLES-MEMES créé ce système de rémunérations et d'avantages de plus en plus élevés pour les bloggeurs, qui leur échappe désormais. Résultat, elles veulent maintenant "encadrer" "recadrer" "déontologiser". Et bien, démerdez-vous avec votre propre monstre les gars. On ne le fera pas pour vous.


Je rappelle au passage ce que, dans un rare éclair de lucidité, un des intervenants à également dit : puisqu'on compare si volontiers les bloggeurs aux journalistes, ces derniers n'ont AUCUNE charte de déontologie. Il peuvent accepter des voyages luxueux et des camions de gadgets high-tech qu'on leur livre en rédaction, sans que personne n'y trouve à redire.


Je ne vois donc pas pourquoi on viendrait nous emmerder pour une clé USB ou un pot de crême.


Je ne vais pas raconter de carabistouilles, ni jouer les vierges effarouchées, le système, j'en profite et je contribue à l'entretenir. MAIS je considère que c'est un échange de bons procédés : on m'invite, je passe un bon moment, j'en parle ou on me fournit de quoi faire un concours pour mes lecteurs, j'en parle. Ce qu'on me propose ne me plait pas ou ne me correspond pas, je n'en parle pas. Voilà, c'est clair et tout le monde y trouve son compte.


Je précise aussi que ces opinions et cette façon de faire n'engage que moi. Je ne demande à personne d'adhérer ou de m'imiter.  Je ne juge personne non plus. Chacun fait ce qu'il veut de sa vie, de ses fesses et de son blog.


Pour revenir à la soirée et si vous voulez vraiment avoir la conclusion, la substantifique moelle de deux heures de phosphoration brillante : "on ne parle pas aux bloggeurs comme on parle aux journalistes."


Ah ouais ? On y aurait jamais pensé. Moi et mes copines on vous fait une table ronde pour beaucoup moins cher et on vous explique comment il faut parler aux bloggeurs en beaucoup moins de temps.


Il n'y a d'ailleurs pas que moi que le discours a irrité. Un bloggeur influent (dont je n'ai pas retenu le nom) - qui est d'ailleurs un des rares en France à vivre entièrement de son blog - s'est levé et est parti après un débat plutôt houleux avec les orateurs.


Vous l'avez donc compris j'ai trouvé toute cette "discussion" si on peut parler d'une discussion d'une banalité consternante, voire affligeante.


Ces gens n'ont rien compris aux fonctionnement de "l'écosystème" internet tel qu'ils le dénomment et ils essayent, très clairement, de se raccrocher au wagons.


J'aimerais quand même faire une digression sur le métier de journaliste. Les agences se sont trompées et continuent de se tromper en pensant qu'elle peuvent "utiliser" les bloggeurs pour toucher plus directement leurs cibles. Au détriment des journalistes.

Les bloggeurs ne sont pas des journalistes. En aucun cas, sauf s'ils ont une double casquette. S'il y en a quelques-uns pour le penser ils commettent une grave erreur. Les bloggeurs sont des raconteurs, des amuseurs, des gens qui mettent leurs opinions ou leurs compétences sur la toile. C'est tout et c'est déjà très bien. Un journaliste digne de ce nom a une formation, une technique d'écriture, de traçage, d'analyse et de vérification de l'information. Il écrit ses articles en respectant la méthode de  la thèse, l'antithèse et la conclusion.  Vouloir ignorer les journalistes c'est mettre en difficulté toute une profession. Et un pays qui a une presse faible, ça conduit à un pays qui a une presse Berlusconisée.


Je voudrais décerner pour finir d'épancher ma mauvaise humeur un gland d'or à un des intervenants. Ce monsieur et moi ne devons pas avoir exactement la même notion de la politesse. Quand on s'assoit à une table pour parler à quelqu'un la moindre des choses est de saluer les autres personnes présentes et non de les ignorer totalement. Ce ce que m'a enseigné ma maman. Mais pas la sienne visiblement. Au fait, monsieur, ton blog, ton nom, ton agence, ton influence et le reste, je m'en contrecogne aussi force 12 du coup.


Si finalement tiens, j'ai juste envie de vous dire un dernier truc...


IMG_0196.JPG


Et c'est vraiment le mien.


Et merci à Zalapabelle, MrsClooney et Valvec qui ont enduré mes récriminations toute la soirée. Ce sont des anges descendues droit du paradis.


Vous aurez remarqué que je n'ai cité aucun nom dans cette note.  Finalement je suis lâche. Et en plus à partir de cet instant, je n'aurai VRAIMENT plus d'amis.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (86) | Tags : réunion, agences, syntec, bloggeurs, communication, journalistes | |  Facebook | |  Imprimer | |