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25/03/2011

Sénégalaise je serai

C'est probablement la chose la plus improbable qui me soit arrivé dans la vie.

Pendant près de 50 ans l'Afrique était une des parties du monde qui m'attirait le moins (avec Charleville-Mézières).

 

Ni ce que j'en avais entendu, ni les photos vues ici et là ne me donnait envie d'y mettre un orteil.

 

Après quelques incursions courtes et peu réussies, Dom, qui vit à Dakar pour ceux qui l'ignoreraient encore, a réussi à me persuader de venir la rejoindre au Sénégal pour quelques jours.

Je me suis laisser tenter : il fallait que je me fasse une opinion définitive. Et se faire accueillir par des locaux après tout, ce n'était pas la pire manière de voyager.

J'étais persuadée de me dire en revenant "plus jamais"

C'est là que je me suis pris un parpaing en double béton armé à travers la figure.

Le Sénégal m'a pris dans toute sa brutalité un coin de la tête. 

Au point de faire une vraie déprime post partum au retour.

Et de me demander quand j'aurais l'occasion d'y retourner.

 

Ce sera chose faite au mois de mai. 

Les baobabs m'attendent. La brousse m'appelle. Et tant pis si pendant un mois après le retour, je pleurniche à la vue du moindre chaton, petit mouton, bébé qui fait gazou gazou ou poney rose.

Et je vous préviens, si Sarkozy repasse en 2012, je prends définitivement la nationalité sénégalaise. Je serai la Sénégalaise la plus pâle sur le marché. Une curiosité locale, en somme.

 

Il y a juste deux trucs qui me chiffonnent. Est-ce que je vais pouvoir supporter un gamin de 11 ans surnommé Wanou qui va me parler en boucle dans l'oreille gauche toute la journée ? 

Et Sponso le perroquet va-t-il me reconnaitre ?

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Boh avec un bon rouleau de scotch double face et quelques cahuètes, ça devrait s'arranger..

 

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03/11/2010

Un dîner presque imparfait

La grisaille et le froid s'emparent de l'hémisphère nord, la nostalgie du soleil et de la chaleur devient plus pressante.


Physiologiquement pourtant, mon organisme est définitivement tourné vers le froid : le soleil n'est pas du tout l'ami de ma peau et je passe les trois mois d'été à gonfler comme une outre dès que le thermomètre dépasse 25°

Mais, n'en déplaise à la physiologie, j'aime les pays tropicaux et affiliés : si vous en avez la possibilité, goûtez une fois à la langueur et à la douceur que ces pays dégagent et vous comprendrez ce que je veux dire.

C'est pourquoi je reviens une dernière fois sur mon séjour Sénégalais du début d'été.  Pour ceux qui n'étaient pas là à ce moment, Dom a eu la folie de me convier chez elle à Dakar. Je ne vais pas tout résumer. Les principaux épisodes sont ici, ici et ici.

Partie réticente sur l'Afrique en général, et le Sénégal en particulier, je suis revenue raide dingue love d'une ville crasseuse et de ses habitants qui ont réussi à me réconcilier avec le genre humain.

Au point d'en faire une déprime post partum pendant une semaine à fondre en larmes à la moindre photo de chaton,  au visionnage d'un film un peu sentimental, ou à chaque réception d'un mail de Dom. 

De ce séjour je n'avais pas encore raconté notre ultime soirée commune.


Difficulté de décrire avec des mots ce qui restera comme un véritable extrait de film, digne de la scène de la cuisine dans les Tontons Flingueurs.

Pendant mon séjour un des vieux potes de Dom, résidant en Côte d'Ivoire, faisait un passage à Dakar. La ville inaugurant son premier grand centre commercial, son patron, propriétaire d'une société qui gère des magasins sous licence en Afrique de l'Ouest, l'avait chargé d'y ouvrir plusieurs boutiques.

Partis avec Dom et son mari au restaurant, pour fêter mon départ, nous passons devant le dit centre commercial. Occasion pour mon hôtesse de tenter de voir au passage son copain. Nous entrons donc dans le centre encore en travaux. 

 

Au milieu d'un décor de béton brut, de peinture, et  de bâches, nous retrouvons le copain de Dom et son patron, en train de prendre l'apéritif

Imaginez la scène : des restaurants fantômes sans clients autour un hall nu, du béton brut, des câbles qui descendent du plafond, des coups de marteau, des ouvriers qui s'activent et au milieu, sortie de nulle part, une table dressée pour 20 personnes avec des assiettes stylées et des serviettes au pliage artistique..

Ajoutez-y le patron dont il est question plus haut, sorte de Don Corleone sauce Libanaise qui vous accueille comme si vous faisiez partie de sa famille.  Quand il vous dit "vous restez manger", vous sentez bien alors que c'est une affirmation, pas une question. Et que vous avez intérêt à ne pas refuser.


Saupoudrez le tout d'une collection hallucinante de vieux briscards, plus ou moins baltringues, et dont les têtes de dépareraient pas un vieux film de gangsters des années 50.

Ajoutez-y le bruit des perçeuses et les odeurs de peinture et vous aurez une petite idée de l'ambiance surréaliste (surtout pour moi) qui régnait ce soir là.

Au milieu du chantier, les serveurs stylés  nous servaient les uns après les autres certains des plats qui devaient constituer le menu du restaurant haut de gamme du complexe.

Pendant que mon voisin, au physique d'officier britannique dépressif, si je tentais de vous le décrire, me racontait les péripéties insensées de sa vie Africaine. En se plaignant de la difficulté de vivre au Sénégal. Ce à quoi, naïvement, je lui demandais "mais pourquoi ne rentrez-vous pas ?" . La seule réponse obtenue fut "je ne sais pas"

Il ne savait pas parce que sa vie était là. Et certainement pas ailleurs.

Je garde de ce dîner presque imparfait, même tout à fait imparfait, une vision surréaliste hors du temps et de tout ce que j'avais pu connaître jusqu'ici. Un moment de pur ... exotisme comme seul le fait d'être loin de chez soi peut vous offrir. Car même dans la même situation de dîner au milieu d'un chantier dans un centre commercial en construction en France ne m'aurait pas autant marquée.

Je garde de ce dîner une petite musique. Je crois que cette musique et le couleurs de Dakar, je les garderai un bon moment en tête.

Les couleurs, pour terminer, parlons-en.

J'ai réclamé en me roulant par terre une des photos de Dom pour la mettre au mur chez moi à côté du masque Camerounais (probablement fabriqué en Chine, mais on s'en fout, we are the world) ramené comme souvenir..

Je me noierais dedans.

 

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07/07/2010

Passons aux choses sérieuses...


Quand je me pars en vacances, il est hors de question que j'abandonne mes petites habitudes.


J'ai déjà du laisser mon boy Philippin, ma manucure, ma maquilleuse, mon assistante, mon attachée de presse et mon fan club en France, il fallait absolument que je maintienne le niveau.


Heureusement, le comité d'accueil a été à la hauteur et a mis en place une organisation, je dois bien avouer, très efficace.


En mettant à ma disposition

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Séga, Mon bodygard (un vrai champion de lutte Sénégalaise)

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Babou mon coach personnel de gym aquatique
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Oui j'ai des bourrelets, merci de ne PAS me le faire remarquer.. Mais z'avez vu les dorsaux de folie aussi ?? 20 ans de transat intensif pour en arriver là.

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J'ai quand même accepté de le partager avec Dom (marrante, la photo, non ? Chocolat, vanille, café : glace à 3 boules)

Sans oublier...

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Fatou, ma personal shoppeuse sur les marchés Dakarois


Quoique. La mode locale, je ne suis pas certaine....

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Pour la petite histoire La bière Flag est l'équivalent de la Kro au Sénégal. Et le magasin vend des objets faits à partir de Canettes, capsules et emballages, du style...

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Et enfin, last but no least comme diraient nos amis grands-britons..

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Mamadou, mon chef perso et ses petits plats redoutables..

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Babacar mon 2ème ? (3ème, 4ème, 5ème ? Je sais plus) meuri. Oui, finalement la polygamie c'est bien.


Ceci sera mon dernier billet sur mon escapade Sénégalaise. J'entame demain ma deuxième tranche de vacances. Vous aurez droit à un "vis ma vie au Club Med' au Maroc" à mon retour. Connaissant un peu l'endroit et sa faune, il est fort possible que je vous déniche du lourd.


Enfin je dis dernier, presque dernier, en fait. Je vous raconterais un peu plus tard un des dîners les plus surréalistes auxquel j'ai eu l'occasion d'assister. Un dîner... presque.. parfaitement loufoque.

Les photos sont toujours de Dom, pour ne pas changer..


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06/07/2010

Festival de Connes à Dakar


Même en vacances, il faut que je fasse du cinéma. Et quand en plus j'ai une volontaire qui veut bien se prêter aux mêmes pitreries lamentables que moi plus quelques boubous à portée de main, ça part forcément en sucette.


Nous avons donc immortalisé ce moment inoubliable.

 

Evidemment dans quelques années quand je serai vraiment maître de monde, je paierais une société de e-réputation pour faire disparaître les clichés ci-dessous..


En attendant... Moteur... Action...!!


"♫ ♪ Nous sommes des sœurs jumelles, nées sous le signe des gémeaux ♪♫ "

"je vois des renards, j'ai les dents qui poussent"

"J'ai rencontré la fée pipi dans les toilettes."

"J'aimerais poursuivre cette conversation mais j'ai un vieil ami pour le dîner."

"C'est nous qu'on est l'orchestre"

"C'est quand même marrant les évolutions, quand je l'ai connu le mexicain, il recrutait pas chez tonton !"

"La vanité et le bonheur sont incompatibles."

"Oui c'est ça, pleure, tu pisseras moins..."

"Enlève tes doigts du nez de mon pote ou je tire."

 

Et toi aussi, amuse-toi à retrouver les répliques cultes cachées dans ce billet.

Dom et la Grande Manu

 

(Les photos ont été prises en trinôme par Dom/Le Wanou et moi et retravaillées de main de maître par Dom)

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05/07/2010

Voyageuse imaginaire


Voici donc mon carnet de voyage de retour du Sénégal.


C'est à cet instant que votre regard parcourt ce billet et que ... Vous n'y voyez pas une photo.... Rien où votre regard puisse se poser..



Je n'avais pas mon appareil avec moi en premier lieu : ensuite, mes photos ne valent rien en général, les gens apprécient assez peu qu'on les photographie et il faut savoir y faire pour leur demander ; enfin si vous êtes curieux de belles images,
Dom publie régulièrement de superbes photos du Sénégal sur son blog.


J'ai choisi de tenter de vous faire ressentir le Sénégal avec des mots,

avec la tête,

avec le coeur...


Pour oublier tous les clichés que vous pouvez avoir, si vous ne vous êtes jamais rendus sur place. Car si j'ai appris une chose là-bas, c'est qu'en Afrique, il ne faut surtout pas regarder les choses et les gens avec nos yeux d'occidentaux et que les choses ne sont jamais tout à fait ce qu'elle paraissent être.


Pour une européenne habituée au confort et au luxe, Dakar et le Sénégal c'est tout ce que vous pouvez imaginer de pire : chaleur, poussière, faim, saleté, ordures, odeurs putrides, circulation infernale, taxis collectifs usés jusqu'à la corde et bondés avec les gamins accrochés aux portes, les coupures d'eau et d'électricité, les petits mendiants exploités par les écoles coraniques, la misère, la boue, la statue géante bâtie à coups de millions par un président mégalo alors que son pays manque de tout, les maladies, la religion paralysante et omniprésente, les blancs pays incultes et racistes, les oligarques locaux corrompus et méprisants....


Oui, c'est le pire, et vraisemblablement pire encore que ce que vous pouvez imaginer....


Le chaos ..


Mais du chaos nait souvent la beauté, alors oubliez ce qui précède, fermez les yeux de l'extérieur, ouvrez ceux de l'intérieur et regardez... Regardez les blancs éclatants,  les couleurs, les jaunes, les verts lumineux, les bleus vifs, les rouges éclatants des boubous des femmes, leur beauté, leur sophistication l'ocre de la terre, le doré de leurs bijoux et du sable des plages, les baobabs, les zébus, les moutons que j'ai pris pour des chèvres, les yeux des enfants, les mains des artisans, les sourires, la gentillesse, les odeurs, les saveurs, les couleurs, les couleurs, les couleurs jusqu'à l'étourdissement...

Bouleversant.

J'ai compris  ce que les gens veulent dire par "L'Afrique on l'adore ou on la déteste".


J'ai compris pourquoi certains ne veulent plus en partir.


Moi je n'y vivrais pas, à aucun prix.

Par contre, alors que jusqu'ici je ne voulais pas entendre parler de la visiter, à peine revenue, je sais que j'y retournerais un jour.


L'Afrique je la déteste. Et je l'adore.

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