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02/04/2013

Comment survivre à la communauté avec de jeunes adultes

Parent mon ami, tu as peut-être pour l'instant des mini-choses blondes et joufflues qui te courent entre les jambes en couinant et s'arrêtent éventuellement de temps à autres pour avaler une miniscule portion de steak haché ou te fixer en te disant "mamaaaan (ou papa)  zzzzeeee t'aimmeuh".

Je vais te rassurer immédiatement...

... Ca ne DURE PAS.

Comme je te l'ai expliqué précédemment il vont bientôt arriver au stade orang-outang neurasthénique version mâle et toupie hystérique version femelle.

Inévitablement.

Surtout qu'apparemment, nos amis marketeurs nous ayant concocté une nouvelle tranche d'âge pour nous refourguer leur camelote, à 10 ans les filles commencent désormais à réclamer des talons et du vernis et les garçons des pantalons sous-fessiers. Sans parler du fait que si tu n'as pas de smartphone à 8 ans tu es immédiatement fiché comme le loser de service dans la cour de recré, avec peu d'espoir de remonter la pente avant d'avoir intégré un lycée où personne ne te connait, et encore.

Au lieu de vous taper 5 ou 6 ans d'adolescence, jeunes parents, vous allez donc subir environ 10 ans de cette période délicieuse dont vous sortez en vous étonnant d'avoir réussi à ne pas tuer un seul de vos rejetons de vos propres mains et qui vous fait prendre 30 ans de plus d'un coup.

Comme je vous envie. Tellement. Trop.

Mais votre purgatoire ne se finit pas le jour où votre ado chéri, passe le bac franchit le cap des 18 ans qui lui permet d'arborer la pancarte "MAJEUR" sur son front et pour l'état civil.

Bien au contraire. 

Car vous allez devoir cohabiter avec un JEUNE ADULTE.

Oui, car si, hier, le jeune était expédié bon gré mal gré au service militaire puis à la chaîne chez Renault, aujourd'hui nous commettons l'horrible erreur de vouloir leur faire faire de LONGUES ETUDES.

Qui dit longues études dit stagnation au domicile familial pendant une décennie supplémentaire.

Et autant l'argument "tu pourras parler quand tu seras majeur" est valide en dessous de 18 ans.

Autant après non.

Oui, je viens d'écrire une connerie, j'en ai pleinement conscience, merci. 

Tu vis donc avec des individus qui

1/ Ne sont jamais là

2/ Ne sont là en fait que pour dormir et vider le frigo

3/ Prennent ton foyer pour un genre de camp de base et de ravitaillement en vue de courses lointaines vers des sommets escarpés.

Tu passes donc la majorité de ton temps à les géolocaliser et à remplir le frigo.

Car sache-le ami parent, si tu t'inquiètes pour l'hygiène alimentaire de ton enfant ou ton ado, la bonne nouvelle est que le jeune adulte refait des repas structurés.

La mauvaise est qu'il en fait quinze par jour.

A peine as-tu rempli péniblement ton caddie chez Auchan qu'il le vide aussi rapidement qu'une boite de strip-tease pendant une descente de la mondaine.

Le jeune adulte mâle mange les steaks hachés par douze, boit le jus de fruits par cubi de 15 litres et te descend un mouton entier plus rapidement qu'un bataillon de fourmis rouges affamées.

Sans compter le petit creux de 3 heures du matin, quand il rentre de soirée et qu'il te réveille en faisant rechauffer le reste de bourguignon "parce que y'avait rien à manger sur place".

C'est soit ça, soit le vomito dans l'entrée "parce que j'ai du manger un truc pas frais".

Mais bien sur, le truc pas frais y'avait marqué "vodka" dessus.

Bref, tu croyais en avoir fini avec les réveils nocturnes pour toujours ET BIEN NON, c'est reparti pour une bonne tranche de rigolade. 

Avec des gros bébés d' 1,80 m et de 80 kilos.

Le niveau du frigo qui se vide est parfois d'ailleurs un des seuls signes que ta progéniture est encore en vie. Car elle commence à avoir des relations (sexuelles ou amicales) qui ont un toit bien à elles. 

La dite progéniture considère donc qu'elle peut aller et venir entre chez toi et ses différents points de chute en toute sérénité. Pour elle. Pas pour toi. Car tu restes parfois 2/3 jours sans nouvelles autre que le "je ne suis pas là pour le moment, je vous rappelle très vite" du répondeur de son portable qui t'amène à déclencher le plan vigipirate en perdant le peu d'influx nerveux qui te reste.

Pour se souvenir qu'il habite encore chez toi, le jeune adulte marque néanmoins son territoire en empilant ses sous-vêtements qui jonchent le sol d'une chambre à côté de laquelle la centrale de Fukushima est un modèle d'ordre et de propreté. Car en plus d'y empiler les sous-vêtements, il s'y retranche souvent pour manger ses 15 repas quotidiens en y collectionnant les assiettes sales. 

Pour manger, il est souvent là. En revanche pour le reste, beaucoup moins.

Ce qui fait que tu te retrouves souvent à t'énerver car tu tombes (à nouveau) sur un répondeur qui t'explique pour la quinzième fois que son propriétaire n'est pas disponible alors qu'on l'attend chez sa grand-mère qui te hurle dans le cornet parce que son poulet est en train de brûler dans le four.

Car la famille du jeune adulte est, comme ton appartement,  un camp de base. 

Qui sert principalement à le fournir en billets de banque pour ses activités diverses, permis de conduire et études qui n'en finissent pas et coûtent un bras.

Etudes dont on n'a plus aucun contrôle au passage puisque le sujet MAJEUR reçoit ses papiers directement.

On a juste le droit à un "ouais ouais, ça va" périodique comme compte-rendu.

Ne t'inquiètes pas. Tu fininiras par le récupérer ton petit. La brebis égarée reviendra toujours assez tôt pour te donner son linge à laver quand il aura vraiment déménagé, te présenter la moitié de sa vie avec qui tu ne t'entendras pas et te fourguer ses rejetons le samedi soir quand ils voudront sortir tranquillou.

Oui, jeune parent, je sens que tu regrettes déjà.

Trop tard.

Tu as signé pour 25 ans. Dont, si tu as bien suivi ce qui précède, 15 infernaux et très onéreux.

Sinon j'ai du prozac si tu veux.

jeune adulte,relations,famille,cohabitation

Oui c'est à peu près comme ça que tu retrouves ton frigo au bout de 24 h

 

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jeune adulte, relations, famille, cohabitation | |  Facebook | |  Imprimer | |

08/05/2011

Plantage

Faire 5 heures de route dans la journée pour un déjeuner de famille ultra-chiantissime, check.

Etre obligée d'avaler des médocs anti mal de mer, vu que la voiture du meuri te colle le gerbillon, check.

Oublier que tu as pris des médocs anti mal de mer, boire de l'alcool pour noyer ton chagrin, et finir complètement ivre en réaction, check.

Enchaîner ensuite sur une ballade en famille au bord de la mer où tu as juste envie de noyer toute ta parentèle check.

S'apercevoir que tu ne supportes plus la voix suraigüe de ta belle-soeur, check.

Confirmer que ton autre belle-soeur choisit apparemment exprès des activités et loisirs dont tu n'as strictement rien à cirer (et qu'elle te raconte dans le détail), check.

Malgré un twittage à table, et une tronche de 3 pieds de long toute la journée, entendre ta belle-soeur te dire "vous êtes libre le 26 juin ? Je fais mon anniversaire", check.

S'apercevoir qu'on aime follement son meuri lorsqu'il lui répond "Ah je pense que je vais faire une semaine de voile, justement, fin juin", check.

Envoyer bouler la belle-soeur à la voix suraigüe qui t'appelle dans la voiture pour trouver l'adresse d'un cyber café "parce que tu as un Iphone" à une nièce qui a les deux pieds dans le même sabot (à Paris il n'y a aucun cyber café, tout le monde le sait), check.

Perdre la seule chose sympa de la journée (jolies photos de bord de mer faites avec Marcel, l'APN rose), parce que la carte mémoire a buggé, check.

Passer deux heures à tenter de trouver un logiciel de récup' de photos GRATUIT sans succès, check.

J'ai quand même réussi à sauvegarder quelques photos de cette journée de ... Prises avec  l'Iphone

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Joli le chateau-chambres d'hôtes, restau quand même

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La chie-chienne à ma belle-soeur (boh elle est mimi comme tout la bestiole)

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Foie gras maison (avec mon doigt devant, oui c'est artistique, je lance la tendance épicétout)

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La voiture de mes rêves (Austin Powers est en moi)
Voilà

Heureusement, tout ceci est terminé, et dans un peu plus de 72 heures...
Les baobabs, les pilotis, les oiseaux et la lagune m'attendent.
Ainsi que mon filleul

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Et là je peux dire que les vacances ON VRAIMENT COMMENCE

 

 

Au fait, les deux gagnantes des coffrets Weight Watchers sont Manou des Ménagères et Little Daewoo. Les filles, envoyez-moi vos adresses.

Pour les autres, consolez-vous, les concours ce n'est pas fini, loin de là, et il va y avoir des choses plutôt sympas à gagner....Restez tunés comme dirait l'autre.


06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : famille, réunion, repas, apn, plantage | |  Facebook | |  Imprimer | |

08/04/2011

La semaine du boulet - Chapitre final - Le boulet familial

Famille nombreuses, familles heureuses.

Sauf que je connais peu, voire pas de familles grandes ou petites qui n'ait pas son original, son mouton noir, son casse-pied, son fainéant, en bref, son boulet.

De la tante farfelue qui ne s'habille qu'en rose, en passant par le grand-père caractériel, la cousine hystérique, en allant vers des cas plus lourds,  il est rare qu'une parentèle n'ait pas son secret plus ou moins honteux.

En ce qui me concerne ma famille est composée d'une palette de brindezingués totaux allant de l'illuminé au mythomane en passant le dépressif chronique.

Pour ma sécurité mentale, et la sauvegarde de ma tension arterielle, j'ai fait une croix dessus.

A part mes parents, je ne vois plus personne.

Et je suis heureuse de m'en être tirée à bon compte. A part quelques phobies, un taux d'angoisse normalement élevé, et un caractère de merde, j'ai échappé au pire.

Je ne me trimballe donc plus que quelques boulets beaux-parentaux qui ont pour seul tort d'être au mieux ennuyeux, au pire casse-couilles deux/trois fois par an.

Coucou, la belle-famille, si vous me lisez...

Et ma mère qui est un genre de Gengis Khan du 3ème âge et que je m'attends à devoir aller récupérer au commissariat pour outrage à agent et désordre sur la voie publique un de ces jours.

 

En revanche, pour d'autres... La famille c'est un peu un chemin de croix..

Le pire cas que j'ai pu croiser fut une copine de lycée (oui, encore une copine, j'en ai eu une collection assez gratinée), qui, un jour de trop plein, s'effondra dans mes bras en pleurant avant de me déballer la litanie de son hérédité tordue.

Des grands parents maternels cousins germains (oups). La grand-mère aux fraises qui n'hésitait pas à se mettre nue à la fenêtre en hurlant à la mort.  Une mère accro aux médicaments et stone 23 heures sur 24, un père qui du coup s'était tiré avec sa belle-soeur (la soeur de sa femme) nymphomane qui se tapait tout ce qu'elle trouvait sur son chemin. Un demi-frère, qui était aussi son cousin, donc, agité et hyperactif et une demi-soeur en échec scolaire total.

 

Une tante interdite de casino, une autre qui en était à son 4ème ou 5ème mariage au bout duquel elle se faisait immanquablement plaquer. Avec un gosse en plus à chaque fois. Ses cousins étant tous soit caractériels, soit débiles. Un oncle au zonzon pour escroquerie. Une cousine call-girl (boh, y'a pas de sot métier). Un autre cousin disparu corps et bien en Amérique du Sud lors d'un voyage. Enfin, en feu d'artifice des arrières grands-parents pétainistes et collabos.

 

Seul ilot de normalité dans cette jungle hostile : elle-même et son frêre. 

Elle était contente d'avoir échappé à la fatalité génétique, mais sa famille était parfois quand même un boulet difficile à traîner au quotidien..

Je suis certaine qu'en ce moment vous vous dites que votre belle-mère collante est finalement un petit, tout petit souci...

Voilà.

Le seul problème du boulet familial c'est qu'il est plus compliqué de s'en débarrasser qu'un autre.

Après, le cyanure c'est pas fait pour les chiens non plus.

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : boulet, famille | |  Facebook | |  Imprimer | |

09/02/2009

Un fou vaut mieux que deux tu l'auras...

En surfant sur mes sites favoris, je suis tombée sur un article rigolo - si l'on peut dire -  du journal Courrier International (excellent journal que je vous recommande chaudement par ailleurs)

A côté des grandes maladies mentales telles la schizophrénie ou la paranoïa, existent un certain nombres de syndromes rares d'origine neurologique et qui rendent ceux qui en souffrent un tantinet bizarroides.

Comme par exemple

  • le syndrome de l’accent étranger :  les personnes atteintes de cette maladie commencent subitement à parler avec un accent étranger – souvent d’un pays où elles n’ont jamais mis les pieds

 

  • Le syndrome de la main étrangère : les personnes qui souffrent de ce syndrome perdent le contrôle conscient d’un membre. La main “étrangère” peut contrecarrer le mouvement de l’autre main, par exemple en déboutonnant une chemise que l’autre main est en train de boutonner ou en écrasant une cigarette qu’elle vient d’allumer

 

  • Le syndrome de Capgras Ce trouble, qui porte le nom du psychiatre français Joseph Capgras, est la conviction délirante qu’un ami proche ou un parent est un imposteur.  Il existe également une forme de délire analogue, le syndrome de Cotard, où le patient est convaincu qu’il est mort, en décomposition ou qu’il n’a jamais existé.

 

  • La dysphonie spasmodique L’in­capacité de parler autrement qu’en vers, en chuchotant ou avec une voix de fausset

 

  • Le syndrome d’Alice au pays des Merveilles Ce trouble neurologique, qui tire son nom du fameux conte de Lewis Carroll, fait paraître les objets – et certaines parties du corps du patient – plus petits, plus grands, plus proches ou plus distants qu’ils ne le sont en réalité

 

  • La synesthésie Cette autre forme de perception brouillée se traduit par une étrange combinaison des sens qui conduit le patient à associer des chiffres avec des couleurs, des sons avec des goûts ou d’autres sensations

 

Ayant moi-même le grand bonheur de bénéficier d'une famille de toqués complets, à part mes ascendants et descendants (et encore ma mère est quand même borderline) j'ai quand même été inspecter par précaution mes collatéraux sous le nez pour vérifier s'ils n'étaient pas eux aussi, atteints d'un syndrome rare. J'ai aussi fait un petit check sur ma personne, par précaution. Et force est de constater, qu'après étude sérieuse, il s'avère ma famille et moi-même sommes atteints de plusieurs syndromes qu'on peut ajouter à la liste précédente :

 

  • Le syndrome du téléphonisme aggravé : touche généralement les mères et les pousse à confondre leur bras avec un téléphone. La victime pense donc que pour faire circuler le sang il convient d'appeler ses copines - et éventuellement sa fille - une quinzaine de fois par jour à raison d'environ une heure par appel. Et quand le téléphone sonne elle saute dessus en vol plané comme si sa vie en dépendait. Forcément, puisqu'elle considère que le téléphone fait partie intégrante de son organisme.

 

  • Le syndrome du mutisme marital : frappe essentiellement les hommes mariés dotés d'une femme très bavarde. Ils ne s'expriment plus que par "groumpfs" interposés. Les seules phrases qu'ils arrivent encore à articuler sont "passe-moi le sel" et "il fait quel temps demain ?".  Le traitement passe généralement par l'éloignement de l'épouse de façon à ce que le patient puisse enfin articuler deux mots de suite avant d'être coupé dans son élan.

 

  • La distributeurbancairosthésie : concerne les adolescents. Dans ce trouble, le jeune confond un adulte (père, mère, grands-parents, ou autres) avec un distributeur de billets. Il essaye donc constamment de tirer de l'argent et peut devenir irritable si les billets ne sortent pas. Dans les cas les plus graves, les sujets ont des visions et voient des logos de banque sur le visage de leurs interlocuteurs.

 

  • La marcophilie : pousse le sujet, souvent féminin, à vouloir acquérir uniquement des objets griffés, notamment dans le domaine de la maroquinerie. Dans les cas poussés dits de "marcophilie fachonvictimesque" la victime peut tomber dans des excès identiques à celles des addictions narcotiques. Elle est prête vider un compte en banque voire à agresser une petite vieille pour entrer en possession du must-have du moment.

 

  • La partirenvrillosthésie : les sujets - plutôt féminins - commencent à formuler des hypothèses délirantes sans aucun fondement. Ces hypothèses provoquant en général une hilarité incontrolable qui ne peut se calmer qu'à coup de doses intensives de relaxant musculaire ou par une contention en camisole de force.

 

  • Le syndrome du  questcequej'aifaitaubondieupourmériterça : est en général une réponse masculine à la maladie précédente. S'accompagne de soupirs accentués et de tics oculaires incontrolables dits "yeux levés au ciel". Dans les cas accentués, le sujet a également des haussement d'épaules nerveux ou a tendance à s'enfermer dans des pièces hermétiques...

 

Et vous alors, vous souffrez aussi d'un syndrome bizarre ? Allez dites tout à tata Manu...

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (39) | Tags : folie, maladies rares, courrier international, famille | |  Facebook | |  Imprimer | |

15/01/2009

Une belle histoire

Aujourd'hui, c'est un peu moins pouet-pouet rigolade que d'habitude, et avec un billet assez long. Mais, lisez jusqu'au bout, vous verrez, je pense que l'histoire va vous plaire

J'avais évoqué très brièvement lors d'un précédent billet le fait qu'une de mes amies nous avait longtemps dissimulé une partie de sa vie, parce que douloureuse,  et n'avait révélé la vérité que très récemment.

Elle m'a autorisée à en parler aujourd'hui, sans révéler son identité, bien évidemment, car elle écrira peut-être un jour elle-même son histoire de façon plus détaillée...

Je connais Y. (je la désigne par son initiale par commodité) depuis plus de 20 ans.

D'abord simples collègues, nous sommes devenues amies et nous voyons régulièrement hors du contexte professionnel.

Elle m'avait jusqu'alors toujours raconté sa mère avait toujours refusé de lui révéler l'identité de son père et l'avait élevée seule.  Sa mère avait en outre coupé toutes les relations familiales pour des raisons obscures. Y. n'avait donc d'autres liens que sa mère.

En fait Y. évitait plutôt ce sujet quand nous venions de temps à autre à en parler.

Récemment, Y. nous annonce qu'elle part pour Abu Dhabi avec son mari. Un peu curieux comme destination. Mais après tout, elle voyage régulièrement dans des contrées exotiques. Donc, pourquoi pas.

A son retour, assez émue, elle nous dévoile l'objet réel de son voyage, et sa véritable histoire.

En fait, elle bel et bien  connu son père.  Elle a même vécu une partie de son enfance avec lui, jusqu'à l'âge de 7 ans.

Son père est violoniste et professeur. Il jouait dans un orchestre de chambre..... à Bagdad, car oui, son père est Irakien.

Sa mère a rencontré son père qui était venu faire ses études musicales à Paris dans les années 50.
18 mois exactement après la naissance de leur fille,  elle quitte même la France pour s'installer avec lui à Bagdad

D'où sans doute la raison de la brouille avec la famille maternelle pour qui un mariage avec un Irakien passait très moyennement. On était à la fin des années 50, en pleine guerre d'Algérie.


Un jour sa mère, pour des raisons qui lui appartiennent, décide de revenir en France.
Elle quitte l'Irak avec la petite fille pour s'installer en région parisienne. En effaçant ses traces. Et en refusant de revenir sur son passé. Y. occulte également cette partie de son enfance au fur et à mesure qu'elle grandit et qu'elle se rend compte que cette histoire lui porte plutôt préjudice dans ses relations.

Une fois adulte, mariée et maman, elle enfouit même tellement cette histoire qu'elle la cache à son propre fils.
Elle déteste tout ce qui s'y rapporte,  se méfie des arabes... En fait elle a honte à force de mauvais retours quand elle se confiait. Elle en vient même à ne plus supporter son prénom à consonnances orientales.

Récemment, elle commence à se dire qu'il faut essayer de renouer les fils. Elle pense à son père à nouveau surtout depuis la 1ère guerre du golfe, puis de la deuxième qui lui font se demander s'il est encore est vivant et si elle pourra le revoir un jour !

Elle tape le nom de son père à tout hasard sur internet.

Et tombe sur un blog,  où une journaliste interviewe son père.
Très émue, elle parvient à contacter la journaliste Irakienne, installée à Boston  qui lui confirme qu'elle a bien interviewé son père, qu'il était vivant en 2005, date de l'interview, qu'il l'est toujours bien que déjà âgé, et qu'il habite Bagdad. Elle lui indique également un vidéo datée de 2003, où Y. peut revoir son père pour la première fois depuis bien longtemps.

Mais, compte tenu de la situation chaotique de l'Irak, comment lancer des recherches  pour le retrouver ? Y. a l'idée d'essayer de contacter l'ambassade de France à Bagdad, mais pas de numéro de téléphone, et pas de mail. Elle trouve une adresse générique, envoie un mail à tout hasard pour expliquer sa démarche.


Pas de réponse dans un premier temps. Y. pense qu'elle est dans une impasse.
A sa grande surprise, peu après, l'ambassade de France la contacte. Ils ont fait preuve d'une efficacité redoutable : ils ont retrouvé son père, et lui communiquent même ses coordonnées.

Imaginez l'état d'esprit de Y. qui parvient donc à joindre son père au téléphone, plus de quarante ans après leur séparation !!


Et l'émotion d'un père qui renoue avec sa fille - qu'il avait tenté de retrouver de son côté : il était même revenu en France en 1965 un an après le retour de sa fille pour tenter de la revoir, mais sans succès, Y. l'apprend à ce moment.

L'émotion du père est d'autant plus forte qu'il découvre qu'il est grand-père d'un (déjà grand) petit-fils pour la première fois.

Car il apprend à Y. que si elle  à deux demi-frères, (il s'est remarié 3 ans après le départ de sa première femme) - un qui habite avec lui à Bagdad, le second qui habite à Abu Dhabi,  aucun des deux n'a d'enfants.


Y.
qui avait pensé pendant des années être seule au monde avec sa mère, se retrouve donc brutalement à cinquante ans dotée d'une très grande famille car outre ses deux demis-frêres, elle a une flopée de cousins, oncles et tantes dans plusieurs pays différents.

Voilà donc l'explication de son voyage à Abu Dhabi, d'où elle rejoint Dubaï pour rencontrer pour la première fois un de ses demi-frêres, à la plus grande joie de tous !


Compte tenu de la situation en Irak, elle n'a pas pu encore revoir son père, ni son autre demi-frêre, uniquement les joindre par téléphone et mail.
Mais elle espère bien pouvoir y arriver un jour.

Un vrai roman, non ?
Une belle histoire en tout cas. Quand Y. me l'a racontée, j'ai été très surprise - et touchée -
Quand je vous disais que vos proches pouvaient vous réserver des surprises.
Et vous qu'en pensez-vous ?

Edit : Le commentaire de Y.

Je suis contente de voir tous ces retours si positifs.
Dans les histoires de séparations de couples il y a souvent beaucoup de haine. Il y avait aussi une grande différence culturelle entre eux deux ce qui a dû accentuer les animosités. Ma mère m'a toujours parlé de l'Irak et de mon père en termes très peu élogieux. Tout y était mauvais, et mon père avec. Je me souviens très bien que ma mère, personne extrêmement sévère me disait lorsqu'elle en avait après moi, pour des raisons diverses ; "tu ressemble bien à ton père", "tu es égoîste comme lui"... des choses pas très agréables. Et je n'avais qu'un son de cloche.
Bref, tout ça pour dire que je ne voulais pas en parler parce que j'en avais honte que pour moi c'était un fardeau. J'ai vécue une première vie qui s'est terminée à mes 7 ans, puis une deuxième seule avec ma mère. Aujourd'hui, je recolle, je guérit de mes maux, je commence à ressentir mon histoire comme un cadeau et même plus : une chance.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : bagdad, irak, famille, retrouvailles | |  Facebook | |  Imprimer | |

26/12/2008

Aujourd'hui c'est ENCORE Noël...

... Malheureusement...

Oui, aujourd'hui, pour mon plus grrrrannnnd BONNNHEEUURR nous fêtons la nativité avec ma belle-famille.

Je kiffe mais à un point totalement démentiel.

J'ai bien essayé d'échapper à l'exercice, mais rien à faire. Mon meuri m'ayant menacé de signer  pour de bon le formulaire d'internement à Sainte-Anne qu'il m'a agité sous le nez pour concrétiser la menace.

Nous recevons donc le géniteur de mon meuri, le frêre de mon meuri et sa femme (celle qui m'avait offert le redoutable pique-olives entièrement en moules de concarneau - voir la note "cadeau tout pourri, ennui") et la soeur de mon meuri.

Ok, donc, cette note va être brêve car il faut que je checke le matériel.

Battle-dress, OK

Rangers, OK

Lampe frontale, OK

Cagoule, OK

Boussole, OK

Ceinture de munitions, OK

Fusées de détresse, OK

Nunchaku, OK

Pains de C4, OK

Sabre laser, OK

Bouchons d'oreilles, OK

Vannes, parpaings et répliques qui tuent, OK.

Gueule enfarinée, OK.

Je pense que le plan B va être de m'enfermer dans la cuisine en prétextant des préparations super-sophistiquées, en sirotant un petit rhum-goyave et en écoutant Latina sur la radio d'appoint...

Mais non JE NE PEUX MEME PAS. Mon meuri a décrété qu'il se mettait aux fourneaux. Je vais être OBLIGEE DE SUBIR les conversations sur le jardinage, les chiens et la guerre de 40-45... !!!! AAAAAAAAAARRRRGHHHH....

S'il vous plait, si vous n'avez pas de billet demain matin. ENVOYEZ L'EQUIPE DE SECOURS... Je vous en PRIE... Et n'oubliez pas la bouteille de rhum et un disque de Marvin Gaye pour me réanimer.

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : noël, famille, repas | |  Facebook | |  Imprimer | |