Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/02/2012

Branchés ? Hmmmm .... Conformistes plutôt je dirais...

Les diktats. Les normes.  (soupir)
 
Celles des pensées et celles des apparences.
 
Il ne faut rentrer dans des cases, penser comme tout le monde, ne pas faire de vagues, ne plus être moche, plus être vieux, plus être gros, ne plus être petit, plus jaune, plus noir, ne plus avoir de petites jambes, de grosses fesses, des cheveux verts ou des dents mal alignées.


 
Et se conformer à l'idée qu'ont de l'humanité quelques personnes identifiées comme influentes et qui sont censées donner le la du bon goût et de la pensée occidentale au reste du monde.


 
Deux exemples récents parmi d'autres sont l'illustration de cette pensée/look unique qui commence à me courir sévèrement sur le haricot.
 
Yann Barthès qui me fait par ailleurs souvent rire dans le petit journal a lancé depuis quelques une chronique hebdomadaire tenue par deux pipelettes middle-age (en fait deux hommes travestis) qui tirent sur tout ce qui bouge très languedepute staïle. C'est assez moyennement drôle d'ailleurs, dans l'absolu. 


 
Dans un des derniers numéros, il conclut la chronique par un "mais elles sont vieilles" relativement méprisant. Et remet le couvert sur Madonna en doublant son show de bruit de grincement d'articulations. Bon ok. Je trouve aussi Madonna un peu ridicule avec ses liftings, ses mini-shorts  et ses petits copains qui pourraient être ses fils. Mais tu commences à en faire beaucoup sur le sujet. Sans parler de la pauvre mamie Lucienne que tu as ridiculisée plusieurs fois en lui faisant faire des trucs assez pathétiques dans certains reportages.


 
Et alors ? On a pas le droit d'être vieille et d'avoir une vie ? L'existence s'arrête à 35 ans ? L'intelligence aussi ? Il faut être obligatoirement jeune et porter des costards cintrés et des chemises à carreaux pour briller dans la lumière ?
 
Yann Barthès, toi aussi un jour tu seras vieux et has-been. Un jeune con ressortira alors tes images d'archives en se moquant de toi et en doublant tes mimiques avec des bruits de machoire qui grince.  Et tu gueulera vraisemblablement sur ces petits branleurs qui n'y connaissent rien et qui t'ont piqué ta place. 
 
A priori tu dois avoir une grosse angoisse de vieillir. Je ne voudrais pas être dans tes chaussures quand tu passeras la barre des 40 ans.


 
Je suis évidemment plus sensible à ce sujet qu'il y a 20 ans, mais au temps reculés de mes jeunes années, le jeunisme, qui était pourtant moins présent qu'aujourd'hui, me consternait  déjà.


 
Autre exemple  : Karl Lagerfeld. Karl peut être drôle parfois. Il a des sorties assez percutantes. Et une approche de la vie bien particulière qui n'est pas faite pour me déplaire d'ailleurs. Ceci dit, un truc le dérange fondamentalement : les gros. Il n'arrête pas de rappeler qu'il n'aime pas les gros ou que truc ou bidule l'est, d'ailleurs. Dernière victime en date : la chanteuse Adèle. Dont l'apparence déplait visiblement au Kaiser de la mode.
 
Oui, et alors. Les gros n'ont pas le droit de cité ? Il faut les coller dans des camps de réhabilitation ? Ou les habiller avec des sacs en toile ? 
 
Lui aussi a un léger souci obsessionnel sur les kilos. Reprenez ses photos d'il y a 20 ans. Il était plutôt voire très enveloppé. C'est ballot de bâcher les gros quand on l'a été soi-même. Et ça prouve en tous cas qu'on ne s'aime pas beaucoup.
 
Tout ceci pour dire que ces gens qui se prétendent créatifs, iconoclastes et hors normes sont en fait bel et bien les plus conformistes qui soient.

Ils n'acceptent pas d'autres représentations de la vie que la leur. Représentations on ne peut plus limitées et classiques : on est jeunes, beaux, minces et créatifs.

 
C'est consternant de bêtise et d'étroitesse d'esprit. 

Je rappelle juste au passage à ces gens si créatifs et si géniaux que la plupart des vrais génies sont des gens qui pensent "hors de la boite" comme disent nos amis britons. Qui ne s'encombrent ni des conventions, ni de penser comme tout le monde ou pour plaire à tout le monde. Et qui justement ont une vision bien plus large que la plupart d'entre nous, pauvres mortels.

 

Des génies comme moi je veux dire.

Qui a crié "le génie de la connerie, ouais !" ?


Je te vois au fond dans la salle. J'ai ton nom. Les représailles vont pleuvoir.

Je te préviens.

 

karl+lagerfeld.jpg

Ouais, un "Karl, Who ?" c'est tout ce que tu mérites sur ce coup-là

31/05/2011

Le génie est (parfois) ennuyeux

Pas question de se moquer du sérieux de certaines oeuvres ou réflexions qui, par essence, sont ardues à aborder.

 

Schopenhauer ou Heidegger n'ont pas couché leurs réflexions sur le papier pour qu'on se bidonne sur l'influence du christianisme dans la pensée métaphysique contemporaine.

Mais parfois le qualificatif de "génie" me laisse quand même dubitative.

 

Prenons au hasard (et entre autres) le récent palmé d'or au festival de Cannes : Terrence Malik. Ce type est encensé par l'ensemble des professionnels de la profession, critiques cinématographiques compris.

Pour ma part, je n'ai jamais pu aller au-delà d'une demi-heure de ses films sans tomber dans une transe catatonique avec filet de bave qui me coule à la commissure des lèvres.

Bon, venant d'une fille qui se poile pendant deux heures au visionage de "Fausses Blondes Infiltrées", vous me direz ce n'est pas forcément une référence. Et mon appréciation est forcément personnelle et orientée.

 

Ce à quoi je rétorquerai que j'ai aussi visionné quelques pellicules ardues et pas faciles d'accès sans pour autant basculer la tête à l'envers en ronflant sur mon fauteuil.

3 heures de Barry Lindon ne m'ont pas fait mollir d'un cil. Par exemple.

 

Mais pour Terrence Malick, rien à faire. Je reste totalement hermétique à ce que tente de raconter ce type. Dans n'importe lequel de ses films d'ailleurs. Ses longues démonstrations lyrico-naturalistes me passent totalement au-dessus du sifflet.

 

Bergman me faisait le même effet. J'avais une amie qui était fan et qui, comme la quasi-totalité des réalisateurs et critiques cinématographiques, encensait littéralement l'oeuvre du maître suédois.

 

Elle me traînait voir "cris et chuchotements" et alors qu'elle buvait les plans panoramiques sans fin, j'étais recroquevillée sur mon fauteuil dans une sorte d'hébétude figée, attendant que l'interminable séance se termine pour aller me requinquer avec une crêpe à la crème de marrons.

Et oui, j'ose le crier à la face du monde 

BERGMAN C'EST CHIANT. 

Se trifouiller le nombril avec un tournevis en chuchotant "Ingemar... Tu n'as pas descendu la poubelle, je crois que notre couple est en péril" Ca ne parle pas à mon âme.

Comme Godard dont je n'ai jamais pu terminer un film, y compris Pierrot le Fou.

 

Mozart, Matisse, Basquiat, Keith Haring, Tennesse Williams ou Baudelaire me parlent, en revanche. Je suis peut-être simplement plus sensibles aux gens qui s'adressent plus aux tripes qu'au cerveau.

Tout est affaire de subjectivité, certainement.

 

Je reconnais cependant volontiers que certains artistes, auteurs, penseurs qui ne déclenchent aucune phéromone en moi sont néanmoins des génies.

 

Je n'aime pas Picasso, mais je reconnais qu'il est un incontestable pilier de la peinture moderne. Et qu'il a marqué et bouleversé son art.

 

Et que ce n'est pas parce qu'un cinéaste fait 3 entrées qu'il n'a aucun talent. Ou l'inverse. 

 

Si "bienvenue chez les ch'tis" est un film culte dans 20 ans, je vous assure que je m'engage à acquérir l'intégralité de la filmographie de Terrence Malick et à la visionner de la première à la dernière minute.

Il faudra juste me faire une piqure d'amphétamines après pour me ramener à un état conscient.

Parce que oui, le génie est (parfois) ennuyeux.

 

(ceci dit d'abominables terroristes osent prétendre que Malick est un cinéaste totalement surcoté qui n'intéresse que des critiques de cinéma cherchant à se rendre intéressants. Je ne valide absolument pas ces propos odieux, bien évidemment)

 

images?q=tbn:ANd9GcS8h1QYnjgdehd1hIThdmTTfUZPuWYZSnxNF6GOhCGqf0bRJTxLdQ

06:00 Publié dans Cinéma, Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : malick, bergman, godard, kubrick, génie, ennui | |  Facebook | |  Imprimer | |