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03/11/2011

La politique expliquée aux blondes - 11 - La technique Giulia

Alors amie blonde, et toi aussi, ami blond (halte à la discrimination), imagine un peu : tu es un président de la république en perte de vitesse dans les sondage, tout ce que tu entreprends, c'est la loose, tes potes vont en prison, tu as la justice aux fesses, et la seule qui te défend encore c'est Nadine Morano.

 

...

Ok, tu t'es embrouillée avec tes cop's, ta robe sors de la collection de l'an dernier, ta manucure est en vrac et tu as loupé ton brushing, you get it ?

...

Voilà. C'est pareil.

Tu ne peux pas décemment rester dans cet état, surtout si tu veux être réélue Miss Périgord (ou Président une deuxième fois)

Donc imagine, tu as réussi à faire un môme à ta gonzesse, (non pas toi Miss Périgord, c'est une figure de style)

Bon point, le gosse, ça émeut la ménagère de moins de 50 ans, ça peut rapporter du vote utile.

MAIS petit problème, la frange traditionnaliste de ton électorat (= tes copines un peu psychorigides tu vois) n'apprécie pas trop de voir ta vie privée s'étaler dans Voici et Gala.

Commentil se fairetu pour tirer quand même avantage de la situation ?

C'est là que tout bon Dir'Com' se lève et te crie "UNDER COMMUNICATION"

Soit traduit en français "SOUS COMMUNICATION"

Ok, ça t'avance pas, je t'explique donc.


Le principe la sous communication c'est ne rien dire, tout en le disant, mais en ne disant rien pour laisser les autres le dire.

Première étape : ne rien dire directement, se contenter de sous-entendus, dans le cas précis petits sourires avec la tête sur le côté genre "j'ai un secret tu sais, tu voudrais bien le connaitre, non ?"... Laisser la rumeur courir toute seule.

Etape deux : organiser des fuites dans des médias spécialisés qui vont s'arracher le scoop. Utiliser son père, des amis, JP Pernault ou autre pour en parler. Ne rien confirmer pour faire monter la sauce. Attendre.

Etape trois : sortir la mère avec petit ventre en avant, possiblement dans un évènement international. Lui faire prendre des poses avec la tête sur le côté la main sur le bide, et un petit sourire qui en dit long, mais sans rien confirmer. ... Sinon par des tiers. Qui en profitent pour féliciter l'heureux couple. Laisser mijoter

Etape quatre : MONTRER le ventre, mis en scène lors d'une scène balnéaro-bucolique avec des clichés de pris à l'insu de mon plein gré mais volontairement. Pour rassurer la ménagère, et l'attendrir encore un peu plus.

Etape cinq : dans les derniers mois, rassurer sur le fait qu'on ne dira rien, mais faire apparaitre la future mère ventre en avant et tout sourire de madone en bandouillière pour des interviews chez Drucker, dans le Figaro, Paris Match et autres médias trop contents  d'avoir le ventre présidentiel en tête de gondole. Affirmer haut et fort "je ne montrerai jamais cet enfant" comme on avait dit "je ne communiquerai pas sur cet évènement"

Etape six : bloquer pendant des semaines la rue où se situe la clinique de la future maman. Ca énerve tout le voisinage, ça coute une blinde au contribuable, mais ça mobilise les médias qui veulent être les premier à annoncer l'heureux évènement

Etape sept : le jour J, reprendre l'étape 2. Et faire des allers-retours à la clinique en se montrant avec des dossiers sous le bras. Pour dire "je suis hypra busy, mais je suis un père attentionné quand même, regardez"

Etape huit : jour J+1, faire monter les enchères sur le prénom, faire savoir qu'on ne fera aucun communiqué officiel, mais glisser des petites phrases entendues en souriant tendrement lors d'une visite officielle. 

Etape neuf : jour J+2, dévoiler le prénom de la petite sur le site de la maman. Ce n'est donc pas un communiqué officiel. Ni une communication sur l'évènement. Pas du tout.

Etape dix : faire passer discrètement l'information que maman va sortir de la clinique. Pour avoir les photos partout. Avoir un petit bout du nez de la gamine qui dépasse sur une photo dans Match. Je rappelle qu'on avait dit qu'on ne la montrerait jamais.

Etape onze : faire des photos hypra naturelles du couple prise toujours volontairement à l'insu de leur plein gré par le Figaro, journal d'opposition notoire, avec le bébé dans les bras (peuvent pas prendre une poussette comme tout le monde) en promenade en plein PARC PUBLIC du chateau de Versailles alors qu'on a un domaine de watmille hectare juste derrière où la balader (merci le petit journal)

Image-2.png

Voilà. Résultat, on en parle partout sans en parler mais en parlant. Et la ménagère elle essuie une larmichette d'émotion du coin de son tablier à carreau.

C'est beau l'instinc paternel, et ça peut rapporter des votes.