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15/01/2009

Une belle histoire

Aujourd'hui, c'est un peu moins pouet-pouet rigolade que d'habitude, et avec un billet assez long. Mais, lisez jusqu'au bout, vous verrez, je pense que l'histoire va vous plaire

J'avais évoqué très brièvement lors d'un précédent billet le fait qu'une de mes amies nous avait longtemps dissimulé une partie de sa vie, parce que douloureuse,  et n'avait révélé la vérité que très récemment.

Elle m'a autorisée à en parler aujourd'hui, sans révéler son identité, bien évidemment, car elle écrira peut-être un jour elle-même son histoire de façon plus détaillée...

Je connais Y. (je la désigne par son initiale par commodité) depuis plus de 20 ans.

D'abord simples collègues, nous sommes devenues amies et nous voyons régulièrement hors du contexte professionnel.

Elle m'avait jusqu'alors toujours raconté sa mère avait toujours refusé de lui révéler l'identité de son père et l'avait élevée seule.  Sa mère avait en outre coupé toutes les relations familiales pour des raisons obscures. Y. n'avait donc d'autres liens que sa mère.

En fait Y. évitait plutôt ce sujet quand nous venions de temps à autre à en parler.

Récemment, Y. nous annonce qu'elle part pour Abu Dhabi avec son mari. Un peu curieux comme destination. Mais après tout, elle voyage régulièrement dans des contrées exotiques. Donc, pourquoi pas.

A son retour, assez émue, elle nous dévoile l'objet réel de son voyage, et sa véritable histoire.

En fait, elle bel et bien  connu son père.  Elle a même vécu une partie de son enfance avec lui, jusqu'à l'âge de 7 ans.

Son père est violoniste et professeur. Il jouait dans un orchestre de chambre..... à Bagdad, car oui, son père est Irakien.

Sa mère a rencontré son père qui était venu faire ses études musicales à Paris dans les années 50.
18 mois exactement après la naissance de leur fille,  elle quitte même la France pour s'installer avec lui à Bagdad

D'où sans doute la raison de la brouille avec la famille maternelle pour qui un mariage avec un Irakien passait très moyennement. On était à la fin des années 50, en pleine guerre d'Algérie.


Un jour sa mère, pour des raisons qui lui appartiennent, décide de revenir en France.
Elle quitte l'Irak avec la petite fille pour s'installer en région parisienne. En effaçant ses traces. Et en refusant de revenir sur son passé. Y. occulte également cette partie de son enfance au fur et à mesure qu'elle grandit et qu'elle se rend compte que cette histoire lui porte plutôt préjudice dans ses relations.

Une fois adulte, mariée et maman, elle enfouit même tellement cette histoire qu'elle la cache à son propre fils.
Elle déteste tout ce qui s'y rapporte,  se méfie des arabes... En fait elle a honte à force de mauvais retours quand elle se confiait. Elle en vient même à ne plus supporter son prénom à consonnances orientales.

Récemment, elle commence à se dire qu'il faut essayer de renouer les fils. Elle pense à son père à nouveau surtout depuis la 1ère guerre du golfe, puis de la deuxième qui lui font se demander s'il est encore est vivant et si elle pourra le revoir un jour !

Elle tape le nom de son père à tout hasard sur internet.

Et tombe sur un blog,  où une journaliste interviewe son père.
Très émue, elle parvient à contacter la journaliste Irakienne, installée à Boston  qui lui confirme qu'elle a bien interviewé son père, qu'il était vivant en 2005, date de l'interview, qu'il l'est toujours bien que déjà âgé, et qu'il habite Bagdad. Elle lui indique également un vidéo datée de 2003, où Y. peut revoir son père pour la première fois depuis bien longtemps.

Mais, compte tenu de la situation chaotique de l'Irak, comment lancer des recherches  pour le retrouver ? Y. a l'idée d'essayer de contacter l'ambassade de France à Bagdad, mais pas de numéro de téléphone, et pas de mail. Elle trouve une adresse générique, envoie un mail à tout hasard pour expliquer sa démarche.


Pas de réponse dans un premier temps. Y. pense qu'elle est dans une impasse.
A sa grande surprise, peu après, l'ambassade de France la contacte. Ils ont fait preuve d'une efficacité redoutable : ils ont retrouvé son père, et lui communiquent même ses coordonnées.

Imaginez l'état d'esprit de Y. qui parvient donc à joindre son père au téléphone, plus de quarante ans après leur séparation !!


Et l'émotion d'un père qui renoue avec sa fille - qu'il avait tenté de retrouver de son côté : il était même revenu en France en 1965 un an après le retour de sa fille pour tenter de la revoir, mais sans succès, Y. l'apprend à ce moment.

L'émotion du père est d'autant plus forte qu'il découvre qu'il est grand-père d'un (déjà grand) petit-fils pour la première fois.

Car il apprend à Y. que si elle  à deux demi-frères, (il s'est remarié 3 ans après le départ de sa première femme) - un qui habite avec lui à Bagdad, le second qui habite à Abu Dhabi,  aucun des deux n'a d'enfants.


Y.
qui avait pensé pendant des années être seule au monde avec sa mère, se retrouve donc brutalement à cinquante ans dotée d'une très grande famille car outre ses deux demis-frêres, elle a une flopée de cousins, oncles et tantes dans plusieurs pays différents.

Voilà donc l'explication de son voyage à Abu Dhabi, d'où elle rejoint Dubaï pour rencontrer pour la première fois un de ses demi-frêres, à la plus grande joie de tous !


Compte tenu de la situation en Irak, elle n'a pas pu encore revoir son père, ni son autre demi-frêre, uniquement les joindre par téléphone et mail.
Mais elle espère bien pouvoir y arriver un jour.

Un vrai roman, non ?
Une belle histoire en tout cas. Quand Y. me l'a racontée, j'ai été très surprise - et touchée -
Quand je vous disais que vos proches pouvaient vous réserver des surprises.
Et vous qu'en pensez-vous ?

Edit : Le commentaire de Y.

Je suis contente de voir tous ces retours si positifs.
Dans les histoires de séparations de couples il y a souvent beaucoup de haine. Il y avait aussi une grande différence culturelle entre eux deux ce qui a dû accentuer les animosités. Ma mère m'a toujours parlé de l'Irak et de mon père en termes très peu élogieux. Tout y était mauvais, et mon père avec. Je me souviens très bien que ma mère, personne extrêmement sévère me disait lorsqu'elle en avait après moi, pour des raisons diverses ; "tu ressemble bien à ton père", "tu es égoîste comme lui"... des choses pas très agréables. Et je n'avais qu'un son de cloche.
Bref, tout ça pour dire que je ne voulais pas en parler parce que j'en avais honte que pour moi c'était un fardeau. J'ai vécue une première vie qui s'est terminée à mes 7 ans, puis une deuxième seule avec ma mère. Aujourd'hui, je recolle, je guérit de mes maux, je commence à ressentir mon histoire comme un cadeau et même plus : une chance.

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : bagdad, irak, famille, retrouvailles | |  Facebook | |  Imprimer | |

23/06/2008

Non ce n'est pas l'ami Ricoré...

Le soleil vient de se lever,

encore une belle journée,

Et il va bientôt arriver,

l'ami... Dictateur..

Apparemment, la nouvelle spécialité française est bel et bien l'accueil avec faste, tambours et trompettes des dictateurs, surtout moyen-orientaux. Après le foldingo Khadafi et sa tente de bédouin plantée quasiment en plein Champs-Elysées, voici que le leader Minimo se plait à convier Bachar El-Hassad, de chez Syrie-Dictateur-de-Père-en-fils Compagnie (avant lui, son papa avait  déjà sévi pendant une quarantaine d'année). 

Boh, pas grave, du moment qu'on peut lui fourguer quelques chars, une centrale nucléaire et éventuellement un TGV avec un joli noeud rose autour... Qu'est-ce que valent la vie de quelques Libanais miteux (qui n'ont pas de pétrole en plus !) que la Syrie occupe depuis plus de 20 ans ou quelques opposants minables dont on a rien à cirer... Quitte à aller AUSSI en Israël quasiment simultanément pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier (on ne sait jamais) essayer de vendre aussi quelques chars, voire l'incasable avion de combat Rafale, fabriqué par Dassault, tellement perfectionné que personne n'en veut, même pas l'armée française.

Du coup, Chirac joue les pères-la-vertu et se drape dans sa dignité en refusant d'assister au cérémonie du 14 juil'.

Je tiens à rappeler à Papi, qu'en tant que Premier Min'  il a quand même reçu avec tambours et trompettes Saddam Hussein, autrefois Grand Ami pour la Vie de la France, avant d'être déclaré persona non grata pour cause de guerre en Irak. Sans parler de tous les personnages plus ou moins douteux qui ont franchi les marches de Matignon ou de l'Elysée.

Et oui, c'est ce qu'on appelle la realpolitik : quand les réalités économiques prennent le pas sur les considérations éthiques.

Je propose du coup que la France fasse son coming-out et se déclare "partenaire officiel des dictateurs", avec un joli petit logo à apposer sur tous les documents officiels.

Elle est pas bonne mon idée ? Hein ? Non ! Ben pourquoi ?? 

 

 

10:23 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : sarkozy, syrie, irak, lybie, el-hassad, khadafi, saddam hussein | |  Facebook | |  Imprimer | |