Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/06/2013

La politique expliquée aux blondes - 16 - Mon boulot ? Fusible du chef

Amie blonde je m'aperçois avec horreur que je t'ai laissée dans le brouillard et l'incertitude depuis le mois de mars.

Ceci dit, l'affaire Cahuzac était relativement facile à comprendre, sauf cas neuronal désespéré. Et le reste des rebondissements de notre politique intérieure pas tellement passionnants à suivre. 

L'inspiration n'était donc pas au rendez-vous pour me lancer dans un decryptage blondesque.

Mais, le printemps et l'été promettent quelques dossiers qui me font frotter les mains d'avance (après avoir appliqué du top coat, bien sur) car cette fois, il y a matière à rigoler et à décrypter la chose pour toi, amie peroxydée qui cherche à comprendre les mystères des cabinets ministériels et de la présidence.

Euh, non, ne me tends pas un rouleau de papier toilette.

Cabinet ne veut pas forcément dire pipi.

Quoique.

Parfois on a envie de se faire pipi dessus aussi.

Je vais prochainement par exemple m'atteler à un résumé de l'affaire Tapie, qui est presque aussi claire que le tunnel sous la manche par temps de brouillard  vu la façon dont les divers médias nous la présentent.

Même moi je n'y comprends parfois pas grand chose, c'est dire.

Note au passage la très haute estime dans laquelle je tiens mon cerveau, c'est toujours pas mal d'estimer une partie de son anatomie, et vu que j'ai omis de passer le rester à la chirurgie esthétique, il ne me reste que ça en fait.

Note également comme j'use et abuse de la digression pour remplir un billet avant d'arriver à son sujet principal qui finalement ne tiendra qu'en quelques lignes.

C'est ce qui s'appelle noyer le poisson.

Ou envoyer un écran de fumée pour faire croire que tu sais des choses.

Ou, quand tu as quelqu'un à envoyer à ta place pour prendre des coups quand tu as fait des trucs pas très recommandables, faire sauter un fusible.

Et en politique, quand tu arrives au sommet et que tu es chef, il est souvent hors de question d'être mis en cause dans des dossiers où tu risques de te faire pincer les doigts dans une porte. 

En général, tu t'arranges avant pour désigner un gusse de ton équipe pour aller à la Santé et ramasser la savonnette qu'un gentil co-détenu a malencontreusement fait chuter à ta place.

Par exemple, pour revenir en arrière sur les présidences précédentes, Charles Hernu avait porté le chapeau pour Mitterrand dans l'affaire du Rainbow Warrior (c'est moi seul qui ait donné l'ordre, le président ne savait rien), et Juppé dans celui des emplois fictifs de la Mairie de Paris (c'est moi seul qui ait signé les papiers, le président ne savait rien).

A priori là tout de suite maintenant pour Sarkozy, on sent confusément que c'est plouf-plouf-ce-sera-toi-qui-portera-le-chapeau.... CLAUDE GUEANT TU AS GAGNEEEEEEE OUAIIIIIIIIS.  Tu t'y colles et on viendra te porter des oranges au parloir. Et quand tout ça ce sera fini on te trouveras un joli placard doré bien payé où tu pourras finir ta carrière péperlito, voire même repartir de zéro, avec un peu de chance, tu sais les gens ont tellement peu de mémoire...

Claude effectivement, peut chanter "toute la pluie tombe sur moi" en faisant des claquettes menottes aux poignets.

Affaire Tapie, dessous de tables de cabinet, financement Libyen de la campagne de Sarkozy, emploi fictif, détournement de mobilier, la TO-TALE.

Même le Figaro en parle et liste le cahier des charges c'est dire si Claude est dans la panade.

D'autant que son ex-patron le petit Nicolas s'est soigneusement chargé de proclamer "c'est pas moi, c'est lui" dans les médias.

Je lui reconnais au passage un immense talent à Nicolas. Celui de toujours trouver quelqu'un pour prendre les coups à sa place. Ca doit dater de la cour de récré où déjà il devait soudoyer ses copains avec des bonbons pour se faire taper dessus par le baleze de l'école à sa place.

A ce stade de tirage sur l'ambulance, je soupçonne quand même qu'en prime d'avoir endossé plus ou moins volontairement le job de fusible, ses copains à qui il a servi des coups tordus à l'Elysée, puis au ministère de l'intérieur ne se vengent en balançant quelques dossiers juteux, maintenant que Claude n'a plus aucune protection officielle.

Et oui, rappelons au passage que Claude a loupé son parachutage à Boulogne. Qui lui aurait procuré une immunité parlementaire qui lui fait bien  défaut aujourd'hui. 

C'est ballot.

Nous verrons donc si Claude poursuit son rôle jusqu'au bout ou si, dans un accès de folie furieuse, il arrache ses fringues en hurlant "JE VAIS TOUT VOUS DIRE, NICOLAS A TOUT MANIGANCE".

J'ai un gros doute sur ce dernier point. 

On en a retrouvé suicidés dans la nuque pour moins que ça.

A moins que le gars veuille entraîner lui-même, son parti et ses copains dans l'abîme sans aucune chance de remonter la pente après, il n'y a pas intérêt.

Il va donc certainement préférer le placard doré, éventuellement après un court passage dans le quartier VIP à la Santé assorti d'un petit procès.

Ca va lui permettre éventuellement de peaufiner sa vengeance.

Après tout, Guéant aussi doit avoir des petits dossiers bien propres sur ses amis qui peuvent servir en temps voulu.

On a pas fini de rire et de faire des "politique expliquée aux blondes"

C'est clair comme de l'Excellence crème 10 minutes de L'Oréal

3600521453469_XL.jpg

 

 

 

 

26/11/2012

La politique expliquée aux blondes - 14 - C'est qui le chef de le L'UMP ?

A aujourd'hui amie blonde je te sens plongée dans un abîme de perplexitude et d'anxiogénie.

On y comprend plus rien à l'UMP. C'est comme qui dirait un bordel monstre et on est presque au stade de suicides collectifs massifs tellement les gens sont désespérés.

Ou se marrent. En fonction des sensibilités ou de l'heure de la journée.

Non, je t'en prie, toi ne fais aucun geste désespéré, je vais tenter de t'expliquer de quoi il en retourne

Chronologiquement parlant, hein, pour ménager tes petits neurones surchargés.

Je ne voudrais pas être responsable d'une embolie cérébrale.

Mai 2012 

La France Forte flotte. L'ex petit président perd l'élection et prend des longues vacances au Maroc avec Carla. Du coup son parti n'a plus de chef. Enfin si. Y'en avait un. Qui s'y voyait déjà en haut de l'affiche. Jean-François. Un grand type dégarni qui danse en short avec des milliardaires Libanais un peu douteux. Et qui joue de l'harmonium pendant les fêtes de sa ville de Meaux. Un gars sérieux, quoi. 

Juin 2012 et un peu après

Jean-François dit qu'il veut rester chef de le L'UMP. Mais le problème c'est que les autres veulent être chef aussi. Parce que chef de le l'UMP ça veut dire que tu peux éventuellement être président dans 5 ans. Et Président c'est un peu chouette. Tu as des huissiers qui t'apportent des jus d'orange, un avion privé de président avec un four à pizzas et tu tapes la converse avec Obama. Mais donc, il faut d'abord être chef de le L'UMP.

C'est pour ça que François, l'ancien premier ministre du petit président, dit gros-sourcils, veut être chef aussi Après 5 ans passés à se faire taper dessus, il estime qu'il a le droit de taper sur les autres. En plus il aime moyen Jean-François alors ça l'ennuie de le voir devenir chef. Le L'UMP décide alors de faire dans la modernité des States et d'organiser des élections internes pour décider qui sera Le le chef de le parti. Je ne te refais pas la chronologie de qui déclare quand il veut être chef, ça va t'embrouiller.

Juin à novembre 2012 : 

Les candidats qui veulent être chef font campagne en tenant des discours dans toute la France. Des discours à base de "avec moi tout va mieux" et de "je suis le meilleur de l'univers" . Mais aussi de pains au chocolat volés par des méchants salafistes en burka qui veulent faire sauter nos boulangeries. C'est Jean-François qui veut absolument défendre le pain au chocolat made in France. François lui, il se contente de tomber de scooter, de froncer les sourcils, de prendre des anti-dépresseurs et de dire "je suis bon comme chef, si si". (ou à peu près). Les sondages donnent François gagnant. Le pain au chocolat ne semble pas faire recette.

DIMANCHE 18 NOVEMBRE

C'est le jour de le vote. Au fil de la journée, les premières remontées des bureaux de vote montrent que le pain au chocolat fait finalement de bons scores. Ala fin de la journée on comprend que le compte des voix risque d'être long parce que le score est serré comme le front de Marion Cotillard quand elle essaie de jouer une scène de mort très compliquée. Alors qu'on devait avoir le résultat à 21 heures, à 23 heures, on attend toujours. Alors Jean-François s'énerve et, comme Napoléon, se pose la couronne sur la tête tout seul. En disant qu'il a 1000 voix d'avances.

De rage, François jette ses anti-dépresseurs en les piétinants et annonce aux tévés que pas du tout, c'est lui qui a été élu avec 224 voix d'avance. 

Les noms d'oiseaux fusent entre les deux camps qui s'accusent mutuellement d'avoir triché. Pour les uns, c'est le camp adverse qui a mal organisé les élections exprès . Pour les autres, l'ennemi a bourré les urnes en faisant voter les absents, les morts, voire les chats.

Bref à 5 heures du matin, au grand désespoir des envoyés spéciaux qui font le pied de grue devant le siège de l'UMP et sont à la limite du nervous breakdown, on en est toujours au même stade.


LUNDI 19 NOVEMBRE

La France qui se lève tôt apprend avec stupre et putréfaction que le bordel de la soirée précédente n'est toujours pas terminé. Et que l'UMP a une commission électorale qui répond au doux nom de COCOE qui va recompter les votes.

D'où un nombre incalculable de blagues vaseuses dans les médias et sur les réseaux sociaux à base de noix de coco et autres fruits exotiques. 

Les deux camps se renvoient toujours "tu as triché" "non c'est toi le tricheur pas joli" "non c'est toi" à la figure, via les lieutenants des deux chefs.

Pendant ce temps la COCOE recompte. Et finit par annoncer le soir que c'est Jean-François, son orchestre et ses pains au chocolat qui ont gagné avec .... 98 voix d'avance.

A ce stade, il a certes gagné le droit d'être chef, mais la France entière rigole sous cape. Et sur cape aussi d'ailleurs. 

François boude dans son coin. Et reprend un anti-dépresseur.

MARDI 20 NOVEMBRE

Jean-François, les gens qui aiment les pains au chocolat et la France forte jubilent. Et commencent à se répartir les bureaux (tiens toi tu vas t'installer dans le bureau à gauche du couloir, celui qui est repeint en vert) pour régner sur le L'UMP et l'univers. 

Vu qu'il y a quand même des gens pro-François qui menacent quitter le parti, Jean-François fait l'effort de dire que François peut lui tenir sa traîne dans les cérémonies officielles pour faire genre je suis ton meilleur ami.

Et reviens Léon j'ai les mêmes à la maison.

Mais François boude toujours dans son coin. Et refuse. En machouillant ses anti-dépresseurs.

 

MERCREDI 21 NOVEMBRE

Retournage total de situation. Les copains de François ont tout recompté et clament que la COCOE a oublié 1000 votes. Dans des coins paumés dont tout le monde se contrecogne en temps ordinaire genre Wallis et Futuna.

La COCOE refuse de revenir sur sa décision. D'ailleurs ses membres sont tous morts d'épuisement. Ou alcooliques. Ou drogués à ce stade.

Le clan de François propose qu'Alain, figure historique de le L'UMP, autrement dit "le meilleur d'entre nous" essaye de trouver une solution pour réconcilier tout le monde. Sinon, certains d'entre eux menacent de partir en trépignant très fort avec leurs petits pieds. C'est "parlementaires au bord de la crise de nerf". 

La France aussi est au bord de la crise de nerfs. Tout le monde en a marre de ce bordel. Les licornes se suicident en masse et des Femen extrémistes menacent de pendre Nadine Morano par le brushing pour qu'on en finisse.

La tension est à son comble quand François  annonce sur le plateau du 20 heures de TF1 qu'il renonce à être chef, mais pas à se venger (faut ce qu'il faut) il envisage donc d'aller devant la justice parce que le monde est cro cro méchant. Sur le plateau de France 2, Jean-François sort les pec's, se frappe la poitrine et défie son rival de saisir la Commission Nationale des Recours de le l'UMP.

Ou CONAR. Si. je t'assure. Tu ne rêves pas.

Entre temps les gens se demandent si on peut vraiment faire confiance à un partir qui nomme ses commissions COCOE et CONAR.

 

JEUDI 22 NOVEMBRE

 

La guerre des tranchées continue. "C'est lui", "c'est moi" "non c'est lui" "non c'est toi" qui a triché . Et ça contine encore et encore.

Résultats et contre résultats s'envolent de chaque côté.

Alain qui a accepté de tenter de régler ce souk, en a marre et tape du poing sur la table "ON FAIT COMME JE DIS OU CA VA CHIER ET VOUS AVEZ JUSQU'A 20 HEURES".

Pendant ce temps la COCOE admet qu'elle s'est plantée. Mais ne veut rien savoir, son président affirmant "c'est comme ça épicétout". Formidable argument politique. 

La presse craque. Olivier Mazerolle pète un câble en direct sur BFM et avale tous les anti-dépresseurs à sa portée, dont certainement ceux de François. Les réseaux sociaux sont hilares. Les centristes ouvrent des bouteilles de Veuve Clicquot et font des champagnes showers. Marine Le Pen danse la gigue en sabots suédois. Ils vont récupérer watmilles adhérents.

Tonton Alain garde néanmoins le cap et dit qu'il espère résoudre la situation. En râlant. Et propose de faire une commission pour dénouer le problème.

Le nom de la commission ? On ose même plus y penser. 

 

VENDREDI 23 NOVEMBRE

Tonton Alain s'énerve à nouveau. Il en a marre qu'on le prenne pour une buse.

Avant que sa commission ne se mette au travail lundi, il demande une réunion de calumet de la paix avec les deux rivaux dimanche soir. Jean-François veut, puis veut plus, puis reveut, puis ne reveut plus.

Bref, comme les jours précédents, on ne sait plus trop. Ca énerve visiblement Jean-François qu'Alain prenne des décisions. Après tout c'est lui le chef, dit-il. Tout l'énerve cet homme en fait, même les pains au chocolat.


SAMEDI 24 NOVEMBRE

C'est calme. Jean-François fait du shopping. François du vélo. Leurs copains s'engueulent copieusement. Un samedi normal, je te dis.


DIMANCHE 25 NOVEMBRE

Retour vers le futur. Ou au point de départ. 

Alors que la CONAR a commencé ses travaux dont tout le monde se contretamponne totalement, les membres de cette commission proches de François claquent la porte. Parce que les proches de Jean-François sont cro cro méchants et trichent.

Les autres ont continué jusqu'à 19h. Pourquoi ? On ne sait plus trop.

La réunion de calumet de la paix convoquée par Alain entre les deux ennemis capote. Alain claque la porte en gueulant  "ALLEZ TOUS VOUS FAIRE ENC...." (enfin je suppose).

Jean-François déclare "c'est moi le chef épicétout" .

François déclare "SI C'EST COMME CA JE FAIS UN PROCES".

Et on repart pour un tour.

Et pendant ce temps là Nicolas ricane dans ses talonnettes.

Et attend qu'on le rappelle.

 

C'est tout pour le moment.

A suivre.

 

2345657_ump3.jpg


 

(j'ai achevé ce billet hier soir en début de soirée, s'il y a des développements postérieurs, évidemment ils ne sont pas intégrés)

 Inspiré des chronologies du Monde et de l'Express.

 

MISE A JOUR DU LUNDI 26 NOVEMBRE

Dans la nuit de dimanche à lundi François a fini par s'endormir, ses lieutenants lui ayant remplacé ses anti-dépresseurs par des somnifères. Jean-François lui ne dort pas. Il se bourre de pains aux chocolat pour tenir. Du coup il appelle son ancien chef, Nicolas les talonnettes, de retour d'Asie. On ne sait pas trop ce qu'il se sont dit mais Jean-François est encore plus remonté que d'habitude et court sur tous les plateaux télé pour crier "C'EST MOI LE CHEF".

François lui déjeune avec Nicolas qui applique à ce stade le vieil adage "ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier". Un pied dans chaque camp, juste au cas où.

Alain est tellement à cran qu'il poste des vidéos comiques sur les réseaux sociaux, puis les retire, contre tout bon sens et tenue qui sied à son rang.

Les supporters de François veulent revoter et lancent une pétition. Ils proclament que plein de gens veulent faire comme eux.

En milieu d'après-midi la désormais célèbre CONAR décrète que c'est Jean-François qui est le chef. Et que comme Jésus il a mystérieusement multiplié les pains. Ou plutôt les voix. Il en a dix fois plus d'avance qu'avant.

Jean-François kiffe la vaïbe et prononce son 3ème discours de "j'ai gagné" en une semaine.

François appelle son avocat en grommelant "ta mère suce des b... en enfer, motherfucker" (François a trop regardé l'Exorciste) (d'où les sourcils). 

Aux dernières nouvelles Nicolas les talonnettes, de retour d'Asie, après dit à tout le monde qu'il soutenait tout le monde histoire de mettre le souk  a décidé de continuer à dynamiter son ex-parti. En déclarant qu'il pense qu'il vaut mieux voter à nouveau. 

A ce stade Nadine qui soutenait Jean-François mais kiffe Nicolas est hystérique façon Castafiore sous amphétamines. Olivier Mazerolle se fait hara-kiri sur le plateau de BFM. Alain  sort tout nu dans les rues de Bordeaux en courant. Jean-François se roule par terre en hurlant. François commence l'héroïne

Et nous on sent bien qu'on est pas encore couchés. Ni sortis des ronces.

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : crise, ump, fillon, copé, juppé, sarkozy | |  Facebook | |  Imprimer | |

02/12/2010

La politique expliquée aux blondes - 7 - Karachi c'est fasheune

 

Ké Karachi ?

Non amie blonde Karachi ce n'est pas le dernier it-cocktail de l'hiver ou le nom d'un jeune créateur qui monte.

Karachi c'est une ville du Pakistan.

Un pays exotique situé vers l'Inde où les dirigeants sont des méchants à moustaches mais on ferait semblant qu'ils seraient gentils cause qu'ils ont la bombe atomique et qu'ils vont tout faire péter si on les fait chier.


Alors me demandes-tu pourquoi parle-t-on du Pakistan pour une affaire qui se passe en France et à laquelle tu ne comprends que couic de rien du tout.


Bouge pas, je t'explique. Dans l'ordre chronologique pour que ton neurone arrive à s'y retrouver. Oui, l'histoire elle commence il y a un poil longtemps mais en visionnant les défilés Chanel et Versace de l'époque, tu devrais pouvoir connecter.

 

  •  3 Mars 1993 : la gauche perd les élections legislatives (pour changer) Mitterrand est obligé de subir une seconde cohabitation. Chirac, patron du RPR, préfère ne pas se griller en vue de la présidentielle (son boulot de dans deux ans comme disaient les guignols de l'époque) et envoie son "ami de 30 ans" Edouard Balladur dit Le Pélican, à cause du goitre, au charbon.

 

  • La cohabitation se passe le mieux du monde, Balladur grimpe dans les sondages. Grisé par le parfum des cimes, il se présente à l'élection présidentielle contre son ex- "ami de 30 ans". Le petit Nicolas, à l'époque ministre du budget, qui a déjà les crocs, se range derrière Balladur, en plantant une hache dans le dos de son ex-mentor Chirac. On murmure aussi que les deux hommes sont fâchés à mort depuis que Nico a lutiné la fille Chirac et l'a plaquée.

 

  • 1994:  la France signe un contrat avec le Pakistan pour vendre des sous-marins de type Agosta (pour une fois qu'on vend un truc à quelqu'un). Dans ce contrat, des intermédiaires locaux reçoivent des commissions. Des commissions qu'on aurait gonflé délibérément pour que les dits intermédiaires en reversent une partie à l'équipe de campagne d'Edouard Balladur. Rappelons que Nico est toujours ministre du budget (donc des sous) et porte-parole du team Balladur.

 

  • Chirac est au fond du trou dans les sondages, Balladur au plus haut. Il se voit déjà en haut de l'affiche. Et donne une interview au journal Le Monde sur la politique étrangère. Aie Mitterrand n'apprécie pas du tout qu'on empiète sur son domaine réservé (tonton était susceptible). Du coup, fini la love story avec son 1er ministre. Mitterrand donne les clés à Chirac, lui file ses conseillers en com', et le rend sympathique. Notamment via les guignols qui passent sur Canal +, la chaîne d'André Rousselet, son grand pote. Mais ceci est une autre histoire... 

 

  • 1995: retour sur le front des sous-marins, ils sont bel et bien livrés aux moustachus. Mais Jacques Chirac est élu président aux détriment de son rival au 1er tour (c'est là que Ballamou lance son fameux "je vous demande de vous arrêter") et contre Jospin au 2ème. Il demande à Charles Millon, toujours ministre de la Défense, de stopper le versement des commissions. Nico part pour une longue traversée du désert en exil à Neuilly 

 

 

  • 2002: l'affaire aurait pu rester au stade de quelques (gros) dessous de table. Malheureusement, 15 personnes sont tuées dans un attentat à Karachi, dont 11 salariés français de la Direction des chantiers navals (DCN) de Cherbourg, qui travaillaient au Pakistan à la construction de sous-marins vendus par Paris. Le responsable de l'attentat ? Comme toujours dans cette partie du monde, difficile à déterminer. 

 

 

  • 2008: les familles des victimes en ont marre qu'on les prennent pour des jambons et qu'on cherche à enterrer l'enquête à tout prix. On les comprend. Elles passent à l'offensive et accusent l'équipe Balladur d'être indirectement responsable de la mort de leurs proches, en ayant organisé un système de corruption secret. Et affirment que leurs proches ont été tuées par vengeance sur ordre des intermédiaires Pakistanais furieux de voir s'envoler leur part de tarte. Ou leurs chapatis. Ou leur plat local. Enfin de voir s'envoler leurs pépettes, quoi...

 

  • 2009: Nicolas Sarkozy, entre temps revenu de son exil et, comme chacun sait, omnipotent de la république depuis 2007, affirme qu'il s'agit d'une "fable". C'est curieux comme un adepte du pipeau ne supporte plus qu'on lui joue de la flûte.

 

  • 2010: Charles Millon, ex-ministre de la défense du gouvernement Balladur se met à table. Vengeance ? Trouille ? Pendant ce temps  Dominique de Villepin accuse (il ne loupe pas une occasion). Giscard balance. Alain Juppé, un peu dans les 2 camps calme le jeu, les juges ont les crocs et veulent investiguer tous azimut. Face au marasme, Nicolas Sarkozy promet de déclassifier du secret défense ce qui peut l'être encore. Les familles des victimes menacent de porter plainte contre pas mal de responsables politiques de l'époque. C'est presque autant le souk que l'affaire Bettencourt. Nicolas s'énerve et traite les journalistes de pédophiles dès que l'un d'entre eux ose évoquer l'affaire.

 

Heureusement pour lui,  entre temps, Wikileaks a la bonne idée de balancer des notes diplomatiques secrètes (et finalement pas très intéressantes) qui vont détourner l'attention des montages financiers Karachien pour un moment...Jusqu'à la prochaine fois...

Pour le plus grand bonheur de Nico qui a quand même les pieds dans la boue dans cette affaire.

Et quand Nico a les pieds dans la boue, vu sa taille, il est rapidement recouvert.

Enfin moi je dis ça.

Et merci au Post sur qui j'ai largement pompé cette chronologie...

 

 

KarachiGate-Ridicules-Extremement-Dangereux-RED.jpg

 

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : karachi, sous-marins, sarkozy, villepin, balladur, millon, juppé | |  Facebook | |  Imprimer | |