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03/04/2013

Bouc émissaire

Billet très court.

Suite aux décès regrettables sur l'émission Koh Lanta la responsabilité a été littéralement jetée sur la production,  puis sur les médias, puis sur les réseaux sociaux, responsables d'avoir poussé un homme au suicide.

C'est tellement facile.

Et tellement pratique.

Cette manie qu'on les gens de chercher UN responsable dans un drame. Alors que souvent c'est UN ENSEMBLE de responsabilités collectives

Elle évite justement d'avoir à affronter une responsabilité collective.

Car oui, ce problème sur Koh Lanta c'est notre responsabilité collective.

Toi qui regarde en rigolant des candidats s'affamer et bouffer des chenilles, la production qui veut du spectacle pour faire de l'audience, les candidats qui veulent leur quart d'heure de célébrité, les secours qui ne sont pas arrivés assez vite, les médias qui ont poussé l'info. 

La loi de l'offre et de la demande.

On te propose du sensationnel. Tu participes ou tu regardes. Tu commentes. Tu es responsable.

Moi, toi, eux.

Arrête de te voiler la face.

Tu t'en souviendras éventuellement quand tu regarderas dans une dizaine d'années (ou moins) des gens jouer à la roulette russe en direct en échange de quelques centaines d'euros.

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06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : koh lanta, décès, télévision, médias, responsabilité | |  Facebook | |  Imprimer | |

28/01/2013

d'Ingrid Betancourt à Florence Cassez

Souvenons-nous : il y a quelques années, Sainte Ingrid de la foret amazonienne, mater dolorosa, martyre, victime des méchants FARC dont les comités de soutien chantaient les louanges sur tous les tons avec marches blanches et vente de tee-shirts.


Icone à laquelle il ne fallait surtout pas toucher. Pure, héroïque, quasi-sainte. 

Dont la libération avait été suivie minute par minute par la presse en délire avec en apothéose la réception à l'Elysée par un Nicolas Sarkozy bouffi d'importance et de son statut de libérateur en chef. 


Sans minimiser les souffrances de cette femme retenue pendant des années par des gens moyennement sympathiques au milieu de nulle part dans des conditions atroces, ni celle de sa famille, l'iconisation d'Ingrid et le déferlement médiatique précédant et succédant à sa libération m'avait profondément exaspérée.


J'avais osé exprimer mon opinon, à la plus grande indignation de quasi-tous mes interlocuteurs et au risque de me faire traiter de monstre froid et égoiste.

La suite des évènements ne m'a pas donné tort, semble-t-il. 

A posteriori la dame n'était pas ni aussi désinteressée, ni aussi gentille, ni aussi détachée des contingences matérielles qu'on avait bien voulu le dire.

Il s'est avéré que malgré tous les avertissements, elle s'était volontairement rendue dans la jungle, pour faire un "coup" électoral, pensant que les FARC la retiendraient quelques jours avant de la libérer.

Que les capitaux finançant sa campagne n'étaient pas toujours très clairs,  ou encore que sa famille avait parfois des amitiés et des connexions douteuses.

Certains otages américains emprisonnés avec elle l'ont décrite «égoïste, arrogante, manipulatrice» ; Noël Saez, ancien émissaire de la France en Colombie l'a jugée «ingrate» car elle ne l'a jamais remercié ; son mari Juan Carlos Lecompte, estime qu'elle l'a trahi et abandonné brutalement en demandant le divorce.

Même Clara Rojas, son assistante lors de sa campagne électorale et détenue en même temps dans la jungle colombienne, pourtant très proche d'Ingrid Bétancourt au moment de leur capture, n'a pas hésité à décrire une femme mesquine, seulement préoccupée par son propre sort et prête à toutes les bassesses pour avoir une situation plus confortable. Elle reproche également son attitude à la famille Bétancourt. Qu'elle accuse d'avoir caché des preuves de vie la concernant «par jalousie», afin qu'Ingrid conserve le «rôle principal» dans cette histoire.

Sans l'appui d'un entourage très aisé disposant des bons appuis politiques, Ingrid Bétancourt croupirait peut-être encore dans la jungle, comme c'est le cas de nombreux autres otages.

Règlement de compte ou vérité, son image apparait beaucoup plus contrastée aujourd'hui, comme le résume cet article du journal Le Point

Et ne méritait peut-être pas l'iconisation, la martyrologie et le déferlement médiatique lors de sa libération avec tous les médias en boucle minute par minute sur ses moindres faits et gestes.

On retrouve aujourd'hui les mêmes symptomes dans l'affaire Florence Cassez. 

Innocente ou coupable, même si ses actes ne sont pas toujours très clairs, elle a payé, elle est restée 7 ans enfermée, dans de probables conditions que je ne souhaite à personne.

Mais qu'on en fasse une icone martyre de la souffrance innocente avec déferlement médiatique en boucle pendant 48 heures autour de son retour, reléguant d'autres dossiers dont la crise au Mali ou en Algérie dans l'ombre,  laissez-moi esquisser une moue dubitative.

J'ai personnellement du mal à croire qu'elle ait fréquenté un parrain Mexicain qui, entre autres,  enlevait des gens contre rançon sans se douter un minimum de ses activités.

Les gangsters Mexicains sont notoirement connus pour leur sobriété et leur discrétion.

Cela ne la rend pas coupable pour autant.

A part éventuellement de complicité passive qui ne justifie  pas 7 longues années de détention.

Mais n'explique pas non plus qu'on l'accueille avec plus de flonflons et de trompettes que certains otages qui, eux, se retrouvent détenus dans des conditions encore plus difficiles, et n'ont rien demandé à personne.

Je ne suis pas certaine que la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, qui ont été aux mains des Talibans en Afghanistan pendant 18 mois ait suscité autant de bruit médiatique, par exemple.

Les quelques discussions que j'ai pu avoir avec mon entourage sur le sujet montre que son cas intéresse d'ailleurs plus les médias que le reste.

Voire exaspère tant la seule version des faits qu'on nous livre est celle de ses défenseurs.

Or, comme pour celle d'Ingrid Betancourt,  il reste des zones d'ombres dans cette histoire.

Si on reprend les faits côté Mexicain, son arrestation a été mise en scène, certains temoignages ont été fabriqués, mais d'autres restent assez troublants sur son rôle.

Notamment ceux de certains ex-detenus de son petit ami qui insistent sur son rôle actif dans les détentions d'otages.

A lire ce témoignage (en espagnol, mais compréhensible).

Pour une majorité de Mexicains, elle est bel et bien coupable, même si sa peine de prison était démesurée et il peinent à comprendre sa libération. La justice Mexicaine n'a pas formellement conclu à son innocence, même si elle a été libérée.

J'ai été assez troublée, je l'avoue par son attitude juste après son retour en France.

Outre le fait qu'elle demande à Sarkozy de venir l'accueillir (pour rendre l'évènement plus spectaculaire ?) je l'ai trouvée très à l'aise médiatiquement parlant, enchaînant les interviews et ne laissant filtrer que très peu d'émotion. Froide. Distante. Presque calculatrice.

Il y a une différence entre la retenue et le contrôle. Je dirais qu'elle était plus dans le contrôle que dans la retenue.

Je m'attendais presque à ce qu'elle dise "je raconterai tout dans mon livre qui va sortir dans quelques mois".

En attendant, plus de 2000 autres français sont détenus, en prison ou otages,  partout dans le monde et croupissent parfois en détention depuis des années sans que leur cas mobilise l'opinion.

Ni nos cher médias avides d'information spectacle qui peut gonfler leur audience, jusqu'à la nausée de leurs auditeurs/spectateurs/lecteurs.

Coupables ou innocents, le silence qui les entoure contraste encore plus avec le bruit fait autour de l'affaire Cassez. 

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06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : betancourt, cassez, otages, liberation, medias | |  Facebook | |  Imprimer | |

03/01/2013

Pierre répond à Paul qui répond à Jacques qui répond à...

Tu as remarqué, une nouvelle maladie vient de faire son apparition dans les médias.

La réponsite.

Le symptôme ?

Par exemple, un vieil acteur à fuites urinaires aériennes trouve qu'il paye trop d'impôts en France et part en Belgique habiter une vieille bicoque sinistre.

Bon.

C'est son problème après tout, hein, mis à part que la prochaine fois qu'il se pète la figure en scooter sur du pavé français payé avec les impôts français et qu'on l'évacue dans un hopital français pour se faire soigner par des médecins payés avec des impôts français aussi, on pourra vraiment lui pourrir la tête.

Du coup les médias en parlent. Du coup le 1er ministre se fâche. Du coup le gros acteur répond au 1er ministre ...

Et c'est parti pour des plombes.

Machin publie un truc dans Libé pour dire que le gros est gros, Truc répond dans le Figaro pour dire que Machin, ta gueule. Bidule prend la défense de machin sur twitter et on en a pour des siècles.

A priori, il n'y a quasi que le pape et les morts qui n'ont pas donné leur avis sur Depardieu.

Ah si même les morts en fait, puisque Catherine Deneuve s'est exprimée.

De réponses et de tacles  qui n'intéressent que leurs auteurs dont on peut (vaguement) (oui vaguement) (oui, très vaguement) soupçonner qu'ils se font un mini-poil de promotion au passage.

Ca coûte rien de pousser un petit coup de gueule dans Le Nouvel Obs' et ça peut rappeler aux gens qu'on existe, voire qu'on a un avis pertinent.

Remarque, moi je dis ça, je fais pareil sur mon blog, hein.

J'essaye de pousser des coups de gueule pour qu'on se rappelle de mon existence...

Mouahahahahah

Du coup, maintenant, à chaque fois que quelqu'un dit quelque chose sur n'importe quel sujet, j'ai (vaguement) (oui vaguement) (oui, très vaguement) que c'est l'occasion que le premier clampin venu saisit les médias pour répondre sur des sujets qui passionnent les foules.

Et clasher la partie adverse.

Tiens prend le salaire des acteurs français. Selon Vincent Maraval, distributeur et producteur, ils sont bien trop payés. Il le dit dans une tribune dans le Monde le 29 décembre

Tu parles, le gusse il est producteur. EVIDEMMENT que les acteurs sont trop payés pour lui, il tient les cordons de la bourse.

Remarque je suis pas loin d'être d'accord avec lui. Le seul fait d'accoler "payer" et "Marion Cotillard" me parait déjà inconcevable.

Tu peux faire le même exercice avec "payer" et "Dany Boon" ça fait autant mal aux gencives.

Et bien HOP, ça fait pas un pli, dans la foulée, Sam Karmann acteur de son état lui répond que les "pOOOOovres acteurs s'il bou pli, pour manchecheeee" 

(oui, bon ok, c'est discriminant pour les roumains cette dernière phrase)

(oui, bon ok, 90 % des acteurs galèrent, c'est connu)

(oui, bon ok, tu sais que si tu veux être acteur tu as 90 % de chance de ramer, faut pas être naïf, c'est comme partout, il y a beaucoup plus de place à la base qu'au sommet)

ET DONC C'EST REPARTI POUR UN TOUR AVEC DES AVIS DE GENS DONT ON SE CONTRETAMPONNE COMME DE L'AN 40.

Mais visiblement, ça marche, en plus donc d'assurer la promotion de son émetteur, ça remplit les colonnes, ça fait parler et vendre à peu de frais.

Même pas besoin de payer un journaliste puisque le gueulard écrit son billet tout seul.

C'est donc tout bénéfice, le clash médiatique.

Pourquoi s'en priver ?

Tiens c'est pas idiot, je vais clasher une blogueuse influente, ça me permettra de me faire connaître. 

Et après je vais clasher Depardieu, je ne me suis pas exprimée sur le sujet.

Ca me manque.

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Eux, au moins ils avaient la clash

06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : clash, depardieu, maraval, karmann, réponse, médias | |  Facebook | |  Imprimer | |

17/05/2011

La femme invisible

Je me trouve actuellement dans des contrées lointaines, exotiques et Africaines. Cependant, grâce au bon vouloir de mes hôtes, de leur box et de leur téléviseur, je garde un oeil sur la civilisation occidentale en général et les médias en particulier.

 

C'est dans cette configuration particulière que certains faits,  d'habitude noyés dans un flot continu d'informations diverses et variées prennent un relief particulier et vous sautent au visage.

 

Par exemple : la femme de 50 ans ou plus n'existe pas pour les médias.

Elle disparaît, tout simplement. Pffiouuuttt, alakazam. Mémère se vaporise dans l'atmosphère.

 

Où plutôt si, elle existe comme mamie gâteau, publicité pour les couches téna ou Polident. Ou la sexta ménopausée qui a peur pour son ostéoporose dans la pub câlin.


Au mieux on te sort la cougar qui se tape des petits jeunes boudinée dans une robe trop étroite pour ses bourrelets.

Et dont tout le monde se paye la tête allégremment (hou la vilaine prédatrice).


Jamais d'exemple positif. On passe direct de la trentenaire hype à Mamie Nova. De H & M à Damart, sans passer par la case départ et sans toucher 20000 euros.

Au milieu ? Rien. Ou très peu de choses.

 

Jamais de quinqua rock, qui fait la chouille en laissant le meuri à la maison pour boire un mojito avec ses copines, du style ..... au hasard... ???? Moi ?

Et pourtant en regardant bien je ne suis pas un cas unique. Je vois plein de femmes belles, dynamiques, actives, drôles, et fashion qui ont bien d'autres préoccupations que le tricot et leurs éventuels petits-enfants.

La quinqua d'aujourd'hui, c'est en somme la quadra d'il y a 20 ans, allongement de l'espérance de vie oblige.

Je ne me reconnais pas dans l'image que me renvoient les médias ou dans la case où veulent me coller les publicitaires.


Qui auraient intérêt d'ailleurs à se préoccuper davantage des swinging quinquas dont je me revendique. Même si leurs études indiquent que la femme mature ce n'est pas une "cible aspirationnelle" (sic)

Parce que du coup, la quinqua, elle va aller le dépenser ailleurs, son pouvoir d'achat.

Dans des mojitos, tiens.

Qui eux se fichent de l'âge de ton estomac quand ils y passent.

 

Et je ne mets pas la pub Câlin. Un elle est moche, deux ils ne me paient pas.

Et je suis vieille ET vénale.

Double peine.

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12:25 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : 50 ans, h&m, damart, câlin, médias, pub | |  Facebook | |  Imprimer | |

24/08/2010

Infos, Un Faux

 

Aujourd'hui, au bureau, sans autre info que twitter, j'ai réussi à suivre  en quasi-simultané la malheureuse prise d'otages aux Philippines - détails gores compris.


J'ai immédiatement fait un parallèle avec un évènement dont on fêtera bientôt le triste anniversaire, et qui s'est produit alors que j'étais également sur mon lieu de travail : le 11 septembre 2001.

A cette époque qui ne me parait pas si lointaine, internet n'était pas encore reconnu comme une source d'info fiable, et il n'y avait pas de twitter, ni de facebook.


L'information des attentats est montée crescendo, par rumeurs successives, par des gens qui avaient entendu des nouvelles à la radio, dans leur voiture et qui en appellaient d'autres.


Je me rappelle même qu'au départ, on entendait dans les couloirs qu'un hélicoptère s'était écrasé sur l'empire state building.


Les informations se sont faites de plus en plus claires, et de plus en plus alarmantes jusqu'à ce que nous nous regroupions autour de radios disponibles pour avoir une idée enfin (plus ou moins) précise de la situation. Avant de rentrer et de voir, à la télé en boucle, les avions s'écraser sur les tours.

Tout ce processus a pris ... quelques heures.

Quelques heures qui nous ont permis d'absorber le choc.

 

Aujourd'hui l'information nous arrive en temps réel, sans besoin de se brancher sur les médias traditionnels.

Cette info ultra-rapide permanente, brute, reçue sans filtre, sans explication, sans contexte nous envahit en permanence et nous interpelle, sans qu'on ait forcément le temps du recul et de l'analyse.

 

Car il y a non seulement la quantité d'infos que l'on peut recevoir, mais également sa qualité. Les médias, audio-visuels souffrant assez souvent de ce que j'appelle  le  "syndrome du golfe".

 

Oui, depuis la guerre du golfe en 1993 qui a marqué l'avènement du genre,  à chaque évènement potentiellement marquant, on dépêche sur place des envoyés spéciaux qui pendant des heures font le pied de grue en meublant bon gré mal gré. Pour faire du scoop et retenir l'audience, donc plutôt mal gré d'ailleurs.

 

Ce qui donne à peu près ceci "alors, Emile-Albert, vous qui êtes sur place, quoi de nouveau ?" "En fait Lucienne-Ginette, à l'heure où je vous parle, il pourrait se passer des trucs et on envisage même qu'il s'en passe, mais en fait, on ne sait pas trop si ce seront des trucs ou des machins. Je vous tiens informée, bien évidemment"

Du coup, entre quantité astronomique et, de façon inversement proportionnelle, piètre qualité ... Difficile d'y retrouver ses petits et de se forger une opinion objective.

 

Pour ma part, j'essaie de faire le filtre et de ne pas me fier à une source unique d'informations. Une image, un chiffre, un tronçon d'info, sorti du contexte, on peut lui faire dire tout et son contraire.

 

Si on a le temps, croiser l'info de la presse traditionnelle, on-line mais aussi des journaux étrangers, voire spécialisés.

 

Et surtout, surtout, de faire comme notre bon maître du zapping FHDR... De regarder derrière l'image !

 

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06:01 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : information, scoop, 11 septembre, médias, télé | |  Facebook | |  Imprimer | |