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20/07/2010

Club Med - les photos


Deuxième partie de mon râlage intensif sur le Club Med. Avec l'album photos de mon récent séjour..

Des photos qui.. enfin qui... bon ben c'est vous qui verrez..


Evidemment, je ne fréquente que les clubs avec des pipeules...

Johnny.JPG
Johnny Halliday au réveil, ça fait peur quand même

Paris Hilton.JPG

Elle a drôlement grossi Paris Hilton (talons de 12 au petit dej' quand même)

 

Mikael Jackson.JPG
On a même retrouvé Mikael Jackson...

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Par contre les Boys Band c'est plus ce que c'était...


Et ils avaient tout mis en oeuvre pour me satisfaire...
Terrasse.JPG
Ma terrasse perso...

Petit coin.JPG
Mon petit coin au calme

Manumed.JPG
Des tables de massage à mon nom...

Bar.JPG
Et un bar réservé à mon seul usage..


Mais il y a certaines choses totalement insupportables, comme une déco trop avant-gardiste...

Plafond.JPG

(le plafond en rondins j'avais jamais vu avant)

Tableau.JPG
Oui c'est... enfin.. Euh... Je ne trouve même plus les mots..

Lampe.JPG
En fait c'est une.. un... Ah crotte je sais plus..


Ou encore des fashions fails manifestes
Mode.JPG
Evidemment avec des préconisations pareilles (mais que font les bloggeuses mode ??)

soirée blanche.JPG
Après les gens font n'importe quoi, comme s'habiller tous en blanc le même soir... (du coup moi je m'habillais systématiquement en noir)

Short.JPG
Porter des shorts rose fuschia comme s'ils étaient à Ibiza alors qu'ils sont pensionnaires de la maison de retraite "mon doux repos"


Tee Shirt.JPG
Ressortir systématiquement leurs tee-shirts Club Med' (immétables ailleurs sous peine de loose totale et immédiate)

Lucienne.JPG

Ou faire comme Lucienne et se lâcher complètement...


Mais j'ai eu une explication à tout ceci : nous sommes en période de rigueur budgétaire...

Club Med 2.JPG
Il a vachement rétréci le Club Med 2 !!!


Du coup, c'était insupportable, je ne tolère pas la mesquinerie. Ni une ni deux...

Drapeau.JPG

J'ai mis le drapeau en berne...

Plage.JPG

J'ai jeté un dernier coup d'oeil à la plage (pour une fois que je fais une photo pas trop moche, il fallait bien que je la case)

Danse.JPG

Et malgré une danse de supplique communautaire de la dernière chance pour me faire rester (et tu chantes, chantes, chantes ce refrain qui te plait, et tu danses danses danses, c'est ta façon d'aimer)


Vuvuzela.JPG

J'ai fait sonner le signal du départ à la Vuvuzéla Marocaine (à côté les Sud-Africaines c'est des petites bites)

Manu.JPG

Je leur ai montré ce qu'était la VRAIE élégance.. (Manu beach style.. QUI A DIT "ouais, bitch style plutôt..."???)


Poisson.JPG

J'ai sauté dans le premier véhicule disponible... Et je me suis enfuie sans demander mon reste..

 


Sinon ce qui va s'enfuir aussi si vous n'y mettez pas un peu plus du vôtre c'est le blender Electrolux.. 5 participations c'est n'importe quoi. Parce que je reviens de vacances et que je suis encore calme, je veux bien admettre que le délai était un poil court. Je le rallonge donc dans ma grande magnanimitude jusqu'à DIMANCHE SOIR.. Après, si je n'ai pas assez de monde, je l'offre à Liliane Bettencourt, vous l'aurez voulu.. Tous les détails pour participer ICI

06:00 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : club med, yasmina, maroc, photos, humour | |  Facebook | |  Imprimer | |

19/07/2010

Je m'emmerde au Club Med


Je savais bien que je n'aurais pas du y retourner.


Un précédent séjour il y a 3 ans m'avait déjà laissé une impression très mitigée.


Mais nous ne savions pas trop quoi faire et, après un séjour Sénégalais en solo, j'ai voulu faire plaisir au meuri qui, à la question "tu veux faire quoi pour les vacances ?" répond invariablement depuis 25 ans "de la voile".


Je suis donc partie vers le Club Med de Yasmina au Maroc, qui offre des facilités voilières, avec ma valise, le meuri et le fils numbere tou en bandouillière en me disant "boh, après tout, on verra bien"...

Et j'ai vu...

... J'ai vu que je n'aimais rien de ce que je voyais.


Ni le village, ni l'animation, ni les restaurants et surtout, surtout...


Des clients que je ne veux plus croiser à aucun prix nulle part.


Imaginez un troupeau de notables golfiques en polo Lacoste ou Ralph Lauren et bermuda qui passent alternativement leur temps à comparer leur drive et tous les village du Club Med dans lesquels ils ont séjourné.


Quant ils ne vous parlent pas de leur meeeeerveilleuse maison avec piscine ou de leur paaaaasssionnant boulot ou de leurs aaaadorables ados. Ados à mêches bien propres sur eux, faussement rebelles,  hautains, méprisants et capricieux car certainement trop gâtés (un môme de 15 ans qui amene un macbook à 2000 boules à la plage, c'est normal, tout va bien). Il y a quelques coups de pied au cul qui se sont perdus en route


Imaginez que vous partagiez votre repas avec 450 personnes dont vous n'avez strictement rien à cirer et qu'on vous demande à peine une fesse posée à table "et vous vous avez fait quoi comme club ?", en guise de préambule.

Mais qu'est-ce que ça peut te foutre, connard...


Imaginez aussi qu'au bout de cinq minutes, et sans vous connaitre, on vous sorte "ah on est envahis par les arabes" ou encore "vous n'êtes pas trop embêtés par la racaille à Paris" ?


Hallucinant, le racisme decomplexé au soleil.. J'ai cru que j'étais tombée dans une convention du FN et du Vlaams Blok réunis (beaucoup de clients belges)


Vous avez donc un aperçu de ce que j'ai vécu 9 jours durant.

 

Je n'avais donc qu'une envie : m'isoler. C'est pourquoi je n'ai fait par exemple aucune excursion, de peur de me retrouver coincée une journée entière avec des sosies des Duquesnoy (regardez le film "la vie est un long fleuve tranquille" si ce n'est déjà fait) qui m'auraient énuméré les mérites comparés de tous les villages Club Med fréquentés en me donnant leur carte de visite et un formulaire d'adhésion au Lyons Club.


Et comme mon mari et mon fils étaient polarisés par leurs activités, aucune chance de leur faire quitter leur bateau ou leurs potes respectifs pour envisager des sorties individuelles.


J'ai donc attendu que le temps passe en bouquinant sur mon transat. Et sans participer A RIEN. Un brin ennuyeux. Mais somme toute, voyons le bon côté des choses, un repos total et forcé fait parfois du bien. J'ai rattrapé mon déficit de sommeil.


Donc, si vous avez des sous à jeter par la fenêtre (ça coute quand même pas loin d'un rein), et un certain goût soit pour le masochisme (oh oui, frappe-moi maîtresse) ou pour le bon chic bon genre parvenu, ou les deux, les dix-huit trous et les fers de douze, vous pouvez tenter le Yasmina au Maroc.


Les bienbienbien (si, si en grattant, il y en a)

  • Une piscine spéciale "calme" où j'ai passé le plus clair de mon temps. Avec malheureusement trop peu de places à l'ombre.


  • La gentillesse inaltérable du personnel local : femmes de ménage et serveurs entre autres. Une mention spéciale !


  • Un thé à la menthe de compétition à déguster à toute heure.


  • Un bon équipement sportif pour les voileux, les tennismen et les golfeurs.


Les bofs

  • Un buffet correct, mais pas très varié.

 

  • Un bon assortiment de gymnastiques terrestres et aquatiques pour peu que vous aimiez mover votre body avec du boum boum boum dans les oreilles...


Les à chier


  • Un concept qui hésite entre "l'ancien" version bronzés (sans les paréos et le collier de boule) et le "nouveau" Club Med qui se veut plus haut de gamme. On obtient un mélange qui ne prend pas avec une convivialité de façade et une animation datée et mollassonne. Encore et toujours les mêmes vieilles ficelles, la fraîcheur en moins. Du coup, c'est ridicule. Et pesant.


  • Un village mal fichu, deux hôtels réunis sur une colline. On passe son temps à monter, à descendre et à naviguer entre les piscines et les restaurants.


  • Une petite plage enclavée sur une plage publique. Si vous aimez les odeurs de gasoil et les vroom vroom continuels des scooters des mers des loueurs environnants, courrez-y, c'est pour vous.


  • Des spectacles uniquement dansés. Quand il y a des spectacles.. Ce qui n'est pas le cas tous les jours, pour les amateurs.. Et quand je dis dansés... Les intervenants exécutent des pas de danse. Et quand je parle d'exécuter c'est au sens littéral du terme... Surtout pas de spectacles de sketches, si les clients se décoincent, on risque d'avoir quelques infarctus. Encore faudrait-il que les sketches soient drôles ce qui n'est pas gagné.


  • Spectacles et évènement qui tournent par ailleurs sur une semaine. Si vous restez plus, tant pis pour vous, vous aurez deux fois la même chose (quelle idée aussi, de rester plus d'une semaine).

 

 

  • Des restaurants bruyants.

 

  • Une programmation musicale d'ambiance oscillant entre du braillard assourdissant et de la guimauve dégoulinante. Le tout complètement hasbinne, bien sur. J'ai du saboter des enceintes diffusant en boucle "les 30 plus grands succès du XXème siècle au saxophone" près de mon transat en arrachant les fils.

 

  • Une discothèque à la programmation uniquement... Techno.. (dixit l'héritier, moi j'ai pas fait)... Faudrait juste réveiller le DJ qui s'est endormi au milieu des années 90


  • Des excursions chères. Plus de 200 euros pour 2 jours Mekhnes-Fès, surtout pour rouler les deux tiers du temps.


  • Et surtout comme décrit ci-dessus, une clientèle.. C'est vous qui voyez... Pour ce qui est de la clientèle d'ailleurs ce n'est pas UNIQUEMENT mon ressenti. Des informateurs anonymes et qui le resteront m'ont confirmé qu'ils trouvaient les clients hautains et malaimables.


J'ai d'ailleurs failli rentrer dans le lard d'un ou deux gentils membres  et puis je me suis dit que c'était encore leur faire trop d'honneur et que je n'avais pas envie de m'énerver. En revanche, j'ai pourri un nombre assez conséquent d'ambiances aux tables communes en coupant toute vélléité de conversation et en tirant la tronche.


... Mouahahhahaha ... On ne se refait pas.


En conclusion, le système "club" qu'il soit Med ou autre, c'est terminé pour moi.

 

J'en parle d'autant plus à l'aise que, comme je le disais au début, j'ai énormément fréquenté les clubs plus jeune, en couple ou avec jeunes enfants,  et que j'ai été la première à  faire des youki-lala darladirladada du soleil et des nana.. A 25 ans c'est rigolo, 25 ans plus tard c'est juste pathétique. Surtout avec un polo lacoste moulé sur une brioche et un bermuda à carreaux. Non ce n'est pas moi, je n'ai pas de brioche. Je ne me sens plus en phase ni avec les animations ni avec les gens, ni avec un système de vacances qui me parait artificiel et creux...


Bien que je reconnaisse que ce soit assez idéal pour des familles avec jeunes enfants, les nains étant pris en charge et les parents libres de leurs mouvements !


Désormais, je prendrai mon baluchon et j'irai parcourir le monde pour peu que je le puisse ! Pour le plus grand bénéfice de l'élévation de mon esprit


Et à propos d'élévation de l'esprit, regardez ce qui suit, ça va élever le vôtre et vous faire mesurer ce que j'ai dû affronter pendant 9 jours.

Après visionnage vous me direz où sont les ânes. Moi je n'ai pas réussi à dire qui était qui..

Filmé sur place spécialement pour vous...

 

Et demain, quelques photos croustillantes prises sur place... Parce qu'on ne perd pas la main, même en vacances..

Edit : grâce à l'extrême générositude de notre sponsor en transats et couvertures (que l'on remercie bien fort), toutes celles qui ont participé au petit concours sur le billet précédent gagnent 2 transats + couvertures pour la date de leur choix  au Cinéma en plein air à a Villette... Les filles, surtout faites-moi parvenir votre adresse POSTALE par mail, pour recevoir la contremarque par courrier.

06:00 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : club med, maroc, yasmina, vacances | |  Facebook | |  Imprimer | |

16/04/2010

Apocalypse now - Part II


Le retour du fils de la revanche.


Pour ceux qui n'étaient pas là hier, c'est votre dernière chance d'aller prendre connaissance du début de l'histoire...


Pour ceux qui étaient là hier, le suspense insoutenable prend - enfin - fin !


Je vous avais donc laissé au soir d'une première journée éprouvante. Précisément au moment où ma copine Josée et moi posions nos têtes sur un oreiller certes frugal car sous une tente, mais réparateur.

Au moment de fermer nos yeuyeux, je lui sors en rigolant "avec tout ce qui nous est arrivé aujourd'hui, tu vas voir qu'ils vont en plus nous réveiller à la corne de brume demain"..

 

Je ne croyais pas si bien dire..

 

Car à l'aube, outre le doux rayon de soleil négligemment posé sur nos paupières, nous empêchant de les refermer définitivement, les autochtones qui s'occupaient du village de tentes ont cru bon de nous réveiller en nous envoyant un bon coup d'instrument à vent local dont le son faisait penser à un refuge de la SPA au grand complet en pleine hystérie collective.


Pas tellement remise de la fatigue de la veille après une nuit trop courte, je me dirige donc en titubant vers les douches de campagne où un certain nombre de mes collègues font déjà la queue.

Certains ont l'air très fatigués aussi. D'autres ont l'air très fatigués ET font la tronche.

Car leur portefeuilles ont disparu, avec les cartes de crédit dedans.

Ce dont ils se plaignent en arrivant à la table du petit déjeuner à notre organisateur en chef, le Gengis Khan des oueds, que je soupçonnais déjà à ce stade, je vous le rappelle, d'être copieusement secoué du carafon.

 


Organisateur en chef qui les envoie copieusement bouler en décrétant "Impossible, je connais très bien ces gens, ils sont totalement honnêtes"

On notera donc au passage qu'il n'adhérait pas aux thèses d'Eric Zemmour. C'est vraisemblablement sa seule qualité..


Après donc un petit déjeuner au milieu des dunes (très beau quand même), l'Attila des ergs nous réunit à nouveau pour un briefing matinal. En nous sermonnant publiquement pour le foutoir de la veille. Et en nous expliquant que malgré le fait que nous n'étions qu'une bande de branleurs, ils allait quand même nous amener dans le désert.


En 4 X 4.

 

J'aperçois autour de moi plusieurs personnes qui grimacent : effectivement les organisateurs avaient quelque peu omis de demander en amont si certains participants avaient des contre-indications au 4 X 4 secoueur et bringueballant et au rallye désertique.


Il y avait effectivment des problèmes de santé divers dont hernie discale, accident de voiture récent ou encore diabète : 4ème acte du drame.


Nous remontons donc dans nos totomaubiles avec les mêmes compagnons que la veille et partons en convoi jouer les Lawrence d'Arabie motorisés.

A droite

Puis à gauche

Puis demi-tour à droite

Puis re-demi-tour à gauche.


Au bout du 4ème demi-tour je commence à me demander si la connaissance du désert de notre guide suprême est bien celle qu'il nous vantait au départ.


Ah oui, j'ai omis de vous signaler qu'au fil des allers-retours les 4 X 4 subissaient des avanies et crevaisons diverses qui étaient bien évidemment imputées à notre nullité  par notre conducator des sables très en colère.

 

Qui  finit quand même par voir la lumière et trouver son chemin au bout d'environ 5 trajets avant-arrière.

C'est à ce moment que, la chaleur aidant, je commence à me préoccuper de me désaltérer et je ne trouve dans mon champ de vision qu'une seule bouteille d'eau d'1,5 L.


Pour 4 ? Pour une demi-journée ? Dans le désert ?


Oui me répondent mes compagnons d'infortune qui se sont inquiétés de notre état hydrique avant moi. Il y avait eu un léger trou dans l'organisation et visiblement boire dans le désert n'avait pas été un point considéré comme primordial.


Ok, à ce stade nous étions déjà bien engagés sur les pistes, avec pas un seul bar... Ni d'ailleurs rien d'autres que des canyons et des cailloux autour de nous.


Superbes paysages d'ailleurs que je vous recommande au passage, dans d'autres circonstances : le désert marocain et ses cathédrales de pierres est un spectacle unique.. Dont nous avons régalé nos yeux.

Et qui nous faisait un peu oublier la soif qui commençait à nous tenailler.


Après environ deux/trois heures de route, nous tombons quand même sur un bled paumé. Où nous nous arrêtons. Tout le monde cherche désespérément des  yeux ce qui pourrait faire office de buvette locale. Mais à peine un pied posé sur le sable notre chef d'expédition nous somme de nous réunir pour un nouveau briefing.


Qui pourrais se résumer ainsi "écoutez-moi bien bande de loosers, vous allez me suivre maintenant SCRUPULEUSEMENT et sans faire d'écart. Vous allez voir passer à côté de vous des voitures et des motos très rapides, écartez-vous le plus vite possible quand elles arrivent à votre hauteur".

Pardon ?

Voitures ? Rapides ? Genre de course ?


Un peu secoués par cette annonce et de plus en plus déshydratés, nous renonçons à réflêchir et remontons dans notre véhicule.

La réponse à nos questions existentielle allait bientôt nous être fournie par des voitures de rallye passant au ras de notre carrosserie à pleine vitesse.

Suivies de près par des motos roulant tout aussi vite. Tellement vite que nous leur bouchons la route et qu'excédé par cet obstacle visiblement inattendu un des motard nous balance un coup de pied rageur dans la porte.


Et encore, nous avons de la chance. D'autres se sont retrouvés coincés sur une corniche à pic entre un bolide les poussant à l'arrière et... le vide.

Ils ont vécu un remake de "Duel" le premier film de Spielberg où un camion fou pourchassait sans relâche et sans raison apparente un automobiliste tentant de lui échapper par tous les moyens possibles.


C'est en franchissant, après environ une heure d'angoisse automobilesque,  une ligne d'arrivée au milieu d'une pagaille indescriptible que nous  avons compris que l'espèce de malade qui nous servait d'accompagnateur nous avait fait passer en plein milieu... Du rallye du Maroc.


Il a fallu toute l'énergie de mes compagnons pour me retenir et l'empêcher de le tuer.

Ainsi que la vue d'une buvette salutaire qui m'a détourné de mon but meurtrier. Je crois que je n'ai jamais autant apprécié un Coca de toute ma vie.


A l'issue du passage de la ligne d'arrivée du Ouarzazate express, nous n'avons plus revu, de façon totalement inexplicable, notre guide bien aimé.

Après enquête il avait été incendié par les organisateurs du rallye du Maroc et viré manu militari par les responsables de ma société et les représentants de l'agence organisatrice de notre convention. Aux dernières nouvelles il fait un très long séjour dans la maison de repos "mon doux logis" où ils demande aux autres pensionnaires de l'appeler Jésus.


Les organisateurs nous promettent alors un déjeuner au calme pour nous remette de nos émotions passées. Après quelques kilomètres nous arrivons dans une superbe médina où un jardin tropical nous rend notre sérénité..

Un repas local servi sur des nattes au milieu des palmiers et des chant d'oiseaux finit de nous détendre. Nous apprenons que compte tenu de ce qui a précédé, le programme prévu a été modifié et que nous allons finalement finir l'après-midi dans cette ambiance sereine.


Nous apprenons aussi que quelques personnes sont bien plus mal en point que nous : notamment - j'y faisais allusion plus haut - une récente accidentée de la route dont les vertèbres ont beaucoup souffert des cahots du désert et qui a besoin de soins médicaux. Ainsi qu'une diabétique dont la piqure d'insuline a trop tardé et qui a fait un malaise.

Attention !! Début de l'hécatombe.

L'après-midi se déroule au calme. C'est là que tentée par les plateaux de fruits frais qui circulent j'envoie bouler mes principes et déguste de délicieux morceaux de pastèque et de melon sans modération.

Erreur.

 

En fin d'après-midi nous reprenons nos véhicules. En nous disant qu'après la bérézina passée, un petit hôtel avec piscine et chambre confortable serait le bienvenu.

Non.

Dans nos rêves.


Nous arrivons sur un deuxième campement dans le désert. Bon ok, de luxe avec très belles tentes et tout le confort. Mais campement néanmoins.


Donc, re-tente collective, re-douches d'extérieur, re-queue pour la douche et le toilettes. Situées loin, trèèèèèèès loin des tentes...


Au retour des douches, je me sens humaine à nouveau. En revanche c'est moins le cas pour ma copine Josée qui arbore une jolie teinte verdâtre.


C'est ici que mon énorme trousse à pharmacie rentre en scène. Je dégaine mes anti-vomitifs et anti-spasmes et je lui file. En lui conseillant de boire du coca.

Un peu regonflée, elle m'accompagne à table. Qu'elle quitte très rapidement, avec une teinte verdâtre un peu plus prononcée qu'avant le repas.


Je me dis qu'avec quelques médocs elle ira mieux le lendemain et profite du repas ainsi que de la piste de danse dressée tout exprès pour nous.

Je dois bien dire que la soirée de danse débridée sous le ciel nocturne et étoilé  du désert avec une conscience légèrement altérée par quelques boissons alcoolisées reste un souvenir magique.


En rentrant à point d'heure pour profiter des rares heures de sommeil qui me restent j'entends des bruits un peu bizarres. Ma Josée me gêne dans mon endormissement par des petits gémissements et j'ai l'impression d'entendre des gens aller et venir de façon un peu précipitée autour de la tente.


Mais vaincue par la fatigue, je finis par sombrer. Pour m'éveiller avec l'aurore. Et constater que Josée, roulée en boule sur son matelas, gémit toujours.

Je sors donc de la tente pour aller prendre mon petit déjeuner et avertir les autorités organisatrices que ma co-locataire n'est vraiment pas bien.


Au passage je constate que d'autres personnes arborent également une jolie teinte verdâtre.

Certains n'ont pas l'air bien du tout. Mais pas du tout.

Outre les martiens, une de mes collègues s'écroule victime d'une crise de tétanie. Je dégaine à nouveau ma pharmacie magique et file mon stock de magnésium dont on bourre littéralement la malheureuse. Qu'on fait également respirer dans un sac plastique. Truc de scout pour la crise de tétanie.


On annonce aux survivants qu'une visite d'un village classé au patrimoine de l'Unesco - dont j'ai totalement oublié le nom - et qui a accueilli entre autres des scènes du film Gladiator est prévue..


Alors que les déjà quelques malades qui commence à ne plus ressembler à rien sont évacués vers un lieu où ils pourront se reposer - un centre récréatif avec piscine où nous les rejoindrons pour le repas et l'après-midi.

C'est là que Josée, à présent très TRES verte et sub-claquante, la bave au bord des lèvres me sort une phrase historique qui reste encore dans les mémoire "passe moi ton sèche-cheveux (qui n'avait donc servi à rien jusqu'à présent) je vais en profiter pour me faire un brushing".

Au fur et à mesure de la visite, la liste des malades augmente. On en trouve dans des états variables dont quelques-uns à quatre pattes à l'arrière des 4 X 4.

Vomito is dans la place. Ma pharmacie aussi. Qui finit par se vider totalement. Ceux qui se moquaient de moi au départ en me traitant de mamie ne rient plus du tout à l'heure qu'il est.


La visite s'achève et nous rejoignons donc le fameux centre avec piscine. Froide la piscine. Je m'abstiens donc de sauter dedans, crainte du choc thermique oblige.

Ce qui n'est pas le cas de la grande majorité de la troupe.


Cette dernière erreur fatale finit d'achever les moins résistants. Au fur et à mesure de l'après-midi les gens se colorent de jolies teintes jaunes ou vertes et se renseignent sans aucun préalable sur la proximité des commodités.

 

Selon les quelques informations qui filtrent les premiers fauchés ne sont pas très bien, voire carrément... quasi-défunctés.

Nous pouvons d'ailleurs le constater en fin d'après-midi après avoir récupéré tout le monde et atteint l'aéroport :  une fille est carrément sur une civière- celle qui avait les vertèbres en vrac - avec la double peine  minerve ET tourista d'anthologie.

Les autres sont dans divers états de décomposition. Certains sont agités de spasmes, d'autres sont étalés par terre. D'autres encore gémissent la tête dans les mains.


Au fur et à mesure du déroulement de l'embarquement, les gens sont fauchés. Et bouchent progressivement les toilettes de la salle d'embarquement.


Enfin nous montons dans l'avion et là c'est carrément le radeau de la méduse. Les malades sont mis à l'arrière. Près des toilettes donc. Certains s'évanouissent, d'autres crient, d'autres vomissent, d'autres... enfin bref. Au fur et à mesure du vol, la vague... de merde peut-on dire carrément remonte vers l'avant pliant les gens au fur et à mesure. Je vois mes voisins tomber comme des mouches. On dirait un fim d'horreur sur la propagation fulgurante d'un virus transformant les gens en zombies cannibales ou en bouillie humaine.


Je suis mystérieusement épargnée telle une élue du grand tout.


Enfin mes intestins sont épargnés. Parce que mes nerfs sont au bord de l'explosion. Je ne suis pas la seule d'ailleurs. En plus  des malades on a des crises d'hystérie.


Les hôtesses ont renoncé à faire quoi que ce soit et se sont barricadées dans le local réservé au personnel de bord.


Après un vol qui nous semble interminable nous atterrissons enfin.

Mais rien à faire pour descendre de l'avion. Le sas s'ouvre et on nous demande de rester assis. C'est alors que sous nos yeux hagards "Urgences" débaroule dans l'avion. Médecins agités, brancards, perfusions, il ne manquait plus que la musique du générique.


Les Docteurs Ross évacuent en courant les plus touchés vers les hôpitaux du voisinage. Les autres descendent de l'avion comme ils peuvent.


Mais pas question de sortir de l'aéroport.

On nous consigne dans un sas fermé car, nous explique un responsable sanitaire, on soupçonne une épidemie de choléra.

Ce qui nous vaudrait à tous une quarantaine de longue durée.

Mes nerfs lâchent et je me mets à insulter tout ce qui bouge un orteil.


Au bout d'une bonne heure d'attente, on nous annonce que le soupçon de choléra est écarté.

Nous rentrons enfin chez nous dans un état second. En arrivant chez moi j'embrasse le sol avant de m'écrouler sur mon lit et mon mari les bras en croix. Et de m'endormir en trois secondes.


La bactérie meurtrière qui m'avait épargnée jusqu'alors m'a rattrapée le lendemain soir me forçant à un sprint desespéré entre le métro et mes toilettes.

Où j'ai passé les 3 jours qui ont suivi, mes intestins tentant de se libérer de l'intérieur de mon corps pour aller explorer le vaste monde à coup de spasmes d'anthologie.


Pour votre information, nous avons appris suite aux analyses réalisées sur les gens hospitalisés que la cause de ce naufrage était une bactérie se trouvant dans l'eau et nommée tout à fait à propos Shi(chie)guella.


Pour ma part, cette expédition a bizarrement déclenché un esprit aventurier inconnu jusqu'alors. Je n'hésite plus à sortir des sentiers battus pour batifoler dans la jungle.

Enfin, sous réserve qu'il y ait de la pinacolada et des transats pas trop loin quand même.

Faut pas déconner non plus.

26.jpg
Elle est jolie la Shiguella, non ?
(photo au microscope électronique)

06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : voyages, maroc, ouarzazate, séminaire, entreprise, rallye, désert | |  Facebook | |  Imprimer | |

15/04/2010

Apocalypse now

Le temps est venu de vous raconter ma plus grande déroute touristique.

D'autant plus grande la déroute, qu'elle s'est déroulée dans un cadre professionnel.


Mais c'était il y a environ 10 ans et même si certains protagonistes sont encore en place (dont votre serviteuse), il y a prescription.

Bien évidemment je ne citerais pas le nom de la société,  ni des dits protagonistes, à une exception près.

Par respect pour les morts.


... Non je rigole..

N'empêche, on a quand même frôlé la catastrophe. Constatez.


La Direction de notre société, satisfaite du travail de ses employés avait décidé de nous allouer une convention exotique dans un pays exotique qu'il est exotique.

(oui je répète 3 fois la même chose c'est mon style, c'est tout)

La surprise de la destination avait été gardée jusqu'à l'aéroport. Les seules indications données étaient "passeport et garde robe sportive mais légère avec lainage pour le soir"..

Okidoc donc. Ce fut selon ses instructions que je composat ma valise.

(comment ça ce n'est pas le bon temps ? C'est mon blog et mon français, je fais ce que je veux).

Valise à laquelle je rajoutate (je vous emmerde) un ou deux vêtements festifs pour festoyer, un sèche-cheveux et une imposante trousse à pharmacie qui allaient jouer un rôle important par la suite.

Quelques séjours exotiques précédents m'ayant enseigné qu'une trousse à pharmacie imposante était parfois utile.


C'est en enregistrant à l'aéroport que nous avons découvert que notre direction était Ouarzazate au Maroc.

Bon, super, je ne connais pas, une belle expédition en perspective. Dans l'avion les spéculations vont bon train sur le programme des 3 jours sur place. Un séjour dans un Riad ? Une virée dans le désert ? Une ballade culturelle ? Personnellement tout me va..

A condition de ne pas rester trop longtemps dans le désert. Le sable ça abime la manucure.


Ah oui, petite précision importante avant de rentrer dans le vif du sujet. A l'époque j'étais aussi baroudeuse qu'une habituée de Saint-Tropez au mois d'août. Aller chercher un verre au bar en partant de la plage était à peu près le degré de risque maximal auquel je m'exposais.


Après quelques de vol, nous arrivons enfin à destination. Dans une bonne chaleur de début d'après-midi.


A la sortie une rangée imposante de 4X4 nous attend. Et sans aucun délai on nous enjoint de sauter par équipe de 4 .. dans les 4X4 pour nous rendre sur le lieu de notre réunion de motivation. Je me retrouve avec deux vendeurs et ma - aujourd'hui - ex collègue devenue une copine, Josée, la plus pétillante des québécoises, beaucoup plus intéressante que Céline Dion, et surtout beaucoup plus drôle.


Bon après un lever très matinal et quelques heures de vol, nous aurions volontiers pris une douche et bu un godet, mais à la guerre comme à la guerre, en voiture Simone, roulez jeunesse, c'est parti mon kiki.


On nous guide jusqu'au portes du désert. Et nous découvrons que la réunion se tient dans d'anciens décors de cinéma aménagés. Car Ouarzazate est un lieu de tournage très fréquenté. Certaines scènes de Star Wars, notamment y ont été tournées.

Magique.

Mais chaud.

35 degré à l'intérieur.

Chaleur + fatigue : premier acte du drame.


La réunion s'éternise et enfin, au bout de deux heures, on nous libère, autour d'un thé à la menthe et quelques pâtisseries orientales. Mais le clou du pot c'est qu'on nous annonce que nous allons reprendre les 4X4 et rouler  vers notre étape.

Donc on va rouler ... encore ? Pfffou.. La fatigue tombe comme une enclume sur un doigt de pied.


Nous reprenons les four-four (4X4 pour les non-anglophones) et  partons en convoi discipliné. Au bout d'environ 2,50 minutes, des pandores locaux assez patibulaires regardent passer le convoi et ... font signe à notre 4X4 de s'arrêter. Il nous demandent les papiers du véhicule d'un air peu engageant.

Evidemment, il fallait que ça tombe sur nous.

Un peu affolés nous nous consultons sans résultat, jusqu'à ce qu'un des accompagnateurs arrive et qu'au bout de deux minutes de palabres, un billet change discrètement de mains.


Le convoi repart  et quitte la route. Au portes du désert l'accompagnateur en chef nous arrête pour un brief .. Alors que le soleil est quasiment en train de se coucher.

Et là je me dis immédiatement "le gars a un grain"..


Sur un ton mi-général Buzard mi-vieux routard du désert il nous explique qu'il est un pro du rallye désertique, qu'il a fait plusieurs Paris-Dakar, qu'on va rouler dans le désert et qu'on a intérêt à suivre ses instructions sinon on est tous des blaireaux. Et on va se perdre. Et les vautours vont déchiqueter notre carcasse. Et il renverra nos restes dans un colis-poste à notre famille.

L'autre moitié de mon cerveau non occupé à écouter le Napoléon des sables est en boucle sur deux idées "on va rouler" "dans le désert en pleine nuit".

 

Effectivement. Nous roulâmes dans le sable et dans l'obscurité. Au début... En convoi..


Après ..ce qui devait arriver arriva : 1/3 des gens se perdent, 1/3 crêvent, 1/3 s'ensablent.


Ce fut notre cas. En plein milieu de nulle part. En pleine nuit. Avec un quart de bouteille d'eau chaude pour toute provision.


Et là l'angoisse sourde se transforme en angoisse hurlante.


Ma copine Josée, toujours optimiste et énergique, saute du véhicule et essaie de déblayer la roue ensablée avec... euh rien en fait. Parce qu'il n'y avait rien dans le véhicule prévu dans ce cas.

Elle me hèle en essayant de me convaincre de l'aider.


Ce à quoi je lui CRIE, en pleine crise de nerfs JE-NE-BOUGERAIS-PAS-D'ICI-TANT-QU'ON-NE-VIENS-PAS-ME-CHERCHER.


En trépignant (si si véridique)


Pendant que nos deux compagnons de voiture cherchent à se repérer au milieu de tas de sable et de 4X4 enchevêtrés. Entourés par des gens affolés courant dans tous les sens

Subitement, 3 gamins sortent de nulle part avec un âne et nous disent de mettre nos sacs sur le dos de la bestiole.

Hébêtées, nous nous exécutons.

Pour nous demander 5 minutes après d'où ils sortaient et où ils avaient embarqué nos sacs. Et penser que nous allions finir la nuit dans le désert, sans eau, et sans nos affaires volées par un bande de délinquants juvéniles en djellabas.


Au bout de cette demi-heure de panique intégrale, un des accompagnateurs vient nous signaler que notre campement nous attend à 3 minutes à pied juste derrière la dune en face de nous.

Après avoir hurlé sur l'accompagnateur et - en fait - toutes les personnes qui se trouvaient sur mon chemin, je rejoint enfin le campement salvateur.

Où avec 3 heures de retard sur l'horaire prévu, compte tenu de la bérézina précédente  on nous assigne une tente commune à une dizaine de filles

Après une douche de campagne - mais bienfaisante, nous nous dirigeons à 23 heures vers un dîner prévu à 20 heures, où nous récupérons les derniers égarés du Paris-Dakar nocturne, retrouvés par les équipes de secours.

Visiblement l'accompagnateur en chef n'est pas content. Nous nous prenons d'ailleurs un discours de bienvenue en forme de savon géant. "Jamais vu une bande d'incapables pareils" nous dit-il..

Evidemment tout est de notre faute. Là je me dis à nouveau "il est vraiment cinglé".

La suite me donnera malheureusement raison.

 

Accompagnateur cinglé : 2ème acte du drame.


Le dîner arrive enfin ... De superbes plateaux de crudités.

Je tente de faire bénéficier mes voisins de mon expérience de séjours en Afrique du Nord en leur expliquant qu'il vaut mieux faire l'impasse sur les crudes.

La majorité... ne m'écoute pas.

Pour ma part, je suis mon propre conseil, et après avoir mangé uniquemen du cuit, épuisée, je pars me coucher pour une nuit qui s'annonce courte - on nous préviens d'un réveil assez matinal - en faisant l'impasse sur le spectacle de chants et danses folkloriques prévu après le dîner.

Crudités : 3ème acte du drame.


Ceci était donc le premier jour de l'équipée Marocaine. Pour ne pas faire une note trop longue, et vous torturer en ménageant le suspense, vous aurez droit au dénouement du drame demain ! Et je vous promet, ça vaut le détour..


4x4-femmes-tanke-boue-rallye-depassement-de-soi.jpg

 


06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : voyage, maroc, convention d'entreprise, désert | |  Facebook | |  Imprimer | |