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28/01/2013

d'Ingrid Betancourt à Florence Cassez

Souvenons-nous : il y a quelques années, Sainte Ingrid de la foret amazonienne, mater dolorosa, martyre, victime des méchants FARC dont les comités de soutien chantaient les louanges sur tous les tons avec marches blanches et vente de tee-shirts.


Icone à laquelle il ne fallait surtout pas toucher. Pure, héroïque, quasi-sainte. 

Dont la libération avait été suivie minute par minute par la presse en délire avec en apothéose la réception à l'Elysée par un Nicolas Sarkozy bouffi d'importance et de son statut de libérateur en chef. 


Sans minimiser les souffrances de cette femme retenue pendant des années par des gens moyennement sympathiques au milieu de nulle part dans des conditions atroces, ni celle de sa famille, l'iconisation d'Ingrid et le déferlement médiatique précédant et succédant à sa libération m'avait profondément exaspérée.


J'avais osé exprimer mon opinon, à la plus grande indignation de quasi-tous mes interlocuteurs et au risque de me faire traiter de monstre froid et égoiste.

La suite des évènements ne m'a pas donné tort, semble-t-il. 

A posteriori la dame n'était pas ni aussi désinteressée, ni aussi gentille, ni aussi détachée des contingences matérielles qu'on avait bien voulu le dire.

Il s'est avéré que malgré tous les avertissements, elle s'était volontairement rendue dans la jungle, pour faire un "coup" électoral, pensant que les FARC la retiendraient quelques jours avant de la libérer.

Que les capitaux finançant sa campagne n'étaient pas toujours très clairs,  ou encore que sa famille avait parfois des amitiés et des connexions douteuses.

Certains otages américains emprisonnés avec elle l'ont décrite «égoïste, arrogante, manipulatrice» ; Noël Saez, ancien émissaire de la France en Colombie l'a jugée «ingrate» car elle ne l'a jamais remercié ; son mari Juan Carlos Lecompte, estime qu'elle l'a trahi et abandonné brutalement en demandant le divorce.

Même Clara Rojas, son assistante lors de sa campagne électorale et détenue en même temps dans la jungle colombienne, pourtant très proche d'Ingrid Bétancourt au moment de leur capture, n'a pas hésité à décrire une femme mesquine, seulement préoccupée par son propre sort et prête à toutes les bassesses pour avoir une situation plus confortable. Elle reproche également son attitude à la famille Bétancourt. Qu'elle accuse d'avoir caché des preuves de vie la concernant «par jalousie», afin qu'Ingrid conserve le «rôle principal» dans cette histoire.

Sans l'appui d'un entourage très aisé disposant des bons appuis politiques, Ingrid Bétancourt croupirait peut-être encore dans la jungle, comme c'est le cas de nombreux autres otages.

Règlement de compte ou vérité, son image apparait beaucoup plus contrastée aujourd'hui, comme le résume cet article du journal Le Point

Et ne méritait peut-être pas l'iconisation, la martyrologie et le déferlement médiatique lors de sa libération avec tous les médias en boucle minute par minute sur ses moindres faits et gestes.

On retrouve aujourd'hui les mêmes symptomes dans l'affaire Florence Cassez. 

Innocente ou coupable, même si ses actes ne sont pas toujours très clairs, elle a payé, elle est restée 7 ans enfermée, dans de probables conditions que je ne souhaite à personne.

Mais qu'on en fasse une icone martyre de la souffrance innocente avec déferlement médiatique en boucle pendant 48 heures autour de son retour, reléguant d'autres dossiers dont la crise au Mali ou en Algérie dans l'ombre,  laissez-moi esquisser une moue dubitative.

J'ai personnellement du mal à croire qu'elle ait fréquenté un parrain Mexicain qui, entre autres,  enlevait des gens contre rançon sans se douter un minimum de ses activités.

Les gangsters Mexicains sont notoirement connus pour leur sobriété et leur discrétion.

Cela ne la rend pas coupable pour autant.

A part éventuellement de complicité passive qui ne justifie  pas 7 longues années de détention.

Mais n'explique pas non plus qu'on l'accueille avec plus de flonflons et de trompettes que certains otages qui, eux, se retrouvent détenus dans des conditions encore plus difficiles, et n'ont rien demandé à personne.

Je ne suis pas certaine que la libération d'Hervé Ghesquière et Stéphane Taponnier, qui ont été aux mains des Talibans en Afghanistan pendant 18 mois ait suscité autant de bruit médiatique, par exemple.

Les quelques discussions que j'ai pu avoir avec mon entourage sur le sujet montre que son cas intéresse d'ailleurs plus les médias que le reste.

Voire exaspère tant la seule version des faits qu'on nous livre est celle de ses défenseurs.

Or, comme pour celle d'Ingrid Betancourt,  il reste des zones d'ombres dans cette histoire.

Si on reprend les faits côté Mexicain, son arrestation a été mise en scène, certains temoignages ont été fabriqués, mais d'autres restent assez troublants sur son rôle.

Notamment ceux de certains ex-detenus de son petit ami qui insistent sur son rôle actif dans les détentions d'otages.

A lire ce témoignage (en espagnol, mais compréhensible).

Pour une majorité de Mexicains, elle est bel et bien coupable, même si sa peine de prison était démesurée et il peinent à comprendre sa libération. La justice Mexicaine n'a pas formellement conclu à son innocence, même si elle a été libérée.

J'ai été assez troublée, je l'avoue par son attitude juste après son retour en France.

Outre le fait qu'elle demande à Sarkozy de venir l'accueillir (pour rendre l'évènement plus spectaculaire ?) je l'ai trouvée très à l'aise médiatiquement parlant, enchaînant les interviews et ne laissant filtrer que très peu d'émotion. Froide. Distante. Presque calculatrice.

Il y a une différence entre la retenue et le contrôle. Je dirais qu'elle était plus dans le contrôle que dans la retenue.

Je m'attendais presque à ce qu'elle dise "je raconterai tout dans mon livre qui va sortir dans quelques mois".

En attendant, plus de 2000 autres français sont détenus, en prison ou otages,  partout dans le monde et croupissent parfois en détention depuis des années sans que leur cas mobilise l'opinion.

Ni nos cher médias avides d'information spectacle qui peut gonfler leur audience, jusqu'à la nausée de leurs auditeurs/spectateurs/lecteurs.

Coupables ou innocents, le silence qui les entoure contraste encore plus avec le bruit fait autour de l'affaire Cassez. 

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06:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : betancourt, cassez, otages, liberation, medias | |  Facebook | |  Imprimer | |

17/10/2012

Argo ? Un film à voir absolument

Mais enfin, me dis-tu, comment se fait-ce que tu l'aies visionné ce bout de pellicule ??

Il n'est point sorti encore.

Petit(e) ignorant(e), te réponds-je (comme Bob - humour - pouet) ne sais-tu point que je navigue dans la haute sphère de l'interneterie et du 7ème art réunis ?

Ce qui me permet d'assister à des réjouissances avant la plèbe.

Notamment des avant-premières cinématographiques, donc.

Et quand on te dit que c'est en présence du réalisateur, tu entames une petite danse du ventre.

Et quand on te précises que le réalisateur c'est Ben Affleck, tu entames une petite danse du bas... Euh, non, rien.

Ben Affleck, pour mémoire c'est lui.

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Une filmographie pas toujours égale avec du très bon, dont je garderai personnellement le cultissime "Dogma" qui est un de mes films de chevet,  mais également du tout venant et quelques nanards retentissants.

Je ne ferais pas l'injure de rappeler les calamiteux Gigli/Amours troubles avec son ex, Jennifer Lopez, un policier d'anthologie pour sourds, muets et aveugles ou Daredevil, un des plus mauvais films de super-héros de l'univers.

Qui aurait pu parier en voyant ce nanard intergalactique que son acteur principal nous livrerait quelques années plus tard, après deux autres réalisations plutôt réussies,  un des - et oui je vais m'engager sur ce point - meilleurs films de l'année 2012.

Dans son style et sa catégorie bien évidemment. 

Tu vas me dire "toi tu as eu la tête tournée par le petit speech de Ben Affleck en introduction" . 

Pas tant que ça.

J'étais assez loin de la bête pour ne pas succomber à son sex-appeal torride qui aurait pu fausser mon jugement.

Et en terme de sex-appeal, heu... Comment te dire. 

Cela fait plusieurs fois que je me dis qu'il ne vaut mieux pas voir une très belle image de papier glacé en vrai.

Tu es forcément un peu déçue. Et Ben, entre nous, ce petit bouc, cette veste mal coupée et ce jean hasardeux, hmmmm.... 

(oui je suis sensible à l'apparence, c'est mon côté superficiel, totalement assumé)

(et je n'ai pas pu récupérer une seule photo potable ou nette de cet évènement, le fils qui était chargé de l'appareil a failli à sa mission, ce petit con)

Ceci dit, malgré ce look moyennement glamour, il nous a quand même parfaitement expliqué sa démarche et l'histoire du film.

Dont le scénario lui a été transmis par George Clooney qui a pensé que Ben Affleck pourrait en faire un bon film.

Le même George Clooney ayant d'ailleurs participé à sa production, pour la petite histoire.

Mais enfin, t'impatientes-tu après ce long préambule, de QUOI CA CAUSE TA PELOCHE ?

Du calme, Maurice, je te raconte.

Le film est basé sur une histoire vraie, mais très peu connue. Le dossier ayant été déclassifié par les services secrets depuis peu de temps.

1979, Iran, Le Shah est chassé du pouvoir, Khomeiny arrive. Les Iraniens, avides de vengeance envers une nation qui a soutenu leur dictateur pendant des années s'en prennent à l'ambassade des Etats-Unis. Juste avant que l'ambassade soit envahie et ses occupants retenus par les Iraniens, 6 Américains s'échappent et trouvent refuge à l'ambassade du Canada. L'ambassadeur les cache mais la situation devient rapidement intenable. La CIA décide alors d'une mission  menée par un spécialiste de l'exfiltration, Tony Mendez.

Qui va avoir une idée pour le moins ... Originale pour sortir les Américains de ce guépier.

Monter, avec l'aide de deux professionnels reconnus d'Hollywood,un producteur et un prothésiste, un faux film, Argo, justifiant ainsi des repérages pour un tournage en Iran.

Le subterfuge va-t-il fonctionner ?

Comme je le disais plus haut, j'ai énormément aimé ce film. Une construction originale en 3 parties : la reconstitution historique qui plante le décor et l'action.

La quasi-comédie qui raconte le montage du faux film.

Et le thriller qui raconte l'exfiltration des fugitifs Américains.

3 parties bien distinctes mais qui arrivent à faire un film totalement cohérent et passionnant de bout en bout. Sans parler du suspense de la 3ème partie qui te laissera totalement agrippé(e) à ton siège jusqu'au bout de l'angoisse.

J'aurais rarement autant attendu un coup de fil dans un film ... Mais je n'en dirais pas plus.

La reconstitution historique est méticuleuse, on croirait revoir les images de l'époque : décors, costumes, et même grain et couleur du film sont parfaitement reproduits.

Quant au casting, il est impeccable.

Mention spéciale à John Goodman et Alan Arkin, irresistibles respectivement en prothésiste et producteur Hollywoodiens prêts à tout pour que l'opération réussisse.

Ainsi qu'à Bryan Cranston (Malcolm, Breaking bad), parfait comme d'habitude en responsable de la CIA un peu dépassé par les évènements. 

Le fils qui m'accompagnait a lui aussi énormément apprécié il a noté le film 15 sur 20.

Je ne suis pas loin de partager sa notation.

Le film sort le 07 novembre sur vos écrans. Pour une fois, quittez votre salon et offrez-vous une place de cinoche. Vous ne le regretterez VRAIMENT pas.

Sinon, comme le disent les principaux personnages du film pour se donner du courage...

... Argo fuck yourself.

(La bande annonce pour te donner encore plus envie)

 

Mille mercis au Club 300 AlloCiné et à Miss Maylis pour cette séance

06:01 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : argo, ben affleck, dogma, gigli, daredevil, john goodman, alan arkin, bryan cranston, iran, otages | |  Facebook | |  Imprimer | |

12/10/2009

La Ferme Célébrités

 

Un peu plus de 24 heures coincée dans la banlieue Rouennaise sans …. rien en fait, juste 6 chaînes de télé et la guerre de 40-45 en boucle – vous comprenez pourquoi je n'ai pas besoin de regarder « Apocalypse » j'ai la version « live » à demeure – m'ont fait m'immerger en moi-même dans un retour contraint et forcé au sein de mon cortex torturé...


Et dieu sait que je n'aime pas me plonger au sein de mon cortex torturé, c'est pire que le pire film d'horreur angoissant et claustrophobique auquel vous pourriez penser..


En poussant le raisonnement du « je suis coincée chez les bouseux avec même pas une connexion et aucun magasin de fringues décent en vue »,- au passage merci Bouygues de m'avoir vendu une clé 3 G qui ne fonctionne... qu'à Paris - je me suis donc demandée comment je réagirais dans une situation extrême du genre prise en otage par l'armée de libération islamo-communiste du Kazaksthan..


La réponse est : MAL, très mal.


Je n'ai aucune résistance nerveuse, le trouillomètre en dessous de zéro en permanence, et une certaine tendance à l'empathie avec les gens très méchants lié à un côté pervers dont je ne m'explique pas l'origine.


Je péterais certainement les plombs en avouant tout et son contraire, même si je n'ai rien fait.


La preuve ? En faisant ma déclaration de vol de portable l'autre jour au commissariat auprès d'un flic très soupçonneux et revêche, seule dans une pièce avec lui, j'ai flippé ma race au point de vouloir ressortir le plus vite possible car m'imaginant déjà plaquée au sol les menottes aux poignets. Du coup, j'ai perdu les pédales et je me suis plantée dans la date de ma déclaration ce qui la rend inutilisable. Mais rien à faire pour y retourner en disant que je me suis plantée.


Vous pouvez donc vous imaginez mon comportement si j'étais attachée sur une chaise dans une pièce sans lumière avec une énorme envie de faire pipi.


Au bout d'environ 12 minutes 35, soit je me prends pour Jeanne d'Arc et je crie « boutons les anglais hors de France », soit je me met à pousser des cris stridents, soit je demande le formulaire d'adhésion au front de libération du Kazakhstan, que je signe dans la foulée en versant une cotisation annuelle de 350000 euros à mes nouveaux copains.


Syndrome de Stockholm, me voici.


Oui, comme chantait le défunt Daniel Balavoine, « je ne suis pas un hérooooos », ni même une héroïne.


Je crois que je ne pourrais même pas faire la ferme célébrités, ou Secret Story, confinée dans une prison télévisuelle sans contacts avec l'extérieur avec une douzaine de crétins décérébrés.


Remarque c'est là que pour le coup, c'est moi qui risque de prendre tout le monde en otage en hurlant « boutons les anglais hors de France ».


Parce que preneur d'otages ou pas, j'aurai quand même pété les plombs..

 

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