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29/03/2013

Le convoi de l'horreur

Hier matin, je prends mon RER de banlieue habituel direction le labeur qui m'octroie mon chèque à la sueur de mon front.

Non pas dans votre sens, la plèbe, mais de Paris vers la banlieue.

C'est tellement plus chic.

Le RER part normalement puis cahote, s'arrête en plein tunnel, repart, s'arrête à nouveau et j'entends vaguement à travers mes écouteurs "accident... perturbé... vous informe" .

Le train reste planté environ 10 minutes et repart à petite vitesse.

Je me replonge dans ma méditation musicale et relève la tête quelque minutes plus tard pour constater que le paysage qui défile ne m'est pas familier.

Le train continue de rouler, lentement, mais il roule.

Aucun point de repère. Je ne sais absolument pas où je suis. 

Et le train continue.

Sans s'arrêter. On en est déjà à une bonne demi-heure de trajet.

Sans aucune information

Puis le train s'arrête à nouveau sur une voie qui semble desaffectée.

Et c'est à ce moment précis que mon cerveau malade, embrumé par la consommation de substances alcoolisées diverses, le visionnage de films d'angoisse et de lectures d'ouvrages de science-fiction peuplés d'univers parallèle commence à disjoncter légèrement.

Oui, il est possible qu'un psychopathe pervers se soit emparé des commandes du RER nous faisant rouler pendant des jours sans eau et sans nourriture, nous obligeant à nous entretuer pour survivre pour sélectionner les plus résistants d'entre nous dans un dessein mystérieux ou pour les accoupler avec des aliens à têtes de harengs saurs.

Je regarde autour de moi, les autres passagers semblent légèrement agacés mais ne se doutent pas de l'horrible destinée qui nous attend.

La batterie de mon Iphone se vide implacablement et j'hésite à utiliser ses dernières forces pour envoyer un message désespéré sur twitter afin que mes followers préviennent ma famille, le GIGN et le quai d'Orsay.

L'angoisse monte. Je suis seule, désespérée et sans armes.

D'autant que le wagon contient une maman avec un bébé qui va se mettre immanquablement à hurler d'ici quelques heures quand nous n'aurons plus aucune provision.

Je tente de repérer des individus qui pourraient me croire et organiser la résistance avec moi.

J'évalue la situation et tente de me remémorer les notions de survie en milieu hostile apprises lors de l'ouverture des soldes dans les grands magasins : viser celle qui fait le plus de bruit et taper dans le plexus solaire en lui arrachant les bottes qu'elle a osé prendre avant nous.

Et faire diversion en criant "J'ai vu Fassbender au rayon chemises pour hommes"

Tout ceci ne m'est malheureusement d'aucune utilité dans un RER rempli de banlieusards qui peinent à distinguer un costume Armani d'une chemise la Halle aux Vêtements.

(oh ça va les banlieusard, JE PLAISANTE)

Il y a néanmoins quelques individus plus ou moins costauds qui pourraient faire barrage à l'ennemi si besoin était. Mais l'incrédulité se lit sur leur visage. Je vais avoir du mal, je le sens.

Au moment de me lever et de me mettre à hurler "ON VA TOUS MOURIR, ARRACHEZ LES SIEGES ET DRESSEZ DES BARRICADES DE PROTECTION", la partie restée rationnelle de mon cerveau m'incite à demander à ma voisine d'en face ce qui se passe.

La dame m'explique alors qu'un malheureux ayant choisi d'en finir dans une gare sur le trajet (paix à son âme) nous étions détournés sur le terminus de la ligne sans arrêt.

J'ai donc évité grâce à ce dernier réflexe de survie de passer pour une dingue et de finir aux urgence psychiatriques où ma famille aurait été obligée de venir me récupérer couverte de honte et d'acquitter en prime une amende gratinée de la part de la SNCF pour bris de matériel ferroviaire.

J'ai finalement mis presque une heure à arriver à destination alors que d'habitude mon trajet dure 15 minutes.

Et sinon, non, je ne me fais absolument jamais de films.

Jamais.

La preuve.

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : rer, trajet, incident, horreur, film | |  Facebook | |  Imprimer | |

13/01/2010

Action ou vérité ?

Billet pas forcément rigolo. Pour le pouet pouet tagada faudra repasser demain.

Mais j'aime aussi parler de choses sérieuses de temps à autres.

 

Lundi soir dans le RER qui me ramenait de la banlieue prolétaire où je travaille vers les prix exorbitants de Paris intra-muros (oui j'habite à Paris et je vais travailler en banlieue c'est hype), une bande de zyvas relativement excités de 12 à 15 ans traverse le wagon plusieurs fois.


Mue par un instinct de survie liée à plusieurs incidents antérieurs dont un récent arrachage de portable, je range tout ce qui traîne et surveille leur allées-venues du coin de l'oeil.

Oui, c'est du délit de faciès. Absolument. Le jour où un type en costard-cravate me fera les poches, on en reparlera.


La bande s'éparpille, se reforme, palabre, on dirait que les gars cherchent un truc.

Je me dis qu'ils ont repéré un gusse d'une bande rivale et que le gusse en question risque de passer un mauvais quart d'heure.


Jusqu'au moment où ils disparaîssent tous au fond du wagon et que s'élèvent les cris hystériques d'une fille.. Au bout de quelques instants, une dame réagit et demande aux hommes présents d'intervenir.

Se lèvent deux d'entre eux, qui partent également au fond du wagon. Finalement quelqu'un hors de mon angle de vision à la bonne idée d'appeler par l'interphone le conducteur de la rame, qui annonce dans le haut-parleur qu'il va prévenir la police.


La rame arrive en gare, les mômes bondissent hors du wagon et s'éparpillent suivis par la fille hurlante et un ou deux gars courageux qui les poursuivent.


Evidemment pas de policiers en vue. Et les habituels badauds qui s'attroupent pour regarder.

Un des poursuivants arrive a choper un des minots qui crie qu'il n'a rien fait. Ses cris se mêlent à ceux de la fille qui hurle qu'ils lui ont arraché son portable d'après ce que je peux comprendre.


C'est là que j'ai quitté la scène du crime et poursuivi mon chemin.


Car je n'ai rien fait.

 

D'autres ont réagi avant moi. Et je les ai laissé sans même esquisser un geste.

Sans parler d'intervenir physiquement au risque de me prendre un mauvais coup, je me dis que j'aurais pu au moins appeler le 15 pour signaler l'agression aussi. Voire, comme la dame, exhorter les hommes présents à intervenir.


J'ai plutôt honte.

 

Mais je dois bien l'avouer, un des rares trucs devant lequel je ne suis pas très téméraire est une bande de jeunes gars qui se remontent le bourrichon les uns et les autres. On ne sait jamais jusqu'où ils peuvent aller pour impressionner leurs collègues...


De cet incident je tire quelques conclusions.

Pour avoir vécu des scènes du même ordre plusieurs fois, grosso-modo ce sont toujours les mêmes qui réagissent :

  • les africains et les maghrébins qui ont une notion de solidarité encore assez élevée. L'identité nationale n'est donc pas toujours où on la situe
  • Et/ou les femmes qui font souvent jouer la solidarité féminine quand une fille est agressée.

Les hommes blancs d'âge moyen se bougent rarement les fesses, il faut bien le constater.


Si je ne suis absolument pas pour le tout-répressif, je ne suis pas pour un angélisme béat non plus. Le-pauvre-gamin-qui-vient-d'un-milieu-défavorisé-et-qui-a-grandi-sans-limites, j'y crois partiellement..  Ceux qui font des conneries doivent être punis. Mômes compris. Mais en leur expliquant que ce sont des conneries. Et que s'ils recommencent ils vont prendre un bon coup de pied là où ça fait mal.


Oui, je suis une affreuse réactionnaire trouillarde. On en reparlera quand une bande de loulous de 14/15 ans vous aura dépouillé en vous laissant sur le quai de la gare en slip et en chaussettes.

 

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06:00 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : rer, délinquance, vol | |  Facebook | |  Imprimer | |