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24/08/2010

Infos, Un Faux

 

Aujourd'hui, au bureau, sans autre info que twitter, j'ai réussi à suivre  en quasi-simultané la malheureuse prise d'otages aux Philippines - détails gores compris.


J'ai immédiatement fait un parallèle avec un évènement dont on fêtera bientôt le triste anniversaire, et qui s'est produit alors que j'étais également sur mon lieu de travail : le 11 septembre 2001.

A cette époque qui ne me parait pas si lointaine, internet n'était pas encore reconnu comme une source d'info fiable, et il n'y avait pas de twitter, ni de facebook.


L'information des attentats est montée crescendo, par rumeurs successives, par des gens qui avaient entendu des nouvelles à la radio, dans leur voiture et qui en appellaient d'autres.


Je me rappelle même qu'au départ, on entendait dans les couloirs qu'un hélicoptère s'était écrasé sur l'empire state building.


Les informations se sont faites de plus en plus claires, et de plus en plus alarmantes jusqu'à ce que nous nous regroupions autour de radios disponibles pour avoir une idée enfin (plus ou moins) précise de la situation. Avant de rentrer et de voir, à la télé en boucle, les avions s'écraser sur les tours.

Tout ce processus a pris ... quelques heures.

Quelques heures qui nous ont permis d'absorber le choc.

 

Aujourd'hui l'information nous arrive en temps réel, sans besoin de se brancher sur les médias traditionnels.

Cette info ultra-rapide permanente, brute, reçue sans filtre, sans explication, sans contexte nous envahit en permanence et nous interpelle, sans qu'on ait forcément le temps du recul et de l'analyse.

 

Car il y a non seulement la quantité d'infos que l'on peut recevoir, mais également sa qualité. Les médias, audio-visuels souffrant assez souvent de ce que j'appelle  le  "syndrome du golfe".

 

Oui, depuis la guerre du golfe en 1993 qui a marqué l'avènement du genre,  à chaque évènement potentiellement marquant, on dépêche sur place des envoyés spéciaux qui pendant des heures font le pied de grue en meublant bon gré mal gré. Pour faire du scoop et retenir l'audience, donc plutôt mal gré d'ailleurs.

 

Ce qui donne à peu près ceci "alors, Emile-Albert, vous qui êtes sur place, quoi de nouveau ?" "En fait Lucienne-Ginette, à l'heure où je vous parle, il pourrait se passer des trucs et on envisage même qu'il s'en passe, mais en fait, on ne sait pas trop si ce seront des trucs ou des machins. Je vous tiens informée, bien évidemment"

Du coup, entre quantité astronomique et, de façon inversement proportionnelle, piètre qualité ... Difficile d'y retrouver ses petits et de se forger une opinion objective.

 

Pour ma part, j'essaie de faire le filtre et de ne pas me fier à une source unique d'informations. Une image, un chiffre, un tronçon d'info, sorti du contexte, on peut lui faire dire tout et son contraire.

 

Si on a le temps, croiser l'info de la presse traditionnelle, on-line mais aussi des journaux étrangers, voire spécialisés.

 

Et surtout, surtout, de faire comme notre bon maître du zapping FHDR... De regarder derrière l'image !

 

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06:01 Publié dans Les chroniques à Manu | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : information, scoop, 11 septembre, médias, télé | |  Facebook | |  Imprimer | |