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05/02/2013

Comic sans .... public

Sans être devin ou extra-lucide j'aurais pu deviner, voire écrire la conclusion de l'analyse du billet en lien sur le naufrage des comiques internetiens.

Non ce n'est pas de la prétention dans le style "je vous l'avais bien dit que ces jeunes cons allaient se fracasser".

Ni de la méchanceté, loin de moi l'idée de leur jeter des tomates parce qu'ils ont du succès avec leurs petites vidéos.

Au contraire, plus on est de fous à rigoler, plus on rigole.

Même si personnellement, je ne suis pas hypra-sensible à ce type d'humour.

Ce constat, c'est purement mécanique.

L'humour, justement c'est de la mécanique.

Une mécanique de précision même.

Autant tu peux faire pleurer n'importe qui (ou quasiment) avec un chaton abandonné et mouillé sous la pluie.

Autant faire rire exige travail, peaufinage, écriture et ... Talent.

Contrairement à ce que veulent faire croire certains tenants du sérieux et du bon goût, l'écriture comique est exigeante.

Très exigeante et demande parfois des années d'apprentissage, voire de galère à se prendre des tomates dans des petites salles avant de trouver son rythme et son style.

Ce n'est pas parce que tu fais avec succès des petites vignettes rigolotes sur les internets pour quelques centaines de milliers d'accros que le grand public hors des internets va t'aimer automatiquement.

D'abord ce ne sont pas forcément les mêmes références. Les trucs obscurs de geeks qui font appel au seigneur des anneaux ou aux films de Steve Martin ne font pas forcément la joie de Mamie Odile, fan de De Funès.

Ensuite, passer d'un format court à un format plus long ou différent est un exercice à risques.

Ce n'est ni la même écriture, ni, donc, la même mécanique.

Beaucoup s'y sont déjà cassé les dents.

Il n'y a qu'à regarder les films calamiteux que Gad Elmaleh a tenté de faire à partir de ses sketches pour s'en rendre compte.

Ceci dit ce n'est pas forcément une référence, ses sketches à la base n'étant pas des soleils comiques luminescents.

Ou encore le flop récent du film de Florence Foresti. N'est pas Tina Fey qui veut.

Si tu ne sais pas qui est Tina Fey regarde sur les internets.

Bref, passer de la vignette au sketch, au spectacle puis au film n'est pas donné à tout le monde.

Alors passer directement de la vignette au film, tu penses...

Il y a une autre marche à franchir

Ce n'est pas parce que tu écris drôle, que tu ES drôle en live.

Certains sont bons auteurs, d'autres bons acteurs.

Quelques-uns, rares, cumulent les deux.

(Et oui jeune padawan, la triste vérité est là, TOUS les comiques n'écrivent pas EUX-MEMES leurs sketches)


Donc, au cas où quelqu'un demanderait, ce n'est pas parce que mes âneries font rire 2 lecteurs que je vais pouvoir du jour au lendemain écrire un ou plusieurs sketches rigolos et, pire, monter sur scène avec une plume dans le derrière pour les jouer.

Quoique.

J'en connais que ça amuserait.


NB les contre exemples de réussite existent aussi. L'équipe de Bref passée d'internet au format court via le stand-up avec succès en est l'illustration. A voir s'ils arrivent à passer la barre du format long...

Tina-fey_6733_1.jpg

Tina Fey c'est elle. Elle a récemment fait maîtresse de cérémonie aux Golden Globes, elle écrit des séries, elle joue, elle est très très drôle... Elle.

06:00 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : humour, sketch, film, internet, bref, de funes, tina fey, gad elmaleh, florence foresti | |  Facebook | |  Imprimer | |